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Canadiens de Montréal

Dossier Galchenyuk: «ça peut fortement troubler un joueur»

Publié | Mis à jour

«C'est important de repêcher le bon joueur. Il sera une fondation pour notre équipe pendant une douzaine d'années.»

Le directeur général des Canadiens Marc Bergevin avait, rempli de confiance, lancé cette phrase aux journalistes à quelques heures de l’ouverture de la séance de repêchage de 2012.       

Détenant le troisième choix au total de l’encan, le Tricolore avait finalement repêché Alex Galchenyuk, un attaquant américain à la combinaison talent/gabarit plus qu’intéressante. Les attentes étaient immenses.

Mais à peine six ans après sa déclaration, Bergevin a, en juin 2018, coupé les ponts avec la «fondation» tant recherchée et l’a envoyée aux Coyotes de l’Arizona en retour de l’attaquant Max Domi. 

En six saisons avec le CH, Alex Galchenyuk a affiché une récolte de 108 buts et 255 points en 418 matchs. Il a notamment inscrit 30 filets en 2015-2016. 

Entre 2012 et 2018, avec le CH, la moyenne de points par joute (0,61) de l’ancien no 27 fut supérieure à celle de Mika Zibanejad, Dylan Larkin, Tyler Toffoli, Teuvo Teravainen, Bo Horvat et Sam Reinhart. Ces joueurs, aujourd’hui, occupent tous des rôles majeurs au sein de leur formation. 

Depuis son départ de Montréal, «Chucky», lui, a porté les couleurs des Coyotes, des Penguins, du Wild et des Sénateurs. Il a disputé 139 matchs récoltant un bien maigre total de 66 points (0,47 pt/match).

Samedi, après seulement huit matchs (et un but) à Ottawa, il a été échangé aux Hurricanes, qui l’ont ensuite immédiatement placé au ballottage. Un peu moins de 48 heures plus tard, l'équipe de la Caroline envoyait Galchenyuk aux Maple Leafs... sans même lui avoir donné une chance de se faire valoir. Jamais, cette saison chez les «Sens», le temps de glace de l’attaquant n’aura dépassé la barre des 11 min 38 sec. 

«C’est honnêtement l’une des plus grandes anomalies. Avec le talent qu’il a, il devrait marquer 30 buts à chaque saison dans la LNH et non se retrouver dans une situation pareille», lance Daniel Brière, qui fut le coéquipier de l’Américain à Montréal pendant toute la saison 2013-2014. 

À la fois captivant, mystérieux et triste, le parcours d’Alex Galchenyuk a, au fil des années, semé d’innombrables questions et suppositions dans la tête des amateurs. 

En quête de réponses, le TVASports.ca a donc pris l’initiative de discuter avec plusieurs personnes ayant côtoyé l’imposant gaucher à différents moments de sa carrière.

Autopsie d’une triste débandade. 

Unique en son genre       

Pour comprendre ce qui a pu engendrer le déclin d’Alex Galchenyuk, il est nécessaire de retourner quelques années en arrière. 

Trevor Letowski, qui a joué 616 matchs dans la LNH, a dirigé Galchenyuk pendant ses trois saisons à Sarnia. D’abord en tant qu’entraîneur-chef, puis en tant qu'adjoint. 

«Alex avait été le premier choix au total du repêchage de l’OHL en 2010. Les attentes étaient extrêmement élevées dans son cas et il n’a déçu personne. Il faut posséder un talent plutôt unique pour être en mesure, à seulement 16 ans, de récolter 83 points en 68 matchs dans l’OHL.»

Letowski affirme également que l’éthique de travail de Galchenyuk était irréprochable. 

«Il était tellement motivé. Il pensait au hockey 24 heures par jour. Il passait tous ses temps libres au gymnase et son objectif, dès son premier jour à Sarnia, était de devenir un joueur dominant dans la LNH.» 

En 2012, Alexandre Renaud, un Ontarien de Gloucester âgé de 16 ans, dispute sa première saison junior avec le Sting de Sarnia. Il y rencontre alors un joueur de 18 ans nommé «Alex», qui vient tout juste d’être repêché en première ronde par les Canadiens de Montréal. 

«Je me souviens très bien d’avoir été marqué par le talent de "Galchy". Tout ce qu’il touchait se transformait en or sur la patinoire. Il était très dominant.» 

À l’image de Letowski, l’Ontarien affirme avoir été saisi par la détermination démontrée par Galchenyuk. 

«Il ne laissait absolument rien au hasard! Il pouvait décider de rester sur la patinoire après les entraînements et d’y jeter des pneus pour pratiquer son maniement de rondelle. Parfois, il empilait également des pneus devant le filet pour pratiquer la précision de ses lancers. Après l’avoir vu faire quelques jours, je me suis joint à lui et nous nous sommes liés d’amitié. Il m’a appris à me comporter en professionnel.»

Renaud se souvient d’un match bien précis où il a été jumelé à Alex Galchenyuk sur le premier trio de l’équipe. 

«J’étais jeune, donc ce n’est pas arrivé très souvent, précise-t-il. Mais j’ai dû finir le match avec un différentiel de +5. C’était si facile de jouer avec lui!»

Quelques mois plus tard, «Chucky» quitte vers Montréal... pour ne jamais revenir à Sarnia.

«Le talent lui sortait par les oreilles!»  

Alex Galchenyuk dispute sa première saison avec les Canadiens en 2012-2013. La campagne, qui débute en janvier, ne compte que 48 matchs en raison du lock-out de plusieurs semaines l’ayant précédée. 

À ce moment entraîneur adjoint chez le Tricolore, Jean-Jacques Daigneault n’a que de bons souvenirs des premiers moments du jeune homme à Montréal. 

«Il n’avait que 18 ans, mais il était dans le gym avant... et après les entraînements! Il s’est toujours beaucoup investi pour devenir la meilleure version de lui-même.»

Galchenyuk connaît une bonne première saison dans la LNH. 27 points en 48 matchs et le meilleur différentiel +/- de l’équipe : +14. 

La saison suivante marque l’arrivée de Daniel Brière à Montréal. Le Québécois assure qu'il n'oubliera pas ses premiers moments passés avec l'ancien no 27. 

«Le talent lui sortait pas les oreilles», lance Brière en riant. 

«Je me souviens que pendant les entraînements, il pouvait déjouer pas mal tout le monde pour ensuite aller marquer. Dans les situations à un contre un, il était époustouflant.»

Les années passent et Galchenyuk, malgré d’évidentes lacunes défensives, se forge tranquillement une réputation d’excellent tireur à travers la ligue. 

Il atteint son apogée en 2015-2016 alors qu’il marque 30 buts pour la première (et seule!) fois de sa carrière. Daigneault affirme qu’il n’a pas été surpris de le voir atteindre cette marque. 

 «J’ai toujours pensé que le tir d’Alex appartenait à l’élite de la Ligue nationale. Il était vraiment dans une classe à part dans cette catégorie. J’ai passé plusieurs heures à lui expliquer comment maximiser la qualité de son lancer, qui était l’une de ses armes principales. On pratiquait son tir en mouvement, mais aussi son lancer sur réception. 

Crédit photo : AFP

«Souvent, je restais avec lui après les entraînements et je lui donnais une vingtaine de rondelles oranges qui étaient vraiment plus lourdes que des rondelles traditionnelles. Il pouvait s’exercer pendant des heures avec ce type de disques. À un moment donné, je suis même arrivé avec des rondelles en acier et il n’a pas bronché. Il ne voulait que lancer des rondelles, peu importe leur constitution!»

De son côté, Dan Lacroix, qui a dirigé Galchenyuk pendant quatre saisons avec le CH, n’hésite pas à qualifier le jeune homme de «talent unique». 

«Oui, c’était un jeune joueur qui apprenait et qui cherchait parfois sa "game" pour être plus complet. Mais pour moi, cependant, il avait un talent unique. 

«Il y a des joueurs qui vont débloquer plus tôt ou plus tard, et d’autres qui ne débloqueront tout simplement pas. Alex, je le répète, avait un grand talent. Avec les Canadiens, on a essayé de le placer dans les situations les plus avantageuses possibles. Il a quand même marqué 30 buts pour nous lors d’une saison et n’a jamais refait ça ailleurs par la suite. Il a donc dû être bien supporté à Montréal...»  

Le début de la fin       

En 2016-2017, lors de la saison suivant sa récolte de 30 filets, Galchenyuk inscrit 44 points en 61 matchs, ce qui constitue somme toute une bonne campagne offensive. Puis, en 2017-2018, l’attaquant alors âgé de 23 ans amasse 51 points en 82 matchs. Il s'agira de sa dernière campagne en bleu, blanc et rouge. 

En juin, il est échangé aux Coyotes de l’Arizona contre Max Domi. 

Si la première saison de l’Américain en Arizona est plutôt bonne (premier buteur de l’équipe avec 19 buts), les choses se gâtent rapidement par la suite.

À l’été 2019, il est échangé aux Penguins, qui font de même quelques mois plus tard en envoyant le franc-tireur au Wild.

En tout et partout, avec ces deux équipes, Galchenyuk ne récolte que 24 points (huit buts) en 59 matchs (2019-2020).

Joueur autonome, il signe en octobre dernier un contrat d’un an, d’une valeur de 1,05 million de dollars, avec les Sénateurs d’Ottawa. Jamais, cinq ans plus tôt, l’attaquant n’aurait pu imaginer signer un contrat aussi peu attrayant. 

Au moment de la signature de l'attaquant, le DG des Sénateurs, Pierre Dorion, déclare ceci :

«Ça représente une autre belle addition pour notre attaque. Alex est un joueur doué offensivement, il contribue énormément sur l'attaque à cinq et il a démontré qu'il pouvait marquer des buts dans cette ligue.»

Crédit photo : Pierre-Paul Poulin / Le Journal de Montréal / Agence QMI

Mais après seulement huit matchs, ce même Pierre Dorion échange Galchenyuk aux Hurricanes de la Caroline, formation qui semble déjà avoir abdiqué dans son cas. 

La question à mille dollars, maintenant : comment l’attaquant, autrefois considéré comme un buteur-élite à travers la LNH, a-t-il pu en arriver là? 

Nombreuses hypothèses       

Pour Jean-Jacques Daigneault, l’actuelle (et triste) situation de Galchenyuk s’explique de façon assez simple. 

«Alex, comme certains joueurs de son âge, a toujours été investi en possession de la rondelle, mais peu investi et désengagé sans celle-ci. C’était l’une de ses principales lacunes. Tu dois, en tant que joueur de hockey, savoir où te placer quand tu n’as pas la rondelle, car tu ne l’as pas souvent lors d’un match! Tu dois te replier avec vigueur, te déplacer pour te donner en cible...

«Alex, en déménageant si souvent, s’est certainement rendu compte que tous les entraîneurs veulent la même chose : des joueurs engagés avec et sans le disque. Certains pilotes ont, à cet égard, une patience moins grande que d’autres. Et ce sont eux, en bout de ligne, qui choisissent de te donner des opportunités...» 

Les propos de Daigneault sont étrangement similaires à ceux utilisés par Marc Bergevin lorsqu’il avait été questionné, en 2018, sur les raisons derrière l’échange de Galchenyuk. 

«La position de centre est possiblement la plus difficile à apprivoiser pour un joueur de hockey. Certains ne sont pas prêts à mettre les efforts pour y parvenir ou ne comprennent pas ce qu’il faut faire pour y arriver. C’est simplement trop dur pour eux», avait lancé le DG du CH. 

«Quand tu vois un talent comme ça, tu essaies de l’aider à se développer. Il y a cependant une partie de tout ça qui revient au joueur», rajoute Dan Lacroix, un peu dans la même veine.  

Mike Weaver, qui a disputé deux saisons en compagnie de Galchenyuk avec les Canadiens de Montréal (de 2013 à 2015), émet quant à lui une hypothèse différente pour expliquer le déclin rapide de son ex-partenaire.  

«Sais-tu à quel point ça peut troubler un joueur d’être échangé si souvent que Galchy? Moi oui, car je l’ai été très souvent! Alex n’avait connu que Montréal de 18 à 23 ans. Il était adulé, aimé, vanté... Tous les joueurs et partisans de l’équipe savaient ce qu’il était en mesure d’apporter. Du jour au lendemain, il se retrouve dans un nouvel environnement où il doit prouver à tous qu’il est bon. À Montréal, il avait depuis longtemps passé cette étape.      

«Tout d’un coup, il doit produire à tout prix et impressionner, car il sait qu’on le perçoit comme un joueur offensif. Il ne veut pas déplaire. Et on l’échange de nouveau, puis encore. Et là, sa confiance commence à en prendre un coup. Les gens ne comprennent pas vraiment la réalité d’un joueur qu’on échange si souvent. L’athlète se met à douter de lui. Ça peut troubler bien des choses...»

Weaver, pour appuyer ses dires, cite en exemple le cas Brandon Prust. 

«L’une des plus grandes erreurs que les Canadiens ont faite, selon moi, c’est d’échanger Brandon Prust. Il accomplissait son travail à merveille avec le CH. Il frappait, marquait quelques buts... Mais dès le moment où on l’a échangé, il n’a plus jamais été le même joueur. Je sais qu’il avait fait quelques équipes avant d’atterrir à Montréal, mais je veux simplement dire que lorsque tu te retrouves dans un environnement favorable et qu’on t’échange, c’est dur, très dur.»

Trevor Letowski, l'ancien entraîneur de Galchenyuk à Sarnia, renchérit. 

«Avant d’être échangé aux Coyotes, Alex n’avait jamais vraiment connu d’adversité. À Sarnia, il inscrivait au moins deux points à chaque partie. Puis, à Montréal, on lui a donné un rôle important dès le départ. Il est, selon moi, pertinent de considérer l’hypothèse d’un moral qui en a pris un coup au fil des années.»

Pas la faute de «problèmes hors glace»      

On a longtemps entendu, à Montréal, qu’Alex Galchenyuk n’avait pas la tête qu’au hockey, voire qu’il était aux prises avec «d’importants problèmes hors glace». 

Daniel Brière et Mike Weaver confirment tous les deux que l’Américain aimait s’amuser. Mais les deux hommes insistent pour dire qu’il n’est jamais tombé dans un excès qui aurait pu mettre sa carrière en péril.

«Alex et Brendan Gallagher aimaient, comme plusieurs gars de l’équipe, faire le party et fréquenter les filles. Ce genre de choses. Mais ce n’était pas quelque chose de problématique dans leur cas, à mon sens», lance Weaver. 

Crédit photo : JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Daniel Brière rajoute ceci : 

«Tous les joueurs font de petites folies à l’extérieur de l’aréna. On gagne des millions de dollars parfois très jeune, alors c’est certain que les gars sont tentés de s’amuser. Mais pas Alex plus qu’un autre. Pas du tout, même! Ce n’était pas un problème.

«Brendan Gallagher a fait pas mal de choses, mais il ne s’est jamais fait prendre, lui! C’est le cas de plusieurs autres joueurs aussi. Alex, comme tout le monde, a fait quelques folies de jeune, mais rien de majeur et rien pour lui nuire en tant que joueur de hockey.»

Et papa Galchenyuk?       

Nombreuses sont les personnes qui, dans le passé, ont émis des doutes quant à la qualité de la relation entre Galchenyuk et son père. Certains ont même été jusqu’à dire que le jeune homme était étouffé par son paternel. 

Sondés à ce sujet par l’auteur de ces lignes, tous les intervenants impliqués dans ce reportage ont réfuté la théorie du père nuisible. 

«Si Alex Galchenyuk s’est présenté en si grande forme à son premier camp d’entraînement professionnel, c’est grâce à son père, qui a longtemps joué professionnel en Europe. S’il était mentalement si prêt, c’est majoritairement grâce à l’éducation qu’Alexander lui a donnée», lance sans hésiter Jean-Jacques Daigneault. 

Trevor Letowski a eu le père de Galchenyuk comme collègue pendant deux ans à Sarnia, alors que les deux hommes étaient entraîneurs adjoint du Sting. 

«J’ai toujours trouvé qu’Alex et son père entretenaient une excellente relation. Alexander poussait beaucoup son garçon, c’est vrai, mais Alex aimait ça et répondait toujours avec de brillantes performances. Les deux hommes riaient souvent ensemble et semblaient avoir beaucoup de plaisir à se côtoyer sur une base régulière.» 

Daniel Brière, lui, affirme n’avoir que de bons mots à dire sur Alexander Galchenyuk.  

«Je l’ai adoré, honnêtement. Nous avons eu quelques discussions ensemble et il était d’excellente compagnie.»

Et la suite?       

Alex Galchenyuk a aujourd’hui 26 ans. Comme on le disait plus haut, il vient d'être échangé aux Maple Leafs par les Hurricanes, qui n'ont même pas daigné conserver ses services plus de 72 heures. Quelle est la suite pour lui?

«Il commence à se faire tard», croit Brière. 

«Dans son cas, avec le talent qu’il possède, une mauvaise saison est supposée être une campagne où il marque 20 buts. Regarde plutôt où il en est... Il n’est plus un jeune joueur comme à l’époque. Il pourrait se replacer, mais ça va être de plus en plus difficile.»

Trevor Letowski se fait de son côté un peu plus optimiste. 

«Quand tu as les habiletés qu’Alex possède, ce n’est jamais vraiment terminé. Il a déjà prouvé qu’il pouvait marquer dans cette ligue sur une base régulière. Je n’abandonnerais pas sur lui tout de suite. Je serais tenté de lui donner une autre opportunité.»

Jean-Jacques Daigneault va plus loin.

«Je crois que si une équipe se décide vraiment à lui donner du temps de glace de qualité sur l’avantage numérique et sur un trio offensif, il peut encore produire de façon régulière. Avec le lancer qu’il possède, c’est loin d’être impossible.»

Pour Mike Weaver, son ancien coéquipier doit d’abord revenir à la base. 

«Alex a toujours été un passionné, mais il doit maintenant se rappeler pourquoi il aime autant le hockey.»

Alexandre Renaud, ce joueur ayant évolué avec Galchenyuk à sa première année junior Sarnia, termine en lançant une phrase que «Chucky» devrait lui-même lire s’il cherche un peu de motivation en ces temps difficiles. 

«S’il finit par retrouver sa confiance, je ne serais pas surpris de le revoir un jour marquer 30 buts dans la Ligue nationale. Peut-être même plus. N’oublie jamais toutes les aptitudes qu’il possède...»

«Confiance» et «aptitudes». Deux mots, qui, au fil de ce reportage, ont été très souvent prononcés par les différents intervenants impliqués. 

Qui sait ce qu’Alex Galchenyuk pourrait accomplir s’il parvient un jour à maximiser de nouveau ces deux facettes...