Club de foot Montréal

Bjørn Johnsen n’a pas hésité longtemps

Dave Lévesque

Publié | Mis à jour

Quand Bjørn Johnsen a reçu une offre de contrat de trois ans de la part du CF Montréal, c’était comme un signe du destin pour cet attaquant américano-norvégien qui a fait le tour du monde.

«Je n’ai pas eu à y penser à deux fois quand l’occasion s’est présentée», a-t-il admis en visioconférence vendredi.

Âgé de 29 ans, Johnsen a joué en Norvège, en Espagne, au Portugal, en Bulgarie, en Écosse, aux Pays-Bas et en Corée du Sud. 

Ce qui est étonnant, c’est qu’il a grandi en Caroline du Nord, mais n’a encore jamais joué en MLS. Pour la petite histoire, il est né à New York d’un père norvégien et d’une mère américaine.

Chemin différent 

Contrairement à de nombreux joueurs américains, il a préféré prendre la route de l’Europe en partant pour la Norvège à 18 ans.

«Quand j’ai eu la chance d’aller jouer en Norvège, j’avais déjà un passeport et je devais essayer.»

«J’aurais pu jouer à l’université, mais après avoir regardé beaucoup de foot à la télé quand j’étais jeune, j’avais l’impression que ces gars attendaient longtemps pour jouer.»

Johnsen, lui, voulait jouer tout de suite ; c’est pourquoi il s’est beaucoup promené depuis le début de sa carrière.

Raisons 

En une dizaine de saisons professionnelles, Johnsen a endossé une douzaine de maillots différents. Mais si l’on se fie à sa personnalité très sympathique, ce n’est certainement pas en raison d’un problème d’attitude.

«Au Portugal, je jouais bien, mais je ne faisais pas beaucoup d’argent. J’ai saisi une occasion.»

«En Bulgarie, j’ai eu un gros contrat auquel je ne pouvais pas dire non, et c’est ce qui m’a donné la chance de jouer en Première division par la suite.»

Arrivé en Corée du Sud en janvier 2020, il n’y sera resté qu’une saison, mais il aura eu le temps de remporter la Ligue des champions de la confédération asiatique.

Il a décidé qu’il était temps de se poser et l’offre de Montréal est arrivée au bon moment.

«Nous allons avoir un bébé bientôt alors on voulait s’installer quelque part pour au moins trois ans et pourquoi pas plus. Je veux venir à Montréal et me rendre indispensable afin que le club veuille que je reste.»

Pression 

Johnsen, qui a marqué des buts partout où il a joué, est conscient qu’une certaine pression repose sur ses épaules et il l’accueille sans crainte.

«Je sais que le dernier vrai attaquant de cette équipe a été Didier Drogba, l’un de mes attaquants préférés de tous les temps. Je sais aussi que je viens après [Ignacio] Piatti et il y a de la pression, et ça me va.»

Mais n’allez pas penser qu’il arrive avec la grosse tête, ça semble même être plutôt le contraire.

«J’arrive ici avec tout à prouver et une place à gagner. Je trouve ça excitant. J’ai 29 ans, je ne suis pas vieux, mais j’ai de l’expérience. Je sais qu’il y a de la pression et je n’ai aucun problème avec ça, je ne me défilerai jamais.»

Il semble même vouloir se nourrir de cette pression.

«Ça donne confiance de savoir qu’on est un joueur que le club voulait avoir et qu’on n’était pas le dixième choix.»

Le club a prêté le jeune milieu de terrain Tomas Giraldo au FC Edmonton en Première ligue canadienne pour la saison 2021.

La présence de Henry a influencé Johnsen 

La présence de Thierry Henry à la barre du CF Montréal semble avoir joué un rôle important dans la décision de Bjørn Johnsen de s’engager envers le club.

«Mais ma première réaction est d’avoir envie d’apprendre de Henry parce que c’était l’une de mes idoles», a-t-il admis vendredi.

Johnsen, qui dégage une belle confiance sait aussi faire preuve d’humilité, et celle-ci semble sincère.

«Je ne sais pas tout, Henry en sait beaucoup plus que moi, alors tout ce que je peux faire, c’est être ouvert et apprendre.»

«Je peux exprimer mes limites dans ce que je peux faire, mais Montréal est allé me chercher parce qu’ils savent que je suis un joueur d’expérience.»

Rôle 

«Je n’ai pas encore eu la chance de parler avec Thierry et j’aurais voulu le faire avant de signer, mais j’ai obtenu l’assurance d’Olivier [Renard] que tout était sous contrôle, je présume qu’il a regardé beaucoup de vidéos de moi.»

Selon le style de jeu de l’équipe, Johnsen a discerné que son rôle serait peut-être un peu différent de ce à quoi il était habitué.

«Je crois que je maîtrise bien l’aspect aérien du jeu parce que c’est ce qu’on me demandait de faire avec l’équipe nationale de la Norvège et en Écosse.»

«Maintenant, on va me demander de faire quelque chose de différent et je vais pouvoir l’apprendre de Thierry Henry. Ça peut me permettre de me développer encore plus.»

À deux 

La saison dernière, le club montréalais a surtout fait appel à Romell Quioto comme attaquant, lui qui est d’abord un ailier gauche.

Comme le Hondurien a eu beaucoup de succès à ce poste, il serait tentant de le reconduire à l’avant et si c’est le cas, Bjørn Johnsen assure qu’il en sera enchanté.

«Je suis à l’aise de jouer dans plusieurs systèmes. Avec l’équipe nationale de Norvège, j’ai déjà souvent joué avec deux attaquants tout comme en Écosse.»

«Si j’ai la chance de pouvoir jouer à deux attaquants avec Romell, ça me fera plaisir parce que c’est un système qui me plaît, mais j’aime aussi le 4-3-3. Ce que j’aime, c’est avoir un partenaire avec qui je peux développer une relation.»

Quant au niveau de jeu de la MLS, il a un peu hésité avant de se prononcer.

«Elle me fait penser à la ligue néerlandaise. On y trouve des joueurs qui veulent jouer et il y a un aspect physique indéniable, et je pense que c’est pour ça qu’Olivier est allé me chercher.»