Athletisme

Course à pied: des réponses qui se font attendre

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Les organisateurs d’événements de course à pied veulent des réponses. Lourdement affligée par la pandémie en 2020, l’industrie espère que les prochains mois offriront l’occasion aux adeptes de la discipline de renouer avec la compétition organisée dans des circonstances favorables.

La firme Gestev a déjà annoncé ses couleurs en confirmant la tenue du Demi-Marathon de Lévis sur deux jours les 28 et 29 août ainsi que celle du Marathon Beneva de Québec du 1er au 3 octobre prochain. Elle a toutefois été obligée de reporter à 2022 deux autres événements (Trail du Coureur des Bois et Descente Royale) où il aurait été difficile de respecter les mesures sanitaires actuelles. Une décision sera prise prochainement pour le Défi des escaliers. 

Ressources absentes 

«Notre prémisse de base était qu’il fallait être de retour, a avoué la productrice déléguée chez Gestev, Marianne Pelchat. Le Demi-Marathon sera sur deux jours pour répartir le volume de participants et on va diminuer notre capacité d’accueil. Au lieu de faire un départ de masse, ce sera des départs par vague et l’horaire sera différent. Ce sera la même chose pour le Marathon.»

N’empêche qu’une certaine impatience se fait sentir dans le petit monde de la course à pied au Québec. Un groupe formé de plusieurs organisateurs a été mis sur pied dans les derniers mois pour échanger et réfléchir aux adaptations potentielles en lien avec la crise dans le futur.

Au nom de ces organisateurs, la Fédération québécoise d’athlétisme a envoyé une lettre à la ministre Isabelle Charest au début du mois de décembre dans laquelle elle révélait que les pertes de l’industrie totalisaient plus de 11 millions $ en 2020 et que la pérennité d’événements était en danger.

«Dans le plan d’aide de 70 millions $ du gouvernement pour le milieu du sport, du loisir et du plein air, il n’y avait rien pour soutenir les événements hors stade, dénonce la coordonnatrice des courses sur route et trail de la Fédération, Marilou Ferland-Daigle, en entrevue au Journal. On a souligné que nous étions dans un trou et qu’ultimement, on aimerait que des ressources soient débloquées.»

Selon la Fédération, ce sont environ 90 % des événements prévus au calendrier qui ont dû être annulés en 2020 en raison de la pandémie.

Si un vent d’espoir souffle présentement avec la baisse des cas et l’injection des doses des vaccins, l’incertitude entourant la manière dont pourront être organisés les événements des prochains mois demeure une source de préoccupation constante. À Saguenay, la traditionnelle course des Pichous de mars a déjà été annulée pour une deuxième année de suite.

«On a besoin de savoir comment organiser nos événements, quelles seront les règles en avance, explique Marilou Ferland-Daigle [...] Avec le risque d’incertitude, les organisateurs ne peuvent pas prendre le risque de tout annuler. Nos gens ont besoin de savoir qu’on les guide.»

«Il est important d’entamer un dialogue, renchérit Marianne Pelchat, de Gestev. Nous, on est chanceux, car nos événements sont à la fin de l’été et à l’automne, on a le temps de corriger le tir, mais j’ai des collègues dont les événements sont en avril et mai. Ils ont besoin de savoir.»