Leila Beaudoin

Crédit : Capture d'écran / TVA Sports

Boxe

L’autre passion de Leila Beaudoin

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Depuis le début de la pandémie, les boxeurs tentent de s’entraîner comme ils le peuvent. Une situation qui est loin d’être évidente. Certains, comme Leila Beaudoin, ont décidé de sortir des sentiers battus.

La représentante d’Eye of the Tiger Management (EOTTM) a utilisé ses temps libres lors du premier confinement pour faire son cours d’accompagnante à la naissance ; un métier qui nécessite des qualités et des exigences aux antipodes de celles requises dans la boxe.

«J’accompagne les parents en prévision de l’accouchement, a indiqué Leila Beaudoin au Journal de Montréal. Un accouchement, c’est comme un marathon. Il faut savoir s’y préparer.»

«J’ai toujours été interpellée par ce domaine. J’ai toujours eu une approche aidante et une bonne écoute avec les gens. Le contact humain est essentiel dans ce processus.»

Avec ses judicieux conseils, elle parvient à faire diminuer l’anxiété et l’angoisse chez les futures mamans et leurs conjoints.

«Ce n’est pas vrai que tu veux tout savoir par rapport à l’accouchement comme la longueur de l’aiguille pour une épidurale par exemple, a-t-elle ajouté. Je suis capable de leur proposer des cours prénatals, des exercices à faire et des sortes de massage.»

«Je leur offre toujours un support visuel comme aide-mémoire s’ils en ont besoin. Je fais des plans selon leurs besoins.»

Depuis ses débuts dans son boulot d’appoint, elle a accompagné deux personnes vers le jour J. Elle pourrait avoir deux clientes potentielles dans les prochains mois.

«J’ai vraiment eu de bons commentaires. Je crois que je suis bonne. Pour le moment, je me concentre sur des amies ou des personnes de mon entourage.»

Quête identitaire

Au cours du premier confinement, Beaudoin a procédé à une réflexion sur sa vie. Elle croit que cette formation d’accompagnante à la naissance vient aussi répondre à une quête identitaire.

«Je me suis rendu compte que j’étais seulement Leila, la boxeuse professionnelle. Je n’étais rien de plus. J’ai découvert une autre facette de ma vie.»

L’athlète de 24 ans aimerait bien que ce boulot devienne permanent après sa carrière de boxeuse. Elle a même des objectifs à long terme.

«J’aimerais avoir ma propre maison de naissance qui serait bâtie à même ma prochaine maison. À Québec, il y en a seulement deux. Je me verrais bien travailler en collaboration avec des sages-femmes.»

Priorité boxe

Leila Beaudoin ne cache pas qu’elle aimerait fonder une famille un jour. Cependant, rien ne presse. Toute sa concentration est sur sa carrière entre les câbles.

«J’ai hâte d’avoir des enfants, mais chaque chose en son temps, a-t-elle confié. Ça va dépendre de la situation de ma carrière. Pour le moment, j’ai des objectifs clairs et je mets tout en place pour les atteindre.»

Un combat de championnat du monde ?

Rien n’est impossible pour la pugiliste de Québec. Toutefois, elle est bien consciente qu’elle a encore des choses à peaufiner.

Son parcours pourrait ressembler à celui de ses clientes : un marathon. Pour atteindre le fil d’arrivée, elle aura besoin de tous les outils nécessaires et d’un bon encadrement.

Un camp au Mexique

Avec la fermeture des gymnases au Québec, les boxeurs doivent être créatifs pour avoir des camps de qualité à l’approche de leurs combats. Leila Beaudoin n’a pas hésité à s’expatrier au Mexique pour finaliser sa préparation en prévision de son combat de samedi.

Elle est allée rejoindre son entraîneur Carl Poirier à Cabo San Lucas, une ville côtière du Pacifique située à deux heures d’avion de Mexico. Un endroit très chic où plusieurs célébrités possèdent des maisons.

«C’est très similaire à la Californie, a expliqué Beaudoin. J’ai pris la décision de venir ici après avoir eu la confirmation que mon combat allait être présenté au Mexique.»

«Mon entraîneur, qui est ici pour plusieurs mois, m’a invitée pour que je puisse m’entraîner avec lui. Mon promoteur, Camille Estephan, a accepté de me payer le billet d’avion supplémentaire.»

Elle a quitté le Québec le 4 janvier, soit quelques jours avant la fermeture des commerces non essentiels jusqu’au 8 février.

«Je ne pouvais plus avoir accès à mon gymnase à Québec (Nordik Fight Club). Les propriétaires ne voulaient pas prendre de chance avec la santé publique.»

«C’est pour cette raison que j’ai accepté l’invitation de Carl. Il m’aide beaucoup sur le plan technique et c’est toujours avec lui que je bâtis mes stratégies de combat.»

Son amie, la combattante Jade Masson-Wong, est allée la rejoindre pendant deux semaines pour quelques séances de sparring, un coup de main fort précieux.

Respect de son adversaire

Samedi, dans un gala présenté par EOTTM à Cuernavaca, Beaudoin (3-0, 1 K.-O.) affrontera Maria Guadalupe Esquivel Zamora (4-16-1, 0 K.-O.). Malgré la fiche perdante de son adversaire, la boxeuse québécoise est sur ses gardes.

«Étant donné que c’est une ancienne boxeuse de 118 lb, on peut penser qu’elle sera moins rapide, mais elle est capable de boxer de reculons et elle a de beaux mouvements de tête, souligne celle qui évolue chez les 140 lb. Je ne devrai pas la laisser m’endormir.»

D’ailleurs, Beaudoin veut revenir à la recette qui lui a permis de connaître du succès chez les amateurs.

«Je veux revenir à un style agressif où je pourchasse mes adversaires dans le ring, a-t-elle précisé. Je veux être dans ses culottes et je ne veux pas lui laisser de répit.»