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Canadiens de Montréal

Une biographie méritée pour Émile «Butch» Bouchard

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Souvent dans l’ombre des grandes vedettes de sa génération, Émile «Butch» Bouchard a été l’une des premières figures québécoises-francophones marquantes de l’histoire du Canadien de Montréal. Pour une première fois, le récit de la vie du grand numéro 3 sera mis en mots dans une biographie signée par Patric Laprade.

Surtout reconnu pour ses contributions au monde de la lutte, Pat Laprade s’attaquera pour la première fois au hockey. Il a choisi l’un des héros de la génération de son père, qui lui a souvent vanté Bouchard comme «un gars tough» et un grand leader francophone. 

«Je trouvais que c’était un pont idéal entre les biographies de lutte que j’avais écrites et cette biographie-là. Deux des quatre livres que j’ai écrits sur le monde de la lutte étaient des biographies : «Mad Dog» Vachon et le Géant Ferré. C’étaient des biographies d’hommes qui avaient vécu à une autre époque de la mienne. [...] C’est un format que j’aime bien», a souligné vendredi, en entrevue, l’historien et auteur.

Comme l’a indiqué Laprade, on a peut-être longtemps levé le nez sur la contribution historique de Bouchard au profit d’autres grandes vedettes comme Maurice et Henri Richard, Jean Béliveau ou Jacques Plante.

«Ç’a été le premier Québécois francophone capitaine du Canadien à avoir vraiment un rôle important autant sur la patinoire qu’à l’extérieur de la patinoire, a-t-il rappelé. Ça, on l’oublie souvent. Il était là avant Maurice. C’est un peu lui qui a... débroussé le chemin pour Maurice.»

Bouchard a en quelque sorte été ignoré si longtemps que ç’a pris une campagne populaire pour que son numéro 3 soit finalement hissé dans les hauteurs du Centre Bell. Le membre du Temple de la renommée a pu assister à ce grand moment le 4 décembre 2009, la journée même du 100e anniversaire de l’équipe.

Plus grand que nature 

Selon Pat Laprade, «Butch» n’a jamais été le plus flamboyant, mais «il était un défenseur et aussi un défenseur de ses coéquipiers». C’est pourquoi il a porté le «C» sur son chandail pendant huit ans, de 1948 à 1956.

Il a permis au Bleu-Blanc-Rouge de mettre la main sur quatre coupe Stanley pendant sa carrière, arrivant à ses débuts dans un club qui ne ressemblait en rien aux grandes dynasties qui ont suivi.

«“Butch” Bouchard, c’était un pilier de cette équipe-là. Son surnom c’était “le roc de Gibraltar” et il a reçu les éloges de tout le monde dans la Ligue nationale», a poursuivi Laprade.

Lorsque l’auteur de ces lignes a rappelé le gabarit hors-norme de Bouchard pour l’époque (6 pi 2 po et 205 lb), Laprade a pu faire le rapprochement avec sa propre expérience.

«Il était costaud, il était robuste. Il aurait peut-être fait un bon lutteur en effet», a-t-il dit en riant.

Pour lui, il fut surtout l’une des grandes idoles francophones du Québec avant la Révolution tranquille, avant que ceux-ci ne prennent leur place.

Laprade n’a jamais pu rencontrer le sujet de son prochain livre, qui est décédé en 2012, mais l’auteur pourra compter sur tout le soutien de la famille, particulièrement de ses fils Pierre, un ancien de Ligue nationale, et Jean.

La biographie d’Émile Bouchard écrite par Patric Laprade sera publiée chez Libre Expression et devrait être sur les tablettes des librairies pour l’automne 2022.