Crédit : Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

Canadiens de Montréal

CH: le plafond et les mathématiques

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Il y a un acteur dans l’ombre qui jouera un rôle colossal pour le Canadien de Montréal lors de cette étrange saison 2020-2021. Il ne marquera aucun but pour le CH, il n’aura pas de numéro derrière le dos, mais il jonglera avec les chiffres toute l’année.

Son nom : John Sedgwick. Dans l’entourage de l’équipe, Sedgwick n’a pas besoin de présentation. Il travaille pour le Tricolore depuis le mois d’avril 2013. Selon le site de l’équipe, son rôle se définit comme celui de vice-président des opérations hockey et des affaires juridiques. Dans un langage plus simple, il est le cerveau de la convention collective et de la gestion de la masse salariale. 

Sur la passerelle de presse, Sedgwick prend souvent place aux côtés de Marc Bergevin. Il n’est jamais trop loin du DG. Lors des voyages de l’équipe, les deux hommes passent également beaucoup de temps ensemble. Dès que Bergevin a une question technique, il se réfère à Sedgwick.

Pour les partisans, Sedgwick demeurera encore méconnu cette année, mais il réalisera un travail colossal en coulisses afin que le Canadien respecte le plafond salarial de 81,5 millions. C’est lui qui gardera une calculatrice dans ses mains afin de s’occuper de cette délicate gestion.

«John a toujours été un gros morceau de notre équipe, a dit Bergevin lors d’une visioconférence, dimanche. Il travaille beaucoup en arrière-scène. Il a toujours été important et il le sera encore plus cette année. Chaque fois que je pense à une transaction, je demande son avis.»

Une équipe de réservistes 

Pourquoi ce long préambule sur Sedgwick ? Simplement pour expliquer la complexité de la prochaine saison pour le Tricolore. Contrairement aux dernières années, Bergevin aura besoin de calculer chacun de ses sous afin de respecter le plafond.

Le Tricolore gardera fort possiblement 21 joueurs au sein de sa formation, soit deux de moins que la limite permise des 23 joueurs. Avec 21 joueurs, en plaçant le défenseur Victor Mete comme unique remplaçant et Jake Evans comme quatrième centre, le CH aurait une masse salariale de 80,793 millions. Dans ce chiffre, on compte le rachat de Karl Alzner (3,958 millions) et l’impact salarial de Jordan Weal (0,325 million) en le renvoyant dans la Ligue américaine.

Bergevin disposerait donc de moins d’un million (0,707 million) sous la limite des 81,5 millions.

Moins d’un million, c’est également sans compter les contrats des deux plus récentes acquisitions de Bergevin : Corey Perry et Michael Frolik. Deux vétérans qui ont accepté un pacte d’un an et 750 000 $.

Le CH pourrait trouver une astuce pour intégrer les salaires de Perry et de Frolik en les plaçant sur l’équipe des réservistes (taxi squad). La LNH a offert la possibilité aux 31 équipes de garder quatre à six joueurs de plus afin de se protéger contre des cas positifs à la COVID-19. Les salaires des joueurs sur cette équipe B ne seraient pas comptabilisés pour ceux qui gagnent moins de 1,075 million.

«Le taxi squad va nous aider à mieux gérer le plafond salarial, a répondu Bergevin. Il y aura beaucoup de transactions au quotidien juste pour gérer notre masse salariale. Mais oui, ça nous permettra de sauver de l’argent.»

«J’ai fait les mathématiques, nous jonglerons tous les jours avec les joueurs que nous gardons au sein de notre formation, a-t-il poursuivi. Ça dépendra de notre horaire.»

Une jonglerie 

Cette jonglerie passera également par la présence de certains joueurs de l’équipe au ballottage. Perry et Frolik auraient besoin de passer par cette étape avant de se retrouver au sein de l’équipe des réservistes. Mais c’est aussi possible d’y soumettre un ailier comme Paul Byron, qui est moins attrayant pour les autres équipes avec trois autres saisons de 3,4 millions à son contrat. Joel Armia (2,6 millions) pourrait être un autre candidat.

«Quand tu places un gars sur le ballottage, tout peut arriver, a répliqué Bergevin. Avec la situation du plafond salarial, les gros salaires et les contrats à long terme sont plus faciles à cacher. Mais quand tu places un joueur, il y a un risque de le perdre. Avec les règles de quarantaine, les équipes réfléchiront probablement plus longtemps avant de réclamer un joueur. Nous verrons.»

À 750 000 $, Perry et Frolik resteront donc plus difficiles à cacher. Mais Bergevin a déjà parlé de cette possible situation aux deux ailiers.

«On a eu des conversations, avec l’agent et le joueur. Les conversations ont été claires. On va avoir besoin de tout le monde. Pas vrai qu’on va jouer avec seulement 12 attaquants toute la saison.»