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Une victoire coûteuse pour le Canada?

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Équipe Canada junior a peut-être remporté avec élégance son premier et seul match préparatoire en vue de sa grande rentrée du 26 décembre, mercredi soir face aux Russes, mais elle pourrait avoir perdu l’une des plus importantes pièces de son casse-tête dans la défense de son titre.

La victoire de 1 à 0 sur la glace du Rogers Place d’Edmonton a été assombrie par la perte du capitaine Kirby Dach, qui s’est blessé à la main droite en troisième période à la suite d’une collision en apparence anodine avec Ilya Safonov en zone neutre. 

Dach, qui a été prêté par les Blackhawks de Chicago pour participer au Championnat du monde junior, a immédiatement retraité au vestiaire en se tenant la main et n’est plus revenu au jeu par la suite. Après le match, l’entraîneur-chef de la formation canadienne, André Tourigny, avait peu de détails à communiquer au sujet de l’état de santé de son joueur étoile.

«Nous n’avons pas encore de mise à jour, il aura besoin de radiographies avec le médecin. Dès que nous aurons plus de détails, je pourrai vous dire comment il va», a simplement répondu Tourigny en visioconférence.

Tourigny ne pouvait d’ailleurs pas confirmer le protocole de la bulle entourant un joueur qui doit subir un examen radiographique. Il est difficile d’imaginer que celui-ci soit obligé de quitter l’environnement sécurisé en pareilles circonstances, ce qui signifierait pratiquement que son tournoi est terminé en raison des risques de propagation de la COVID-19.

«Je viens de le voir, il est dans la clinique, il est encore ici. Je ne sais pas [où il s’en va], je ne sais pas où sont les rayons X, je devrais peut-être savoir ça, mais comme coach, j’espère que non [qu’il ne sortira pas de la bulle]», a avoué Tourigny, qui avait apprécié le jeu de son capitaine avant sa blessure.

Levi rassurant 

Dans le département des nouvelles positives, la tenue du gardien québécois Devon Levi a de quoi inspirer pour la suite de la compétition. Calme et en contrôle devant son filet, le Montréalais a donné raison au personnel d’entraîneurs de lui avoir fait confiance en stoppant les 23 tirs dirigés vers lui pour repartir avec le titre de joueur du match.

L’ancien des Lions du Lac Saint-Louis a été particulièrement fumant devant Yegor Chinakhov, qui s’est présenté à toute vitesse devant lui avec un peu plus de cinq minutes à égrainer au cadran.

«J’étais un peu nerveux, mais je me suis vite bien senti et l’équipe devant moi a fait du bon travail. [...] Sur le jeu, j’ai cru qu’il allait lancer, et il a lancé. Je ne pensais pas qu’il aurait le temps de faire une feinte parce que le défenseur le pourchassait et le défenseur m’a facilité la lecture du jeu», a souligné Levi.

Auteur du seul but du match, Jamie Drysdale a vanté le sang-froid dont a fait preuve l’espoir des Panthers de la Floride devant sa cage.

«Tu veux toujours jouer devant un gardien calme et confiant, et c’est exactement ce qu’il est», a lancé le défenseur, qui porte le maillot à la feuille d’érable pour la deuxième année.

En vitesse 

Philip Tomasino a été l’attaquant laissé de côté par Tourigny pour cette seule partie préparatoire au calendrier. La blessure subie par capitaine Canada pourrait toutefois ouvrir la porte à l’espoir des Predators de Nashville à la rentrée officielle... Les Canadiens se mesureront aux Allemands samedi.

De la rouille aussi pour l'entraîneur 

Ce n’est pas seulement la majorité des joueurs de la formation canadienne qui brisait la glace pour la première fois depuis belle lurette, mercredi. L’entraîneur-chef André Tourigny a vécu une première en neuf mois en dirigeant la circulation derrière le banc.

Si les joueurs représentant la Ligue de l’Ontario (OHL) et la Ligue de l’Ouest (WHL) ont profité de ce premier rendez-vous depuis mars pour chasser la rouille, cela a aussi été le cas pour Tourigny, qui dirige en temps normal les 67’s d’Ottawa.

«C’est sûr que ça ne se fera pas en deux minutes», a-t-il répondu instantanément au sujet du temps qu’il lui faudrait pour retrouver ses repères en veston-cravate derrière une bande de joueurs affamés.

«Comme entraîneur, d’avoir le feeling de tes joueurs, de comprendre qui utiliser dans quelle situation, c’est quelque chose qui ne se fait pas sur vidéo ni dans le bureau non plus. Il faut que tu sois derrière le banc, il faut que tu le vives, que tu sentes quels joueurs sont capables de garder leur sang-froid dans des situations clés, de lire le jeu quand l’intensité augmente, etc. Toutes ces choses-là, ce sont des choses qui se vivent dans les matchs», a ajouté Tourigny quelques heures avant la rencontre face aux Russes.

287 jours 

Il s’est écoulé exactement 287 jours depuis le dernier match officiel de Tourigny, aussi bien dire une éternité. L’attaquant Jack Quinn, des 67’s, s’en est souvenu vaguement.

«On jouait contre Niagara à la place TD, et je ne sais pas si c’était un bon match. Je ne me souviens plus trop du score, mais je pense qu’on avait gagné par un bon pointage (9 à 1), puis tout s’est arrêté avec le confinement. Mais on a joué des matchs intraéquipes intenses, alors je pourrais les compter un peu!», a lancé le choix de premier tour des Sabres de Buffalo en 2020.

«Je ne suis pas différent des joueurs, le dernier match que j’ai coaché remonte au 12 mars [NDLR : 10 mars], alors si je dis que je ne suis pas rouillé, tu vas savoir que je suis menteur. Je ne dirai pas que je vais arriver et que je serai au sommet de mon art aujourd’hui, je vais être comme les joueurs, je devrai être meilleur tous les jours», a mentionné Tourigny.