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Pierre Lacroix décédé de la COVID-19

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L’ancien directeur général des Nordiques de Québec et de l’Avalanche du Colorado, Pierre Lacroix, est décédé des suites de la COVID-19 à l’âge de 72 ans, dimanche, à Las Vegas.

Ayant été l’agent de plusieurs joueurs, dont Patrick Roy, Lacroix est devenu le DG de l’équipe fleurdelisée en 1994 avant de suivre la concession quand elle a déménagé à Denver l’année suivante. 

Dans la vidéo ci-dessus, Michel Bergeron réagit au décès de Lacroix, son ancien agent.  

Plusieurs partisans de hockey québécois se rappellent la fameuse transaction conclue par le dirigeant à sa première campagne au Colorado. Le 6 décembre 1995, il a mis la main sur son ancien client Roy, qui venait de vivre une soirée infernale au vieux Forum de Montréal quatre jours auparavant.

Dans une défaite de 11 à 1 aux mains des Red Wings de Detroit, le numéro 33 avait promis au président du Tricolore, Ronald Corey, qu’il n’allait plus porter les couleurs du club. Après que le célèbre gardien eut quitté avec fracas la formation montréalaise, Lacroix l’a obtenu en compagnie de Mike Keane contre Jocelyn Thibault, Andrei Kovalenko et Martin Rucinsky. Le troc a rapporté gros à l’Avalanche, car elle a remporté la coupe Stanley le printemps suivant, en plus de soulever le trophée à nouveau au printemps 2001.

«C’est avec une grande tristesse que l’organisation a appris le décès de Pierre Lacroix, a réagi l’Avalanche dans un communiqué. Pierre a été l’architecte des deux conquêtes de la coupe Stanley, incluant le premier titre majeur de l’histoire de Denver en 1996.»

«C'est un triste jour pour l'organisation de l’Avalanche et ses partisans, a dit l’actuel DG de l’équipe, Joe Sakic, dans un communiqué. Pierre était un visionnaire et un vrai leader. Dès le moment où il a pris ses fonctions de directeur général, il a établi une culture gagnante qui s'est répandue dans toute l'organisation.»

Un fin renard  

D’ailleurs, les anciens joueurs des «Avs» continuent de louanger le Montréalais encore aujourd’hui pour son habileté à bâtir des équipes championnes, comme le mentionnait Claude Lemieux à l’Agence QMI au début mai.

«Pierre Lacroix a fait une super "job" avec l’Avalanche en assemblant le bon personnel, des bureaux jusqu’aux joueurs. Moi, je donne tout le crédit à Pierre!, avait dit l’ex-hockeyeur québécois. Une année après que l’équipe soit vendue, nous sommes les champions.»

Parmi ceux que Lacroix avait acquis pour mener le Colorado vers le premier sacre de son histoire, notons Lemieux – qui s’était retrouvé impliqué dans deux transactions le jour du 3 octobre 1995 – et Sandis Ozolinsh. Aussi, l’ex-DG est celui qui a amené Raymond Bourque à Denver le 6 mars 2000. Celui-ci avait été obtenu des Bruins de Boston avec Dave Andreychuk contre trois joueurs et un choix de repêchage. Un peu plus d’un an plus tard, Bourque savourait la première conquête de la coupe Stanley de sa carrière.

Lacroix est demeuré sur son siège de DG jusqu’en mai 2006 et a ensuite choisi d’assumer la fonction de président, qu’il a conservée durant environ sept ans. Par la suite, il a pris le rôle de conseiller spécial.

«La capacité de dénicher des talents de Pierre Lacroix, son appréciation pour les joueurs d’élite et le fait qu’il n’avait pas peur de faire de grosses transactions ont fait de lui l’un des meilleurs bâtisseurs dans l’histoire récente de la LNH», a exprimé le commissaire de la ligue, Gary Bettman, dans un communiqué.

Pour le retour des Nordiques  

Avant de permettre à l’Avalanche de devenir l’une des meilleures équipes de la fin des années 1990 et du début des années 2000, Lacroix a représenté certains des Québécois les plus en vogue du circuit Bettman. Il a notamment été l’agent des anciens capitaines du Canadien de Montréal Pierre Turgeon et Vincent Damphousse.

De plus, Lacroix a été un fervent défendeur du retour d’un club de la LNH à Québec, lui qui a amorcé sa carrière de dirigeant avec les Nordiques en 1994-1995.

«Comme dans le reste de la province, pas un sport ne rivalise avec le hockey. Cette sensation ne se retrouve dans aucune ville américaine. Même si mon expérience y fut de courte durée, je suis heureux d’avoir été impliqué dans l’histoire des Nordiques au moment ils ont effectué un virage à 180 degrés pour redevenir une équipe gagnante après des années difficiles. Les amateurs ont retrouvé leur sentiment d’appartenance cette année-là», avait-il dit au «Journal de Québec» dans un entretien accordé en mai 2013.

«Je le souhaite pour Québec et j’espère que cela se produira un jour, avait ajouté Lacroix. Si la décision me revenait, je serais convaincu que ça pourrait se faire.»