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F1

Six millions $ de moins dans les coffres

Louis Butcher

Publié | Mis à jour

Pour assurer sa troisième place au classement final des constructeurs de F1, l’écurie Racing Point, forte d’une double présence sur le podium la semaine précédente à Bahreïn, devait espérer la contribution de ses deux pilotes à Abou Dhabi dimanche pour contenir la menace de sa rivale McLaren.

Mais, cette dernière épreuve de la saison, d’un ennui mortel, a viré au cauchemar pour l’équipe dirigée par Lawrence Stroll quand Sergio Pérez a été forcé à l’abandon, le seul de la course, dès le dixième tour en raison d’ennuis de moteur.

Le Mexicain, parti en fond de grille en raison d’une pénalité, avait entamé une belle remontée, de la 19e à la 14e place, quand il a immobilisé sa monoplace en bord de piste. Dès lors, tous les espoirs ont reposé sur Lance Stroll dont la très décevante dixième place à l’arrivée n’a pas été suffisante.

Classés respectivement cinquième et sixième, le Britannique Lando Norris et l’Espagnol Carlos Sainz assurent une récolte de points (202 à 195) suffisante à McLaren pour déloger Racing Point.

Les fameuses écopes de frein

On estime qu’en boni de fin de saison, l’écart entre la troisième et la quatrième place au tableau final représente une perte d’environ six millions de dollars canadiens. Pour une organisation aux moyens financiers moins importants que les Mercedes, à Ferrari et Red Bull, ce manque à gagner est énorme.

«C’est dommage, a dit le pilote québécois, que nous n’ayons pas terminé au troisième rang. Tous les employés de l’équipe le méritaient pour leur travail acharné. Nous avons raté de belles occasions cette année, mais on doit regarder vers l’avenir...»

Les 15 points qui ont été retirés de la fiche de Racing Point en début de saison, en raison des écopes de freins « copiées » de Mercedes, ont certes coûté cher.

Certains observateurs, dont le directeur de Racing Point, Otmar Szafnauer, ont prétexté que Stroll avait été volontairement ralenti par Sainz, sous la limite de la vitesse permise, à l’entrée des puits de ravitaillement quand la voiture de sécurité est intervenue dimanche à Abou Dhabi.

Le Québécois n’est toutefois pas d’accord avec son patron.

«Notre fin de parcours a été carrément mauvaise, a avoué Stroll. Que Sainz nous ait gênés ou pas, ça n’aurait pas changé grand-chose. Nous n’avons pas été en mesure de maintenir nos pneus à une température idéale et notre rythme en a souffert.»

Stroll a dû céder la neuvième place à Esteban Ocon (Renault) lors du dernier tour, ce qui lui a fait perdre l’exclusivité du 10e rang du classement final des pilotes puisque Pierre Gasly (8e dimanche) totalise lui aussi 75 points au compteur.

Pérez attend l’appel de Red Bull

D’entrée de jeu, Pérez aurait souhaité mettre un terme à une fructueuse association de sept ans avec son employeur (en incluant les cinq premières avec Force India) sur une meilleure note.

«C’est triste de quitter de cette façon, mais je n’y peux rien», a dit le vétéran pilote mexicain qui devra laisser son baquet en 2021 au quadruple champion du monde, l’Allemand Sebastian Vettel au sein de cette écurie qui sera rebaptisée Aston Martin.

À 30 ans, Pérez se retrouve sans volant, mais l’espoir de poursuivre sa carrière en F1 la saison prochaine est toujours présent. L’écurie Red Bull n’a toujours pas annoncé l’identité du coéquipier de Max Verstappen en 2021.

Si l’écurie autrichienne choisit de garder Alexander Albon, Pérez n’aura d’autre choix que de prendre une année sabbatique. Mais pour celui qui a terminé quatrième au classement des pilotes, même s’il a fait l’impasse sur deux épreuves cette année après avoir contracté la COVID-19, ce n’est que partie remise.