Dave Morissette en Direct

«J'étais content que le Canadien ne me repêche pas!»

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Même s’il a dominé la LHJMQ durant les années 1970, Mike Bossy n’a été repêché qu’au 15e rang lors de l’encan 1977 et, à son plus grand bonheur, ce n’est pas le Canadien, l’équipe de sa ville natale, qui l’a sélectionné.

Oh, Bossy n’avait rien contre le CH. C’est simplement qu’il croyait que son chemin vers la LNH serait plus ardu s’il devait atterrir dans l’organisation québécoise. Parce qu’à l’époque, l’immense majorité des joueurs repêchés par le CH devait passer par Halifax, dans la Ligue américaine. 

«Je ne voulais pas aller à Halifax, je voulais une opportunité au moins (de jouer dans la LNH immédiatement)», a-t-il expliqué, mercredi, à «Dave Morissette en direct».

«J'allais me retrouver avec l'équipe de Guy Lafleur : comme ailier droit, je me disais que j’allais avoir du mal à faire ma place, a-t-il ajouté. Honnêtement, j'étais content que le Canadien ne me repêche pas!»

Après avoir été vaguement courtisé par les Barons de Cleveland, Bossy a finalement été sélectionné par les Islanders de New York. Et il ne pouvait pas se retrouver à un meilleur endroit.

«Je tombais avec une équipe qui avait déjà fait les demi-finales deux années de suite contre les Canadiens, qui avaient les Denis Potvin, Clark Gillies, Billy Smith : le noyau était déjà là», a-t-il observé.

Quelques années plus tard, les Islanders remportaient quatre Coupes Stanley de suite. Et Bossy, lui, a remercié les Islanders en alignant neuf saisons de 50 buts.

Une confiance absolue 

S’il est un trait de caractère qui semble avoir fait la différence dans le parcours du buteur montréalais, c’est sa confiance. Bossy ne semblait absolument pas douter de sa capacité à marquer des buts, et à en marquer beaucoup, peu importe le niveau.

D’ailleurs, avant d’arriver à la LNH, son objectif de carrière était simple, mais ambitieux : faire aussi bien, sinon mieux que Guy Lafleur, qui faisait flèche de tout bois avec le glorieux CH des années 1970. Il avait d’ailleurs battu son record de buts dans la LHJMQ.

«Je savais que si je voulais être reconnu comme un grand ailier droit dans la Ligue nationale, il fallait que j’aie Guy Lafleur dans le viseur», a-t-il expliqué.

Puis, il y a aussi l’orgueil. Parce que lors de ce fameux repêchage de 1977, il en avait entendu des vertes et des pas mûres à son sujet. Des évaluations ratées par les dépisteurs qui ont fait en sorte qu’il a été sélectionné «seulement» au 15e rang même s’il était un joueur absolument dominant dans les rangs junior.

«Ça, c’est quelque chose qui m’a motivé par la suite, tout au long de ma carrière, a-t-il admis. On disait que je n’étais pas capable de jouer défensivement, on disait que je ne patinais pas assez vite, on disait que je n’étais pas assez physique, et j’étais fragile.»

Finalement, le Québécois a marqué 573 filets en 752 matchs dans la LNH et il sera à jamais reconnu comme l’un des plus formidables buteurs de l’histoire du hockey. Tant pis pour les 12 équipes qui l’auront ignoré!

Voyez le segment complet en vidéo principale.