Canadiens de Montréal

Pourquoi si peu pour Patrick Roy?

Pourquoi si peu pour Patrick Roy?

Félix Séguin, TVA Sports

Publié 02 décembre 2020
Mis à jour 02 décembre 2020

Depuis 25 ans, je me pose la même question lorsque je pense à la transaction qui a envoyé Patrick Roy à l’Avalanche.

Pourquoi les Canadiens ont dû se contenter de Jocelyn Thibault, Martin Rucinsky et Andrei Kovalenko en retour de l’un sinon le meilleur gardien de la LNH à cette époque? 

Thibault, je comprends et je suis d’accord. Il était un gardien promis à un bel avenir. Il devait être de la transaction. Cependant, Rucinsky avait des aptitudes offensives, mais sans plus alors que Kovalenko avait des ennuis avec sa constance et l’Avalanche cherchait à s’en départir depuis un certain temps.

Mais rien d’autre.

Pas de choix de premier tour? Au moins un. Non?

Aucun espoir de l’organisation de l’Avalanche comme l’étaient à l’époque Marc Denis, Chris Drury ou Milan Hejduk?

Aucun jeune joueur qui était déjà avec l’Avalanche comme Adam Deadmarsh (20 ans), Mike Ricci (23 ans), Adam Foote (24 ans) ou Chris Simon (23 ans)?

Aucun joueur important de l’Avalanche? D’accord, peut-être pas Joe Sakic ou Peter Forsberg, mais au moins des vétérans comme Valeri Kamensky, Claude Lemieux ou Scott Young.

Non. Rien d’autre.

Les Canadiens ont dû se satisfaire de Thibault, Rucinsky et Kovalenko. Et en plus, Montréal a inclus le valeureux Mike Keane dans la transaction.

J’aurais aimé que les Canadiens créent une surenchère pour Patrick Roy. D’accord, la haute direction voulait l’échanger et Patrick voulait partir. Je comprends cette situation toxique. Toutefois, en retour, l’équipe avait le devoir d’aller chercher le maximum pour les services du célèbre no 33.

À l’époque, des équipes comme les Red Wings de Detroit se cherchaient un gardien de but de la trempe de Roy. Imaginez si l’Avalanche et les Red Wings avaient été en compétition pour obtenir Roy. D’autres équipes auraient aussi fait des pieds et des mains pour acquérir Roy.

Mais non.

Roy voulait jouer pour l’Avalanche et pour son ancien agent, Pierre Lacroix, qui était devenu le DG. De leur côté, les dirigeants des Canadiens, qui étaient remplis de bonnes intentions, ont voulu faire plaisir à Roy et ils ont senti le besoin d’agir rapidement.

Ce fut une erreur.

Pourtant, trois ans auparavant, les Nordiques de Québec avaient donné l’exemple en échangeant Eric Lindros. Ce dernier ne voulait pas jouer à Québec et les Nordiques ont pris leur temps et ce fut un coup de génie.

Il y a eu surenchère.

Ainsi, en cédant Lindros aux Flyers de Philadelphie, ils ont obtenu Peter Forsberg, Steve Duchesne, Ron Hextall, Mike Ricci, Kerry Huffman, Chris Simon, deux choix de premier tour au repêchage et 15 millions de dollars.

Lindros n’avait pas joué un seul match dans la LNH.

Roy, lui, avait 30 ans. À son palmarès, il avait déjà deux coupes Stanley, deux trophées Conn-Smythe, trois trophées Vézina et quatre trophées Jennings.

Il est logique de penser que les Canadiens auraient pu obtenir davantage et beaucoup plus que Thibault, Rucinsky et Kovalenko si Roy avait été offert à toutes les équipes de la LNH.

Cette transaction demeure l’une des pires dans l’histoire des Canadiens et également l’une des pires dans l’histoire de la LNH.