Patric Laprade

Pat Patterson, le Québécois le plus influent dans l’histoire de la lutte

Pat Patterson, le Québécois le plus influent dans l’histoire de la lutte

Patric Laprade

Publié 02 décembre 2020
Mis à jour 02 décembre 2020

C’est à titre de tout premier champion Intercontinental que Pat Patterson a été présenté à la foule du Centre Bell de Montréal en septembre 2009 lors de la présentation de l’événement à la carte Breaking Point de la WWE. La réaction de la foule aurait été probablement plus éloquente s’il avait été présenté comme l’une des personnes les plus importantes et les plus influentes de l’histoire de la lutte.

En effet, Patterson était le bras droit de Vince McMahon durant l’expansion de la WWE dans les années 80, fort de sa carrière dans la lutte qui a duré plus de 50 ans.       

«Il y avait McMahon et après c’était lui, rappelle Gino Brito. Pour un Québécois, c’est toute une position.» 

Raymond Rougeau, qui travaille depuis longtemps pour la WWE, abonde dans la même direction. 

«Pour le côté créatif, Pat était un joueur clé. Aujourd’hui, il y a toute une équipe, mais à l’époque c’était Pat et Vince, c’est tout, explique Raymond. Ils pouvaient s’asseoir pendant 16 heures de temps ensemble pour préparer les scénarios. Deux personnes passionnées par la lutte.» 

Patterson est d’ailleurs le créateur du Royal Rumble, le deuxième événement en importance chaque année à la WWE après WrestleMania. 

«Nous avons eu un meeting un soir, un meeting pour un spécial pour le USA Network, me racontait Pat il y a quelques années. Nous étions avec Dick Ebersol, le président de NBC Sports, qui travaillait parfois avec nous pour les événement du samedi soir. Il fallait faire un spécial de trois heures. Il y a de quoi qui manquait dans le show, alors Vince dit : ‘Pat, racontes-y donc ton idée, ton **** d’idée que t’avais.’ Dick Ebersol, il a aimé ça comme un fou. Vince a dit : ‘Ok, t’aimes ça ? Pat écrit le Rumble.’ Je l’ai tout monté tout seul le premier soir. Je n’ai pas inventé le nom par exemple, on avait un département à l’office dans ce temps-là au Connecticut. C’était des gars à qui on disait quelle sorte de combat c’était pour être. On ne voulait pas bataille royale, ils sont arrivés avec Royal Rumble, c’était parfait !»

Pour sa part, Guy Hauray, qui a longtemps animé la lutte au Québec en tandem avec Édouard Carpentier dans les années 1980, accorde à Patterson une crédibilité sans borne.

«Un personnage avec qui je n'ai que de bons souvenirs, le vrai, VRAI bras droit de Vince. Il avait une pression incroyable, il devait toujours ménager la chèvre et le chou entre l’office et les lutteurs.» 

C’est un rôle ingrat, mais combien important que Patterson remplissait, soit celui d’être la voix de Vince sur le plancher et sur la route avec les lutteurs et les autres membres du personnel. Il pouvait enguirlander un lutteur de la trempe de Randy «Macho Man» Savage par exemple, lorsque celui-ci arrivait en retard pour enregistrer ses entrevues. Mais il avait le respect des lutteurs, un respect qu’il s’est gagné au fil des années, avec des scénarios et des idées qui venaient rehausser la carrière de chacun. 

«Ce qui est intéressant avec Pat, c’est que toi, tu vas penser à quelque chose pour ce soir, mais lui il va penser six mois en avance en même temps», ajoute Gino Brito. 

Le mot génie est souvent utilisé quand on fait référence aux qualités requises pour faire le boulot que Patterson faisait. D’autres vont employer des termes tout aussi élogieux. 

«Il est le jedi de la lutte. C’est l’homme le plus brillant que j’ai jamais rencontré dans la lutte. Il m’a montré 90% de tout ce que je sais sur comment monter un combat de lutte. Quand j’ai commencé à lui poser des questions, je n’avais aucune idée de mon ignorance sur le sujet», raconte Chris Jericho, multiple champion du monde de la WWE, dans sa seconde biographie Undisputed

Cette présence québécoise à la WWE n’est pas unique et son poste est certainement directement lié au succès des Québécois au sein de l’organisation.

«Pat Patterson n’a jamais oublié ses racines. Que ce soit Rick Martel, Dino Bravo, Pierre-Carl Ouellet ou Jacques Rougeau, nous lui devons tous un gros merci de nous avoir fait confiance», expliquait Jacques Rougeau au Journal de Montréal lors d’une entrevue en 1995. 

D’ailleurs Patterson jouera 10 ans plus tard un rôle tout aussi, sinon plus grand, dans la carrière de Sylvain Grenier. C’est le même son de cloche pour Marc Blondin qui fut longtemps l’homme qui présentait les entrevues pour le marché de Montréal à la télévision.

«C’est avec lui que je travaillais, car c’était l’agent à Montréal. C’est lui qui me disait quoi faire et quoi dire. C’est certainement grâce à lui que j’ai monté au sein de la WWF.» 

Une cible parce qu’il était gai      

Mais avant tout, Patterson reconnaissait le talent et le potentiel. Si un Québécois avait du talent, il n’avait pas de problèmes à lui faire confiance. Mais si un autre en avait moins, il n’allait pas faire d’exceptions pour lui. Ce qui a mené à plusieurs rumeurs à son sujet, toutes non-fondées, souvent de la part de ceux qui n’avaient pas été embauchés par la WWE.

C’est qu’il faut savoir que Patterson était gai. C’était un secret de polichinelle dans le monde de la lutte et des amateurs les plus assidus. Mais Patterson lui-même n’en parlait pas. Il en a parlé publiquement pour la première fois lors de sa présence à l’émission Legends House en 2014 sur la chaîne de la WWE, un semblant de téléréalité avec d’autres anciennes légendes de l’organisation. Puis ensuite, il en a parlé dans son autobiographie, Accepted, écrite par le Québécois Bertrand Hébert et publiée en 2016. Il raconte entre autres que les relations avec son père ont été difficiles après qu’il en ait parlé à ses parents. Mais dans le monde de la lutte, c’était relativement bien accepté par la majorité des gens, parce qu’il avait du talent à revendre et aucun promoteur ne voulait s’en priver. En contrepartie, son homosexualité devenait une cible facile pour ceux qui étaient frustrés de ne pas avoir été embauché par la WWE. 

Malgré cette carrière incroyable, Patterson est peu reconnu par les médias du Québec pour le rôle important qu’il a joué dans l’histoire de la lutte. Pourtant en 1994, lors de la retraite de Jacques Rougeau, il expliquait à La Presse en détails son rôle au sein de la WWF.

«C’est moi qui écris nos spectacles, qui prépare les scénarios pour les émissions de télévision, qui trouve les idées pour nos personnages. Il faut inventer, il faut avoir de l’imagination, il faut avoir des personnages qui permettent aux spectateurs et aux téléspectateurs d’avoir du plaisir, d’embarquer dans le spectacle comme on embarque dans un bon film!»

Encore aujourd’hui il est reconnu par tous comme l’un des meilleurs au monde pour préparer ou monter la fin d’un combat de lutte et travaille encore à temps partiel afin d’aider la WWE à progresser.

«Pat Patterson est possiblement la personne la plus créatrice de l’histoire de la lutte pour préparer une fin de combat», confirmait Bret Hart, ancien champion du monde, en entrevue à l’émission de radio Observer Live en 2000. 

«C’est pourquoi il avait été assigné à la finale de Wrestlemania XV», renchérit The Rock, en parlant de son match avec «Stone Cold» Steve Austin. 

«Si j’avais pu engager une seule personne de la WWF à l’époque de la guerre des lundis soirs, ça aurait été Pat Patterson», affirme celui qui était en charge de la WCW, Eric Bischoff.

Mais dans tout cela il ne faut pas oublier qu’avant d’avoir un rôle proéminent en arrière-scène, Pat Patterson a commencé sa carrière comme lutteur. 

À Boston, sans connaître un mot d’anglais      

Né Pierre Clermont le 19 janvier 1941 à Montréal, au coin des rues Frontenac et Rouen, il changera éventuellement son nom pour Pat Patterson des décennies plus tard. Membre d’une famille de neuf enfants, il avait la volonté d’améliorer sa condition de vie et c’est ce qui est certainement responsable de ses succès, lui qui est aujourd’hui plus que millionnaire.

Il apprend d’abord les rudiments du métier en 1958 aux célèbres Loisirs Saint-Jean-Baptiste, un peu avant que Pat Girard ne s’y installe comme entraîneur. Puis, il a commencé à travailler pour le promoteur Sylvio Samson, un des promoteurs les plus respectés au Québec. Mais il était très difficile à l’époque pour un Québécois de percer dans le domaine et de travailler pour le promoteur Eddie Quinn au Forum de Montréal, là où Patterson allait voir les vedettes de l’époque telles que Yvon Robert et Killer Kowalski. Plusieurs avant lui avaient dû s’exiler aux États-Unis pour y faire carrière. À 20 ans, il décide donc de partir pour Boston, alors qu’il ne parlait pas un mot d’anglais. 

Alors qu’il tentait de percer dans le métier, Maurice « Mad Dog » Vachon, reconnu pour avoir aidé plusieurs Québécois au cours de sa carrière, communique avec Patterson. Les deux s’étaient connus du temps que Patterson travaillait pour Samson. Vachon l’invite à Portland en Oregon, à l’autre bout du pays. Mais la distance fait hésiter Patterson qui ne répond pas à l’appel. Vachon lui renvoie une invitation en insistant davantage, sermonnant le jeune lutteur. Patterson décide donc de quitter Boston et ce fut le réel début de sa carrière. Patterson lui en sera toujours reconnaissant, insistant auprès de Vince McMahon pour que ce dernier intronise Vachon au temple de la renommée de la WWE. Patterson s’était chargé du discours d’intronisation. Sans Maurice, il n’y aura pas eu de Pat Patterson, disait-il. 

À cette époque, son côté créatif lui sert déjà alors qu’il porte un maillot rose, du rouge à lèvre et arrive à l’arène avec un chien poodle pour s’attirer les foudres des spectateurs, s’inspirant fort probablement d’une légende comme Gorgeous George qui avait une image similaire dans les années 1940. D’ailleurs, il utilisera des noms tout aussi évocateurs comme « Pretty Boy » Patterson et Lord Patrick Patterson. Malgré qu’il ait connu beaucoup de succès à Portland, c’est en Californie où il aura le plus grand impact, luttant pour le promoteur Roy Shire, qui fut l’influence principale de Patterson sur le côté créatif de l’industrie. C’est d’ailleurs Shire qui demanda à Patterson de se teindre les cheveux en blond pour ainsi faire équipe avec son ancien partenaire, Ray Stevens. 

En équipe avec Ray Stevens, sous le nom des Blond Bombers, ils vont dominer la division en équipe et tout le territoire dans les années 1960 et sont considérés encore aujourd’hui comme une des meilleures équipes de tous les temps. D’un bout à l’autre des États-Unis, que ce soit pour la NWA ou pour l’AWA de Verne Gagné, ils furent non seulement les champions, mais aussi l’équipe responsable de la force du territoire dans la région de San Francisco, qui incluait aussi les villes d’Oakland, Sacramento, San Jose et Fresno.

«Ils seront le modèle original sur qui plusieurs équipes seront copiées, comme Greg Valentine et Ric Flair dans les Carolines et également Steve Austin et Brian Pillman à la WCW», explique le journaliste Dave Meltzer. 

C’est d’ailleurs à San Francisco et en Floride qu’il commence à s’impliquer au niveau créatif, travaillant an arrière-scène avec des promoteurs chevronnés tels qu’Eddie Graham et Roy Shire. 

Dans les années 1970, il se lie également d’amitié avec la famille Maivia, faisant équipe avec Peter Maivia et le gendre de ce dernier, Rocky Johnson. Cette relation permettra 20 ans plus tard à un certain Dwayne Johnson de devenir l’une des plus grandes vedettes de l’histoire de la lutte sous le nom «The Rock». En effet, après l’avoir vu s’entraîner à Tampa, Patterson parla de Johnson à Vince McMahon. 

«J’avais demandé à Pat son opinion honnête à savoir si je pouvais percer dans l’industrie, raconte The Rock dans son autobiographie. Il avait souri en me disant simplement : ‘Tu vas être correct’. Venant de Pat ça voulait tout dire. 

«J’ai appelé Vince et je lui ai dit, tu ne le veux pas demain, tu le veux hier», racontait à son tour Patterson.

Ses débuts à la WWE      

En 1979, il rejoint enfin la WWWF (maintenant WWE) où il obtiendra plusieurs chances pour le championnat du monde détenu par Bob Backlund. Il devient aussi le champion Nord-Américain de la fédération face à Ted DiBiase, titre qui se changera de nom pour le championnat Intercontinental, instaurant un titre dont la tradition se poursuit encore aujourd’hui à la WWE. Il faut aussi souligner une grande rivalité face à Sgt. Slaughter, dont leur Boot Camp match de 1981 fut voté comme le match de l’année dans le monde de la lutte. 

C’est à cette époque qu’il revient au Québec, où il laissera une marque indélébile dans la mémoire des amateurs avec des combats impliquant la famille Rougeau.

«Pat Patterson, c’est un grand lutteur avec une psychologie hors du commun et un général dans l’arène. J’ai lutté tout l’été avec lui et malgré mon expérience, j’ai appris beaucoup. J’ai fait des combats d’une heure avec lui. Un gars professionnel et facile à travailler. Un gars crédible, mais avec qui tu ne te feras pas blesser», raconte Raymond Rougeau, son plus grand rival au Québec. 

Crédit photo : Linda Boucher

Patterson, qui a toujours eu le sens du spectacle et de la mise en scène défiait et bavait les Rougeau à la télévision en chantant des ritournelles en entrevue qui débutaient souvent par « Ne pleure pas Rougeau, à la zim boum boum à la zim boum boum, ne pleure pas Rougeau, je ne te ferai pas mal... ». 

«C’était facile. Je reviens au Québec, pis je viens lutter comme Pat Patterson et je suis Québécois, racontait le principal intéressé. Pat Patterson ce n’est pas vraiment québécois. J’ai pensé à avoir quelque chose de différent au Québec. J’ai pensé à Dusty Rhodes, dans son temps c’était ‘The American Dream’. Tiens, je vais m’appeler le rêve du Québec. Ils ne le connaissaient pas le ‘American Dream’ le monde du Québec. Ma carrière était aux États-Unis, mais je me suis dit pendant que je suis là, je vais avoir du fun. Aujourd’hui encore, je rencontre du monde de mon âge en Floride, du monde que je ne connais pas du tout. Ils me disent ‘C’est toi le maudit rêve du Québec !’ C’est le fun.» 

D’ailleurs, la chanson a été très importante pour lui. Une vidéo hommage fait par la WWE avait comme trame sonore la fameuse chanson de Frank Sinatra, My Way, mais chantée par Patterson lui-même! Il a même fait un CD pour ses proches et aimait se donner en spectacle dans des bars karaoké. 

Toujours pour la WWF, il tiendra un segment d’entrevue où il se moque des invités qu’il n’aime pas et glorifie ceux qu’il aime. « Le Brunch du rêve du Québec » est encore aujourd’hui l’un des segments que les amateurs se souviennent le plus. 

Il devient par la suite commentateur pour la WWF avant de prendre une retraite permanente en 1984 et de tranquillement devenir le bras droit de Vince McMahon suite au départ de George Scott.

«Ma vision de la lutte l’a impressionné. Il a appris beaucoup de moi. Comment la lutte devrait fonctionner, comment faire un combat, comment faire une finition. Il a commencé à prendre mes idées et on a commencé à travailler comme ça », expliquait-t-il.

Comme un père pour Sylvain Grenier      

Il fera un bref retour dans le ring en 1987 dans une rivalité face à Brutus « The Barber » Beefcake à Montréal, qui lui coûtera une bonne partie de sa chevelure blonde. À la fin des années 90 et au début des années 2000, les amateurs d’une nouvelle génération le découvriront alors qu’il joue un rôle plus humoristique, celui de l’un des subalternes de Mr. McMahon avec Gerald Brisco. Il aura d’ailleurs une rivalité avec ce dernier pour le championnat Hardcore.

«Même à 61 ans, Patterson était probablement le meilleur lutteur de la WWF pour être capable de faire réagir la foule dans un match d’une minute, explique Meltzer faisant référence à un combat entre Patterson et Brisco face à Pete Gas et Rodney en 1999. Il donnait des coups de poings comme ceux qu’on voit à l’UFC, mais sans jamais blesser ses adversaires. Il était aussi capable de vendre les coups comme peu de lutteurs arrivaient à le faire.»

Malgré qu’il n’avait plus la même influence qu’il y a 20 ans, il a continué à être actif dans les dernières années à titre de consultant, de conseiller pour la WWE. Il choisissait son horaire et prenait le temps de voyager à la place. Seul depuis le décès de son conjoint de longue date Louis, il adorait particulièrement les croisières. Il avait d’ailleurs été invité à prendre part à la croisière de Chris Jericho en 2018, pour faire entre autres la promotion de son livre. 

«Je suis content d’avoir pu contribuer à ce qu’il fasse une dernière tournée en faisant le tour des conventions avec lui», me disait Bertrand Hébert ce matin, alors qu’il venait tout juste d’apprendre la nouvelle de son décès. «Nous sommes allés à Philadelphie, New York, Minnesota, en Floride, même au Royaume-Uni.»

Localement, il a aussi aidé la promotion québécoise TOW, dirigée par Marc Blondin, Jean-François Kelly et Sylvain Grenier. J’ai d’ailleurs eu la chance de participer à un meeting où on parlait avec Pat des scénarios pour un des événements. Je me souviens avoir été très fier de moi lorsque Pat m’avait dit qu’il aimait une des idées que j’avais proposées. En 2013, il avait aussi participé aux enregistrements que la TOW avait produites pour tenter de ramener la lutte locale à la télévision. Pour l’occasion, la promotion avait ramené le «Brunch du Rêve du Québec». D’ailleurs, sa relation avec Grenier était celle d’un père et d’un fils. 

«J’ai perdu mon père en 1999 et j’ai fait la rencontre de Pat l’année suivante, me racontait Sylvain ce matin, alors que lui et Hébert étaient les deux Québécois les plus près de Pat dans les dernières années. Il a été comme mon deuxième père. Je ne savais pas qu’il était gai la première fois que je l’ai rencontré. Je voulais même le présenter à ma mère !»

Son foie, la cause officielle du décès      

Sylvain était d’ailleurs en Floride cette nuit, lorsqu’il a eu l’appel du médecin. 

Il y a quelques années, Patterson avait souffert d’un cancer de la vessie. Il était en rémission depuis, mais d’autres problèmes de santé étaient apparus. Il avait un début de démence, qui vient généralement avec des pertes de mémoire, et devait prendre des médicaments. Cela devenait de moins en moins prudent de le laisser voyager seul. Sa dernière présence à la WWE fut d’ailleurs au Royal Rumble en janvier dernier à Houston, accompagné par Grenier. Depuis le début de la pandémie, il demeurait à son condo à Hallandale en Floride, tout près de Miami. Il avait un pied à terre dans le centre-ville de Montréal, mais passait ses hivers en Floride. Il est revenu au Québec en septembre, mais il avait beaucoup maigri, ayant perdu environ 60 livres. 

Quelque chose n’allait pas.

À son retour en Floride, Grenier et lui ont cherché et trouvé une résidence pour personnes âgées de luxe avec soins infirmiers. Il y restait depuis une dizaine de jours quand le médecin a appelé Grenier, le 27 novembre dernier, pour lui dire que Pat était entré à l’hôpital suite à un caillot au foie. Une biopsie était planifiée pour vendredi de cette semaine. Mais lundi dernier, le médecin a appelé Grenier pour lui dire que s’il voulait le voir pour une dernière fois, c’était le moment. Grenier a pris l’avion mardi matin et à son arrivée Pat était déjà dans un coma. Vers 1h15 du matin, dans la nuit du 2 décembre, il est décédé, officiellement d’une insuffisance du foie. Le médecin pense qu’il avait un cancer, peut-être même généralisé, alors qu’il avait vu une tumeur sur l’un de ses poumons, mais étant donné que la biopsie ne s’est jamais faite, on ne le saura jamais. 

Il avait reçu un hommage à Montréal en mai 2015 après un enregistrement de Raw. L’hommage devait avoir lieu en 2012, mais le tout avait été annulé suite à la crise cardiaque de Jerry Lawler. On lui avait remis un chandail du Canadien de Montréal, de même qu’une magnifique plaque et il avait chanté My Way devant des amateurs qui en auraient pris encore. 

Vince McMahon lui rend hommage      

Patterson est membre du temple de la renommée de la lutte au Québec, a été classé parmi les 10 meilleurs lutteurs de l’histoire de la province, est l’un des rares Québécois faisant partie du temple de la renommée du Wrestling Observer et de celui de la WWE. 

Mais par-dessus tout, on remarque le respect que Patterson avait de la part du monde de la lutte, alors que plusieurs hommages lui ont été rendus sur les réseaux sociaux. Il était reconnu pour être un proche de la famille McMahon, étant même invité aux au 40e anniversaire de naissance de Stephanie il y a quelques années. Mais celui dont il était le plus près était Vince McMahon et son ami n’a pas manqué de lui rendre un dernier hommage sur son compte Twitter. 

«Pat Patterson était plus que le premier champion Intercontinental et le père du Royal Rumble. Il m’a aidé à construire la fondation de ce qu’est devenue la WWE. Son mentorat a aidé plusieurs carrières, sa créativité était tellement innovatrice et son amitié remontait le moral. Je t’aime Pat. Tu vas me manquer.»

Pat Patterson laisse dans le deuil cinq frères et sœurs, plusieurs neveux et nièces ainsi que plusieurs amis. 

Voyez le segment de Patric Laprade et de Rodger Brulotte avec Jean-Charles Lajoie dans la vidéo ci-dessus.