Canadiens de Montréal

«Je pense que ça aide tous nos attaquants»

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Impatient de reprendre le boulot, l’entraîneur adjoint du Canadien de Montréal Dominique Ducharme commencerait le camp d’entraînement demain matin. Il est toutefois bien conscient que l’impasse demeure entre la Ligue nationale de hockey (LNH) et les joueurs.

Si le circuit Bettman souhaite encore amorcer la prochaine campagne en janvier, le temps commence à manquer. En effet, un camp d’entraînement d’au moins deux semaines sera nécessaire, en plus d’une période de quarantaine pour les joueurs qui reviendront au pays. À voir en intégralité dans la vidéo ci-dessus.   

Dans cette optique, Ducharme, qui sera derrière le banc du Tricolore pour une troisième saison, a avoué que la préparation était particulièrement compliquée en raison des multiples inconnus.

«On a du travail à faire parce qu’on n’a pas les détails», a-t-il expliqué, lundi, lors d’une vidéoconférence. On travaille surtout sur ce qui s’en vient, mais c’est dur de planifier un camp d’entraînement quand tu ne sais pas le nombre de jours que tu vas avoir et dans quelles conditions les joueurs vont arriver. C’est plus par rapport à ce qu’on veut faire comme équipe cette saison qu’on regarde.»

La COVID-19 tape l’incruste  

Avec la pandémie de COVID-19, les façons de faire pourraient être modifiées pour éviter le spectre d’une saison écourtée et compressée. Cette réalité rend le défi encore plus grand, puisque les reports pourraient être difficiles en cas d’éclosion de la maladie.

«Des fois, on parle en début de saison de rester en santé et d’éviter les blessures. Là, on ajoute un élément de plus. Par contre, quand on a effectué le retour au jeu lors des séries éliminatoires, la ligue a fait un excellent travail et on espère que tout va bien se passer.»

Cet optimisme, Ducharme le doit également à cette longue période de réflexion dont peut profiter la LNH en analysant ce qui se passe dans d’autres circuits actuellement en action ou ayant tenu des activités cet été.

«On voit comment ça se passe dans les autres sports, comme la NFL. Il y a des équipes affectées, et ils doivent jouer avec le calendrier. Il faut voir les conditions quand on va revenir. C’est difficile de prédire ce qui va se passer. »

«De voir ce que la Ligue de hockey junior majeur du Québec [LHJMQ] fait, Hockey Canada, la NFL, le baseball majeur, ce sont des points importants dans la réflexion de la LNH.»

Le cas des Broncos de Denver, privés de tous leurs quarts-arrière dimanche, pourrait notamment être une leçon importante pour les équipes du circuit, notamment en ce qui a trait aux gardiens de but.

«On n’en a pas discuté de notre côté. Mais tous ces événements qui se passent dans les autres ligues peuvent servir à la LNH et aux équipes en particulier. Il va falloir regarder pour avoir un plan, non seulement avec les tests et l’isolement, mais aussi des façons de faire pour protéger notre équipe et éviter qu’on ait un trop grand nombre de joueurs [malades].»

Bonne décision  

Ayant déjà dirigé Équipe Canada junior lors du Championnat du monde junior de hockey en 2017 et 2018, Ducharme est bien évidemment au courant des plus récents développements survenus au camp de la formation nationale.

Deux joueurs présents ont en effet contracté la maladie, forçant la fédération à placer tous les membres de l’équipe en quarantaine pour 14 jours.

Il croit toutefois que le camp allongé était justement une façon de tacler ce genre de situation.

«Je pense qu’ils font toujours bien les choses, avec l’entrée [d’André] Tourigny comme entraîneur-chef notamment. C’est une bonne décision d’arriver plus tôt au camp. Ça leur a donné le temps justement de régler une telle crise à l’interne. Étant donné qu’il y a beaucoup de joueurs qui ne jouaient pas au pays – il n’y avait que la LHJMQ qui dispute une saison –, ils ont pris cette opportunité-là. Ça leur donne le temps de bien se préparer.»

Des ajouts qui feront du Canadien une équipe plus dangereuse 

Les nouvelles acquisitions du directeur général Marc Bergevin ne changeront pas le visage du CH, mais donneront assurément des outils très utiles aux entraîneurs.

C’est du moins l'opinion de Ducharme. Rappelons que Bergevin a ajouté Jake Allen, Joel Edmundson, Josh Anderson et Tyler Toffoli au club au cours de la saison morte.

L’adjoint de Julien croit que les nouveaux venus viendront ajouter de la vitesse et du talent à l'offensive qui pourraient rendre l’avantage numérique plus dangereux. Il estime que son patron a ajouté des pièces qui complémentent bien le noyau en place.

«Ça amène de la variété, a-t-il fait valoir en vidéoconférence. Ce sont des joueurs un peu différents des joueurs déjà en place, que ce soit par le physique ou la qualité pour marquer des buts. Je ne crois pas qu’on va tout changer offensivement, mais ce sont des outils qui vont amener des atouts sur le plan offensif.»

L’arrivée de Toffoli et d’Anderson permettra notamment à la formation d’équilibrer la force de ses quatre trios offensifs.

«Je pense que ça aide tous nos attaquants. On a quatre trios très intéressants. Donc, ça va donner des options à l'entraîneur pour trouver les combinaisons qui fonctionnent le mieux. Et en même temps, on devra le faire rapidement, mais on a des options.»

Pas de chamboulements 

Par ailleurs, Ducharme n’est pas trop inquiet à l’idée de la mise en place d’une section canadienne, qui pourrait voir le jour en raison des contraintes frontalières actuelles entre le Canada et les États-Unis.

L’ancien pilote des Mooseheads de Halifax ne croit pas que cette réalité changera son boulot.

«C’est un travail que je faisais déjà: connaître les autres équipes, a-t-il dit. On profite de ces moments-là pour regarder ce que nous faisons, mais aussi regarder ce que les autres font. On le considère dans notre préparation, c’est certain, mais on n’a aucune certitude sur la façon que ça va fonctionner.»

«Ce n’est pas si différent. Il y a des bonnes équipes au Canada, il y en a dans les autres sections. Des fois, c’est le style de jeu qui est un peu différent d’une équipe à l’autre. À partir de là, c’est à nous d’être meilleurs, de jouer à notre façon pour connaître du succès.»