Alexander Romanov

Crédit : Photo tirée de INSTAGRAM, Canadiens de Montréal

Canadiens de Montréal

«Personne ne réalise à quel point il est fort»

Publié | Mis à jour

Gary Bettman a indiqué récemment que le 1er janvier est toujours la date envisagée pour relancer les activités de la LNH. Est-ce un vœu pieux ou un souhait réalisable ?

Difficile à dire face à la pandémie qui tarde à s’essouffler. Néanmoins, dans les coulisses du Centre Bell, on se prépare comme si cette date était coulée dans le béton.

«On aimerait bien amorcer la prochaine saison au début de 2021. C’est certain que c’est d’abord la sécurité et la santé de tous qui comptent. Mais je crois que si la LNH nous demande d’organiser une saison à Montréal, c’est certain que nous serons capables de le faire avec la collaboration de tous. J’en suis persuadée», a déclaré France Margaret Bélanger.

La vice-présidente exécutive, chef des affaires commerciales du Groupe CH, a fait cette déclaration mardi soir en marge de la deuxième édition de la soirée Hockey 911, un événement caritatif visant à soutenir les soins critiques à l’Hôpital général de Montréal.

Même si la soirée virtuelle se déroulait sous la thématique Urgences en séries éliminatoires, et que Shea Weber, Brendan Gallagher et Nick Suzuki ainsi que les entraîneurs Claude Julien et Kirk Muller étaient les invités, c’est surtout l’intervention de Mme Bélanger qui a retenu l’attention.

Faisait-elle allusion à la possibilité que Montréal soit retenue comme ville-bulle par les autorités du circuit? Difficile à dire puisqu’il était impossible de la relancer sur cette déclaration.

Plans de contingence

Villes bulles rotatives, matchs à huis clos ou avec spectateurs ? À ce propos, Mme Bélanger a indiqué que tous les scénarios ont déjà été envisagés et qu’un plan de match a déjà été établi pour chacun d’eux.

«Nous allons respecter les règles qui seront mises en place par les autorités sanitaires, mais nous aimerions accueillir des partisans le plus rapidement possible», a-t-elle souhaité.

«On sera prêt, c’est certain. On a déjà des plans de contingence. Que ce soit pour un petit nombre de partisans, 4000, 5000 ou 21 302 spectateurs. On aura beaucoup de mesures au niveau sanitaire et au niveau de la sécurité. On a des plans dans lesquels des sections du Centre Bell seraient seulement accessibles aux groupes qui seraient assis dans ces sections afin que les gens ne se croisent pas dans les corridors», a-t-elle énuméré.

Du pain sur la planche

Dans les bureaux du Centre Bell, tout le monde semble prêt. Ne reste plus qu’aux joueurs à emboîter le pas. Et lorsque la LNH et les autorités gouvernementales leur signaleront le coup d’envoi, ils devront rapidement se mettre à la tâche.

«Le défi sera grand. Habituellement, il faut du temps pour s’acclimater à un nouvel environnement. Avec la saison écourtée, nous n’aurons pas de temps à perdre. On aura beaucoup de travail à faire pour intégrer tous ces nouveaux visages», a laissé entendre Gallagher.

Parlant de nouveaux venus, nombreux sont ceux qui ont hâte de voir si Alexander Romanov répondra aux attentes, qui semblent de plus en plus grandes à son égard.

On ne peut jamais être certain avant d’avoir vu un athlète en action. Ce qui n’empêche pas Gallagher d’être sans équivoque à l’endroit de la recrue.

«Il est bon et fort. Personne ne réalise à quel point il est fort. Il aura un impact au sein de l’équipe. Il est affamé, il veut jouer dans la LNH. Dans la bulle, il a travaillé sans relâche même s’il savait qu’il ne jouerait pas. On l’a tous remarqué. Et, physiquement, il est prêt.»

Gallagher a encore toutes ses dents

Urgences en séries éliminatoires. Évidemment, le thème de la soirée de mardi faisait allusion aux différentes mésaventures qu’a vécues le Canadien au cours des quelques semaines qu’il a passées à Toronto.

Du malaise cardiaque de Claude Julien aux blessures de Brendan Gallagher, le parcours éliminatoire du Tricolore n’a pas été banal.

«J’ai été blessé dès le départ, a mentionné Gallagher, évoquant la déchirure à une hanche subie au premier tour. Puisque je devais sortir de la bulle pour passer des radiographies, j’ai dû enfiler un habit de protection complet. C’était une expérience assez unique.»

Le fougueux attaquant n’était pas au bout de ses peines. La séquence au cours de laquelle il a reçu un double échec de Matt Niskanen en plein visage a été marquante. Autant pour la sévérité du coup que pour la réaction de l’Albertain.

La bouche ensanglantée, il n’a pas cessé d’invectiver les joueurs des Flyers. Non sans avoir, au préalable, enguirlandé les officiels. Une réaction qu’Alain Vigneault n’avait pas manqué de souligner dès le lendemain, remettant du même coup en doute la sévérité de la blessure de Gallagher.

«Dès que j’ai reçu le coup, j’ai su que quelque chose clochait avec mes dents. Mais je devais m’assurer de faire savoir aux arbitres que j’étais furieux», a lancé l’athlète de 28 ans, sourire en coin.

Près de trois mois après avoir subi une fracture de la mâchoire, il assure n’avoir que très peu de séquelles de cette mésaventure.

«Je m’estime chanceux. J’ai encore toutes mes dents. Par contre, certaines sont en train de mourir.»

En dépit de la douleur

Il a tout de même admis que sa mâchoire le fait parfois souffrir le matin, surtout par temps maussade. Ce qui n’est rien, a-t-il précisé, à comparer à la main qu’il s’est fait fracturer à deux occasions.

«Je sais quand il va neiger. Je ressens de la douleur. D’ailleurs, je ne serai jamais capable de retrouver la pleine motricité de ma main, mais je suis capable de tenir mon bâton.»

Gallagher a raconté avoir toujours été dur avec son corps. Même au cours de son ascension dans le hockey mineur. Toutefois, il ne cache pas que Josh Gorges, qui l’a hébergé à son arrivée avec le Canadien, et Brian Gionta l’ont inspiré à faire fi de la douleur.

«Il y a une différence entre être blessé et avoir mal. Le seuil de tolérance à la douleur est différent d’un individu à l’autre. Je me souviens d’avoir vu Georgy être incapable de marcher dans la maison et Gionta être meurtri de partout. Ça ne les empêchait pas de jouer. Je pense que lorsque tu démontres que tu peux combattre la douleur, tu gagnes beaucoup le respect de tes coéquipiers.»

Et celui des partisans.