Impact de Montréal

Dans la tête de Thierry Henry

Dans la tête de Thierry Henry

Vincent Destouches

Publié 17 novembre
Mis à jour 17 novembre

La première saison de Thierry Henry à la barre de l’Impact de Montréal restera à jamais frappée du sceau de la COVID-19.

«Je n’ai pas peur de le dire : de toute ma carrière de footballeur et de ma petite carrière d’entraîneur, c’est la chose la plus difficile que j’ai eu à gérer, là, cette année, cette saison. Sur les plans émotionnel, professionnel, personnel...»

Des mots forts prononcés par un homme qui pèse toujours ses mots. Mais, au cours d’une entrevue-fleuve de 40 minutes avec TVA Sports, l’entraîneur-chef de 43 ans s’est livré sans détour, avec générosité et honnêteté, sur les aléas de la saison du Bleu-Blanc-Noir, mais aussi sur sa vision du métier d’entraîneur et sur certains traits de sa personnalité.    

De ce point de vue, le monde ne soupçonne peut-être pas à quel point Henry est dur... avec lui-même. Et il l’avoue, mais du coin de la bouche, car il est moins à l’aise et volubile lorsque vient le temps de parler de lui.

«Je suis tellement exigeant avec moi-même que je demande la même exigence à tout le monde. À mes yeux, oublie le talent. Si tu ne mets pas l’envie sur la table, reste chez toi.»

Ce degré d’exigence a déjà permis, cette saison, de rehausser les standards au sein d’un club en proie à la médiocrité depuis quelques saisons. Mais, derrière ce mur d’exigence, il y aussi un (jeune) entraîneur qui veut sincèrement aider ses joueurs à s’améliorer.

«Comment tu peux apporter au joueur? Comment tu peux le rendre meilleur? Quand tu regardes Amar Sejdic cette année, quand tu regardes son évolution... En tant qu’entraîneur, tu peux être content.

«Sam Piette aussi! Sam qui joue beaucoup plus haut, Sam qui a finalement marqué un but, Sam qui se retrouve tout le temps dans les bons coups, Sam qui est toujours là... Il va vers l’avant, il joue vers l’avant. Il se tourne, il demande la balle. "Quel impact as-tu eu sur eux?" est une question essentielle pour un entraîneur. Après, quand tu ne gagnes pas, les gens pensent que tu es nul. C’est la loi du sport.»

Alors que la fin de cette année 2020 approche, Henry et son groupe peuvent déjà dire qu’elle a été riche en apprentissages.

«Sur le plan humain, j’ai beaucoup appris cette saison. À certains moments, il fallait être le père Fouettard, d’autres fois l’avocat, le père, la mère, l’avocat du diable... Parfois il fallait leur rentrer dedans, à d’autres moments il fallait les laisser tranquilles. J’ai beaucoup appris. Sur le plan humain, ç’a été dur, mais ça nous a soudés. On s’est sortis de cette épopée en restant un peu plus soudés. Je pense que, pour le futur, les gars ont appris sur eux-mêmes en tant qu’hommes, et c’est super important.»

Retrouvez une version longue de cette entrevue avant le match de séries éliminatoires entre l’Impact de Montréal et le Revolution de la Nouvelle-Angleterre, vendredi dès 18h.