Canadiens de Montréal

«Prépare-toi, ça va sauter»

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Un journaliste n'oublie jamais ses meilleurs scoops. 

Le 16 octobre 1995, les Canadiens de Montréal annonçaient un grand nettoyage. Le directeur général Serge Savard, l’entraîneur-chef Jacques Demers, l’adjoint au DG André Boudrias et le pilote du club-école à Verdun, Carol Vadnais, étaient congédiés.  

C’est Yvon Pedneault qui a appris la nouvelle avant tous les autres journalistes à l’époque. Le membre du Temple de la renommée du hockey a raconté l’anecdote, lundi, lors de l’émission Dave Morissette en direct. Renaud Lavoie prenait également part à cet entretien. 

«Je suis sur le pont Champlain, a raconté Pedneault. On annonce une conférence de presse au Forum. Moi, j’écoute mes compétiteurs à la radio. Je fais un appel. Le gars dit : "Prépare-toi, ça va sauter. Savard congédié, Demers congédié, Carol Vadnais congédié." Ils sont tous congédiés!

«Moi je travaillais à Radio-Canada à l’époque. À Radio-Canada, quand tu veux brasser les murs, ça peut être compliqué. Et là, j’appelle Simon Durivage. Je dis : "Simon, écoute-moi bien là, faut que tu ailles en ondes." Il est allé en ondes pour annoncer que je venais de lui confirmer le tout. Et ç’a été annoncé une heure plus tard.» 

Annoncer une nouvelle d’une telle ampleur est un moment assez angoissant pour tout journaliste. Du moins, c’est le cas de Renaud Lavoie, qui est nerveux chaque fois qu’il dévoile des informations en primeur. 

«Moi, quand quelqu’un me donne une information béton et que c’est le temps de tweeter, je te le dis, j’en shake. T’as tout le temps un doute, tu ne veux jamais te tromper», a-t-il confié. 

Lavoie avait failli tout lâcher   

Couvrir les Canadiens est un métier qui a bien changé au fil du temps. 

Lavoie se souvient d’une époque où ça jouait du coude dans le milieu, et certains confrères plus ou moins agréables pouvaient saper son moral.

«Je n’ai pas eu de problème avec 99% des gens affectés à la couverture des Canadiens, mais je vais te dire une chose : un jeune qui rentre aujourd’hui faire la couverture du Canadien de Montréal alors qu’il n’a jamais fait ça de sa vie n’aura pas à vivre une certaine forme de compétition malsaine. 

«Je ne veux pas utiliser le mot bullying parce que c’est un petit peu trop fort. À cette époque, comme dans un club de hockey, t’avais tout le temps peut-être 2-3 gars qui jouent aux tough et ces 2-3 personnes-là, qui ne sont plus là aujourd’hui, font en sorte que c’est désagréable.» 

Alors à l’emploi d’un autre média sportif québécois, Lavoie avait presque remis sa démission, mais c’est le regretté Paul Buisson qui l’en avait dissuadé. 

«Paul savait à quel point ça m’affectait. Et il m’avait dit : "Écoute-moi bien mon petit c..., tu t’en vas nulle part, et t’es mieux de ne pas lâcher."» 

Voyez la discussion complète entre Dave Morissette, Yvon Pedneault et Renaud Lavoie dans la vidéo ci-dessus. Pedneault raconte également comment Jean Béliveau l'a accueilli dans le vestiaire du CH lors de sa première affectation à la couverture de l'équipe.