LHJMQ

«C’était comme irréel» -Patrick Roy

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Inactifs au calendrier régulier depuis un mois et demi, les Remparts de Québec ont tout de même trouvé une manière de gagner du galon pendant cette pause forcée, estime Patrick Roy, qui sent un vent de positivisme déferler chez ses troupes à une semaine du début de l’action dans la bulle du Centre Vidéotron.

Les Remparts font partie des sept équipes en zones rouges (NDLR : la participation des Saguenéens de Chicoutimi n’est pas encore officielle puisque l’équipe attend le résultat de tests de dépistage) qui participeront à ce projet d’environnement protégé de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

La région de la Capitale-Nationale ayant été placée en alerte maximale au début octobre, ce qui interdit la pratique des sports collectifs, les Remparts (1-0-1) ont dû se contenter de seulement deux matchs jusqu’ici, tous deux disputés lors du week-end d’ouverture les 3 et 4 octobre.

Si l’entraîneur-chef et directeur général est impatient de voir comment ses hommes se comporteront après une aussi longue période sans jouer, les nombreuses séances d’entraînement des dernières semaines ont permis à l’équipe de faire un pas en avant, selon lui. À l’instar des autres clubs, les Diables rouges disputeront six rencontres en 11 jours, du 17 au 27 novembre, démarrant potentiellement leur aventure dès la première journée.

«Hier [mardi], c’était comme irréel pour les gars, et aujourd’hui [mercredi], j’ai senti que les gars réalisaient que les chances qu’on joue notre premier match étaient dans moins d’une semaine. C’est une motivation additionnelle et c’est un bon "feeling", a d’abord commenté Patrick Roy en visioconférence, mercredi.

«Il y a une progression qui s’est faite, mais j’ai hâte de le voir dans les matchs. J’aime ce que je vois en pratique, et asteure, il faut l’amener dans les matchs. On a pratiqué les aspects individuels et au niveau collectif, c’était tout ce qui entoure les séquences de jeu. Comme on n’avait pas de contacts, j’ai hâte de voir comment on va répondre à l’aspect physique.»

Joueurs prêts 

Le capitaine Thomas Caron n’a pas caché que ses coéquipiers et lui attendaient cette reprise avec impatience. Sans dire qu’ils avaient levé le pied dernièrement, il n’y a rien de mieux que de connaître l’avenir pour se préparer avec toute la motivation nécessaire.

«On est très contents [...] Un moment donné, c’est lourd sur le moral de juste pratiquer. Cela dit, on a réussi à garder ça le fun avec des activités d’équipe, des tournois amicaux sur la glace [...] Je crois que ça prendra deux, trois "shifts" max pour retrouver notre synchronisme», a lancé l’attaquant de 20 ans.

Caron ne voit pas d’inconvénients à loger dans un hôtel. Le Bonne-Entente et le Delta logeront les clubs, joueurs et membres du personnel compris, de la bulle. C’est aussi là qu’ils suivront leurs séances d’études et qu’ils pourront se détendre, notamment en jouant aux jeux vidéo, entre les matchs.

«On était prêts à tout pour jouer au hockey. Les gars seront encore plus réunis et ça va être un plus pour nous pour la chimie d’équipe», a assuré Caron.

Coup de chapeau 

La délégation des Remparts comptera un total de 30 personnes qui se soumettront à un test de dépistage de la COVID-19 vendredi en vue de l’entrée officielle dans le nid à partir du lundi 16 novembre. La LHJMQ et la Santé publique ont autorisé un maximum de 34 individus (25 joueurs) par club. Une fois dans la bulle, ils devront se prêter à des tests tous les trois jours.

Roy a d’ailleurs salué les efforts déployés pour la réalisation de ce projet qui engendrera des «coûts importants», selon le commissaire Gilles Courteau. La Ligue n’a pas voulu donner plus de détails, des négociations étant toujours en cours en lien avec l’événement. Pour le grand manitou des Remparts, le succès de la bulle pourrait ouvrir la porte à d’autres plans similaires en fonction de l’évolution de la crise sanitaire.

«Il faut trouver une façon de jouer qui va faire en sorte que la Santé publique va être confortable et que tout le monde se sente en sécurité [...] On va démontrer que la bulle peut être protégée et l’expérience en dira long sur ce qui peut se passer pour la suite», a dit Roy qui entend utiliser l’ensemble de son effectif.

Européens: Roy persuadé de régler le litige 

Patrick Roy se dit optimiste que les hockeyeurs finlandais des Remparts pourront effectuer leurs débuts avec leur nouvelle équipe lorsque l’action s’amorcera dans la bulle.

Les cas d’Aapo Siivonen et de Viljami Marjala ainsi que ceux des autres joueurs européens dans la LHJMQ (Mikhail Abramov, Vasily Ponomaev et Yaroslav Likhachev) ayant réussi à entrer au Canada malgré les restrictions frontalières en vigueur sont analysés par la Ligue canadienne.

Les deux joueurs des Remparts ont franchi les douanes avec un permis de travail en poche après l’intervention d’une firme d’avocats de Toronto. Idem pour Abramov, des Tigres, et pour Likhachev, de l’Armada. Dans le cas du premier, ce sont les Maple Leafs de Toronto, qui l’ont repêché en 2019, qui se sont chargés du dossier. Quant à Ponomaev, il a obtenu la bénédiction des services frontaliers grâce à son père qui œuvre parmi le personnel d’entraîneurs des Cataractes.

Sans le dire ouvertement, la LHJMQ et la LCH craignent que ces permis nuisent au processus judiciaire en cours concernant le recours collectif qui réclame le statut de salariés pour les joueurs.

«Que ce soit avec un visa [de visiteur] ou un permis de travail, ça ne change rien, c’est juste une entrée pour venir jouer dans la LHJMQ. Ma compréhension, c’est que tu peux entrer avec un permis de travailleur tout en restant avec ton statut d’amateur», a expliqué le directeur des opérations hockey du club québécois.

Pas une histoire de rancune 

Roy ne croit pas que ses déclarations incendiaires envers la LCH et son président Dan MacKenzie aient provoqué cette impasse.

«J’espère que non [...] La Ligue ne nous empêchait pas de les rentrer de quelconque façon. On a procédé comme les quatre autres joueurs [NDRL : trois en excluant Egor Serdyuk qui a passé l’été au Québec], et par la suite, les règles ont comme changé par mémo. J’ai eu des discussions avec M. Courteau et je sens que la ligue nous supporte dans ces démarches», a soutenu le «33».