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Tiger Woods partage une rare histoire

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AUGUSTA - Il y a 19 mois, Tiger Woods effectuait l’un des plus glorieux retours dans le cercle des grands champions de l’histoire du sport. Du même coup, cette étreinte avec son fils Charlie à la sortie du 18e vert sous les applaudissements avait fait fondre les cœurs de pierre. Le «Tigre» est de retour sur les lieux d’une mémorable victoire qu’il n’oubliera jamais.

«J’en ai encore la chair de poule», a lâché d’entrée de jeu le champion en titre en conférence de presse de mardi.

«C’était toute une bataille et une épreuve de force de s’accrocher à la tête. Francesco [Molinari] était en contrôle, et puis la scène au 12e a tout fait basculer, s’est-il remémoré en évoquant la balle à l’eau de l’Italien. J’ai ensuite enchaîné des oiselets. Je le répète, cette histoire me donne la chair de poule.»

«Quand je montais en direction du vert du 18e trou, je voyais ma famille, ma mère, mes enfants et tous ceux qui m’ont appuyé dans les moments difficiles, a-t-il enchaîné. Il ne fallait pas que je l’échappe. Il me restait encore deux roulés à faire.»

«Et cette scène avec mon petit Charlie me rappelle tellement celle avec mon père en 1997. J’en ai encore la larme à l’œil aujourd’hui.»

D’autres souvenirs impérissables

Woods converge vers Augusta depuis avril 1995, moment où il était encore un amateur. Depuis ce temps, il a accumulé les souvenirs impérissables. La première de ses cinq victoires, en 1997, vient évidemment en tête de liste.

Mais le «Tigre» a partagé une rare histoire. À l’une de ses deux présences à titre d’amateur, il avait joué la ronde d’entraînement du mercredi avec Arnold Palmer et Jack Nicklaus. Un véritable bijou.

«Je n’étais encore qu’un ado punk du collège et nous avions joué un skins game. Je n’avais pas un sou dans mes poches. Évidemment, Arnold avait réussi un roulé au 18e pour nous arracher des skins et nous devancer», a-t-il relaté, amusé.

«À la sortie du vert, Arnie [Palmer] et Jack m’avaient demandé de les accompagner pour le concours de normale 3. Je leur avais répondu que je devais jouer plus tard. Ils avaient rétorqué que je n’avais qu’à les suivre.»

«C’était une autre expérience formidable. C’est l’un de mes plus incroyables souvenirs. En tant qu’amateur, j’avais pu jouer avec ces deux icônes.»

Au rayon des souvenirs, Woods ne peut aussi s’empêcher de réfléchir aux récits entendus au traditionnel souper des champions, lui qui est assis autour de cette table depuis 1998. Témoin de la dégustation de milk shakes de Gene Sarazen et Sam Snead, il ne peut toutefois pas répéter les histoires racontées à ces soupers. C’est la règle. Elles restent dans la famille.

Long règne

Avec le report au calendrier de l’édition 2020 du Tournoi des Maîtres, Woods ne voulait surtout pas indûment prolonger son règne.

«Nous vivons dans des circonstances sans précédent. Il faut tous s’adapter, a rappelé le champion âgé de 44 ans. J’ai pu profiter de mon veston vert plus longtemps autour de la maison et le partager avec les gens. L’avoir si longtemps, ce n’était toutefois pas ce que je désirais. J’étais prêt à le remettre en avril. Mais j’ai apprécié ce moment additionnel, car je n’aurai peut-être plus jamais l’opportunité de le sortir à nouveau de la propriété.»

Le Tournoi des Maîtres représente les deux prochains championnats majeurs au calendrier. Dans moins de cinq mois, les golfeurs seront de retour à Augusta.

Pour l’instant, le champion en titre devra rassembler tous les morceaux du casse-tête dans son jeu, car depuis quelques mois, c’est plutôt ardu sur les allées. À ses six sorties, il a toujours présenté des ennuis dans certains aspects de son jeu, que ce soit depuis les tertres, la qualité de ses coups de fer ou son aisance sur les verts.

«Il y a toujours quelque chose qui clochait. Dans ma préparation pour les tournois majeurs cette année, il fallait comprendre ce que nous devions affronter. Avec la COVID-19, j’ai tenté de rester en sûreté. J’ai hésité à revenir sur les allées et c’est pourquoi ç’a été si long avant ma première présence au Memorial en juillet. Par la suite, je n’ai pas retrouvé la touche.»

Son terrain de prédilection pourrait bien être sa muse pour la suite de la saison 2021.