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Canadiens de Montréal

«Carey Price était très déçu»

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La saison 2009-2010 a incontestablement été l’une des plus marquantes de l’ère moderne des Canadiens de Montréal. 

Qui a oublié ce fameux printemps 2010 où le Tricolore avait battu coup sur coup les Capitals d’Alexander Ovechkin et les Penguins de Sidney Crosby en éliminatoires?  

Pour la première fois en 24 ans, Montréal était parvenu à passer le deuxième tour de la danse printanière.

La merveilleuse épopée avait finalement pris fin contre les Flyers de Philadelphie, en troisième ronde. 

Mais comment une équipe qui avait obtenu sa participation aux séries par la peau des fesses (Montréal s’était qualifié lors du dernier match de la saison régulière en récoltant un point dans une défaite en prolongation face aux Maple Leafs de Toronto) avait pu être si redoutable contre des adversaires clairement meilleurs qu’elle? La réponse est connue de la très grande majorité des amateurs du CH : Jaroslav Halak. 

L’ancien #41 de la Sainte-Flanelle avait été tout simplement incroyable devant sa cage, affichant notamment un pourcentage d’arrêts de ,923 et une moyenne de buts alloués de 2,55 au terme de 18 matchs éliminatoires où il avait été canardé de toutes parts. 

Pendant la saison, toutefois, la charge de travail avait été répartie de façon très équitable entre Halak et Carey Price, alors âgé de 23 ans. 

C’est en fin de saison que le gardien slovaque était parvenu à mériter le titre de gardien de confiance de l’équipe, alors qu’il avait été le principal artisan d’une irrésistible séquence de cinq victoires consécutives en mars 2010. 

Comme on le disait plus tôt, «printemps 2010» est synonyme de joie et réussite lorsqu’évoqué dans l’entourage des Canadiens et parmi les partisans. 

Mais pour Carey Price, cette période a constitué le premier grand défi de sa carrière professionnelle sur le plan psychologique. Pour la toute première fois de sa vie, on lui préférait un autre gardien lors d’un moment important. 

Comme on l’a su plus tard, Price était quand même perçu, à l’époque, comme le véritable gardien d’avenir du Tricolore par les dirigeants du CH. Il était donc pri-mor-dial que le choix de Jacques Martin d’y aller avec Halak pour les séries n’affecte pas trop le #31. 

Un encadrement sans failles était donc de mise pour accompagner Price dans cette épreuve. S’il se laissait affecter par le choix de son entraîneur, c’est carrément le futur des Canadiens qui pouvait être en jeu. 

La mission périlleuse (mais ô combien essentielle) de maintenir Carey dans un bon état d’esprit est revenue à l’Ontarien Pierre Groulx, qui occupait à l’époque le poste d’entraîneur des gardiens chez le Tricolore. 

Dans le cadre d’un entretien des plus transparents avec le TVASports.ca, l’homme de 44 ans, aujourd’hui à l’emploi des Sénateurs, a accepté de revenir sur ces fameuses séries 2010, où il a dû jongler avec deux gardiens au sommet de leur forme... qui voulaient jouer! 

Un défi psychologique  

Pierre Groulx ne s’en cache pas : il a dû occuper deux chaises au printemps 2010 : celle d’entraîneur des gardiens et celle de... psychologue. 

«C’est extrêmement important de garder tes deux gardiens dans un bon état d’esprit», a-t-il d’abord lancé.

«Carey Price est un gagnant et il garderait les buts à chaque partie s’il le pouvait. Mais Jacques (Martin) avait pris une décision et il fallait l’accepter. Évidemment, Carey était très déçu au départ.»

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«Il a été fâché pendant un certain temps, mais après quelques discussions, il s’est rapidement relevé. Il a compris qu’il devait être le meilleur coéquipier possible et que c’est toute l’équipe qui en serait meilleure s’il était positif là-dedans.

«C’est sûr que tu ne peux pas toujours avoir des bonnes journées au bureau. Mais en tant qu’entraîneur des gardiens, je devais être là pour lui et l’écouter. Sincèrement, j’ai adoré la façon qu’il a eu de rebondir et d’oublier sa frustration. J’ai été très impressionné. Il a aidé l’équipe d’une certaine façon.»

L’échange de Jaroslav Halak  

Malgré le brio de Jaroslav Halak en séries, les Canadiens ont pris la décision de l’échanger aux Blues de St. Louis en juin 2010. 

Cette décision, à l’époque, avait été très mal reçue chez les partisans de l’équipe. Après tout, pourquoi échanger le principal artisan des succès du club? 

Pierre Groulx raconte comment s’est déroulé le processus menant à la décision d’envoyer le Slovaque sous d’autres cieux. 

«Pierre Gauthier, Jacques Martin et moi avions eu d’innombrables discussions sur le sujet lors des semaines précédant l’échange. Honnêtement, ce ne fut pas une décision facile, car Halak avait été incroyable pour nous. D’un autre côté, on voyait vraiment que Price pouvait devenir un gardien élite. Le choix n’a pas été évident. 

«Mais en regardant l’ensemble de Carey Price, c’est-à-dire son côté sportif, mais aussi son côté humain, on savait qu’il allait devenir spécial. Aujourd’hui, on peut dire que la bonne décision a été prise.»

En 682 matchs dans la Ligue nationale de hockey (LNH), Carey Price présente une fiche de 348 victoires, 250 défaites et 74 revers en temps supplémentaire. 

Il affiche à ce jour un pourcentage d’arrêts de ,917 et une moyenne de buts alloués de 2,49, en plus d’avoir signé 48 jeux blancs. 

Sa saison la plus marquante a sans aucun doute été celle de 2014-2015, où il a mis la main sur les trophées Hart, Vézina, Ted Lindsay et William M. Jennings.