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Canadiens de Montréal

Le futur Johnny Gaudreau des Canadiens?

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Les Canadiens ont ajouté huit joueurs à leur banque d’espoirs lors du dernier repêchage de la Ligue nationale de hockey (LNH). 

Évidemment, les discussions, comme c’est souvent coutume après une séance de sélection, ont surtout porté sur le tout premier choix de l’équipe. Et c’est tout à fait normal. Kaiden Guhle est un espoir de premier plan et était classé assez haut sur la liste de plusieurs experts. Son nom était également connu chez la plupart des amateurs.    

Mais comme on le disait, mis à part Guhle, sept autres jeunes joueurs se sont récemment greffés à l’organisation du CH.

La sélection de l’un d’entre eux n’a pas suscité l’engouement qu’elle aurait dû. 

Avec leur dernier choix de 4e ronde, Trevor Timmins et son équipe ont jeté leur dévolu sur l’attaquant américain Sean Farrell. 

Alors qu’il s’agissait du troisième patineur consécutif de l’Oncle Sam à être appelé par le CH lors de cet encan, le premier réflexe de plusieurs a été de souligner (voire critiquer) le fait que Farrell n’était pas Québécois. Si ce constat est irréfutable, en voici un autre qui l’est tout autant : Farrell est un fabuleux joueur de hockey. 

Une saison incroyable     

Âgé de 19 ans, l’ailier gauche de 5 pieds 9 pouces et 175 livres évoluait l’an dernier dans la United States Hockey League (USHL), le meilleur circuit junior aux États-Unis. Son rendement? 15 buts et 41 passes (56 points) en... 44 matchs! 

En fait, Farrell a conclu la dernière saison en tant que meilleur passeur de la USHL.

Il a également récolté seulement trois points de moins que son coéquipier Brendan Brisson, qui fut de son côté sélectionné en... première ronde par les Golden Knights! 

Comment donc expliquer le fait que Farrell ait glissé jusqu’en 4e ronde? 

Le prometteur espoir a bien voulu donner son avis sur le sujet dans le cadre d’un généreux entretien offert au TVASports.ca. 

«Je ne sais pas trop, honnêtement. Parfois, ces chosent arrivent sans que l’on puisse vraiment expliquer pourquoi. Le rang de sélection ne demeure toutefois qu’un chiffre. Après le repêchage, tous les espoirs repartent sur un pied d’égalité. Alors je veux profiter des prochaines saisons pour atteindre mon plein potentiel.»

Une chose est cependant bien certaine, l’attaquant était très heureux d’aboutir à Montréal. 

«Ce fut un moment très spécial pour moi. De joindre une équipe aussi prestigieuse que celle du Tricolore est merveilleux. La ville de Montréal est également un endroit très agréable et les partisans de l’endroit connaissent leur hockey. Les prochaines années seront très plaisantes pour moi.»

Dans le moule de Tyler Johnson?     

Vous l’avez lu plus haut : Sean Farrell est un fabuleux fabriquant de jeu. Mais il peut (et souhaite) apporter plus que ça sur une patinoire. C’est lui-même qui le dit. 

«Ma plus grande qualité est certainement ma vision du jeu. Je crois posséder un très bon sens du hockey. Mais mon objectif est de devenir un joueur efficace sur 200 pieds. Je veux être déterminant sur l’avantage numérique, mais aussi à court d’un homme. Je souhaite que mon entraîneur puisse m’employer partout où il le désire sans crainte d’être déçu.»

Et lorsqu’on lui offre la possibilité de pouvoir comparer son style de jeu avec celui d’un actuel patineur de la LNH, le sympathique jeune homme n’hésite pas. 

«Je dirais Tyler Johnson, du Lightning de Tampa Bay. C’est un petit joueur qui trouve ses coéquipiers partout sur la glace. Dans le passé, il pouvait jouer n’importe où et avec n’importe qui à Tampa.»  

De nombreuses similitudes avec Johnny Gaudreau     

Sean Farrell aime donc se comparer à Tyler Johnson. 

Mais en s’y attardant quelques instants, il est également facile de trouver plusieurs similitudes entre son profil et celui du joueur vedette des Flames de Calgary, Johnny Gaudreau. 

On parle après tout de deux joueurs américains de petite taille (Gaudreau mesure lui aussi 5 pieds 9 pouces) qui prennent un malin plaisir à alimenter les joueurs avec qui ils évoluent. Mais là où la ressemblance est la plus frappante, c’est au niveau de leur rang de sélection : à l’image de Farrell, Gaudreau a lui aussi été sélectionné en 4e ronde (2011).

Lorsqu’on le lui fait remarquer, Farrell acquiesce. Puis, plein de conviction, il lance ceci :

«C’est assurément très motivant. Je souhaite, comme Johnny Gaudreau, accomplir de grandes choses. J’ai toujours pris un malin plaisir à le regarder jouer. J’ai grandi en suivant ses exploits. Il fait partie des joueurs de petite taille qui accomplissent un solide boulot dans la LNH. Il se sert souvent de son petit gabarit à son avantage pour battre les défenseurs adverses.»    

Et que souhaite-t-il répondre aux gens qui se montrent sceptiques à son endroit en raison de sa petite stature?

«Aujourd’hui, il y a d’innombrables preuves comme quoi les petits joueurs peuvent eux aussi dominer dans la LNH. Tu peux produire au plus haut niveau même si tu n’es pas le plus grand. La LNH d’aujourd’hui est dorénavant un circuit où la vitesse est la première qualité recherchée. 

En tant que petit joueur, tu dois simplement te montrer plus intelligent sur la patinoire et batailler partout où tu mets les pieds. Mais ça ne m’inquiète pas outre mesure.»

Cole Caufield s’en mêle     

Immédiatement après la sélection de Sean Farrell, Cole Caufield y est allé d’une publication très révélatrice de l’admiration qu’il voue à son compatriote américain : «Steal» (vol), avait-il tweeté, en prenant bien soin de mettre le visage de Farrell en évidence. 

Et Caufield parle en connaissance de cause, puisque les deux hommes ont évolué ensemble au sein de l’équipe américaine des moins de 18 ans en 2018-2019 et chez les moins de 17 ans l’année précédente.

Farrell a bien apprécié le geste de son ancien coéquipier.

«Quel beau geste de sa part! Il m’a aussi écrit tout juste après que le CH m’ait repêché. C’est bien d’entendre ceci de la bouche d’un joueur comme Cole. Tout ce que je désire, c’est de faire honneur à ce tweet et d’un jour devenir un important joueur des Canadiens.»

De grandes ambitions     

Cette dernière phrase de Farrell a servi de relance à l’auteur de ses lignes, qui lui a alors demandé où il se voyait parmi l’énorme banque d’espoirs du CH. 

Pense-t-il vraiment pouvoir un jour devenir un catalyseur à Montréal?

«Je veux être un joueur offensif d’impact pour les Canadiens. Je sais que pour atteindre la LNH, je devrai peaufiner mon jeu défensif. Mais je suis vraiment confiant d’un jour pouvoir devenir un bon fabriquant de jeu à Montréal. Je souhaite pouvoir utiliser ma plus grande force (sa vision du jeu) pour aider les Canadiens.»    

Et la suite?    

À court terme, Sean Farrell ne sait toujours pas où il jouera cette saison. Que ce soit avec le Steel de Chicago dans la USHL ou avec l’Université d’Harvard dans la NCAA, son objectif demeure toutefois le même. 

«Je veux contribuer offensivement peu importe où j’évoluerai. Je veux aussi représenter un exemple pour mes coéquipiers et travailler fort peu importe les circonstances et les défis qui se dresseront devant moi.»

Voilà des paroles que les dirigeants (et les partisans) des Canadiens ne détesteront certainement pas lire...