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F1

«Ce podium était le nôtre» - Lawrence Stroll

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Sergio Pérez occupait la quatrième position quand Max Verstappen a été victime d’une crevaison au 51e tour du Grand Prix de F1 d’Émilie-Romagne disputé dimanche au circuit d’Imola, en Italie.

Plutôt que de rester en piste, après l’abandon du pilote néerlandais, et de se hisser à la troisième place, le Mexicain s’est fait dire par son patron de rentrer au puits pour chausser sa Racing Point de pneus tendres. 

Une stratégie pour le moins douteuse qui, sans l’ombre de doute, a privé l’équipe dirigée par Lawrence Stroll d’une place sur la tribune d’honneur.

« Ce podium était le nôtre, a-t-il affirmé sans détour au micro du réseau britannique Sky Sports après la course. On l’avait dans notre poche, mais on l’a offert à Daniel Ricciardo. C’est malheureux.»

Malgré tous ses efforts de remonter le peloton après sa halte, c’est à la sixième place qu’il ralliera l’arrivée.

«Aucun sens» 

Ce deuxième arrêt, incompréhensible, avouons-le, Pérez ne l’a pas digéré.

«Sur le moment, a-t-il renchéri, cette démarche n’avait aucun sens. C’est très frustrant d’en arriver à un tel résultat. Nous sommes une équipe, nous perdons et gagnons ensemble. Avec un peu de recul, c’était la mauvaise décision à prendre.»

Comment une équipe comme Racing Point, dont l’autre pilote, Lance Stroll, a connu un autre parcours brouillon à Imola, a pu adopter une telle mesure alors qu’une deuxième présence sur le podium cette saison était à sa portée ?

Poser la question, c’est y répondre.

Pérez avait le contrôle de la situation, mais en bon soldat, il a accepté de rentrer au puits.

Un beau geste de sa part, certes, même s’il perdra son volant à la fin de la saison au profit de Sebastian Vettel.

Il n’a pas défié l’autorité, mais il aurait dû le faire. Parmi tous les pilotes du plateau, il est, avec Lewis Hamilton, celui qui gère le mieux la dégradation de ses pneus.

D’autant plus que le tracé d’Imola, avec lequel renouait la F1 pour la première fois depuis 2006, n’est pas reconnu pour être propice aux dépassements. Et que Pérez lui-même s’est taillé une solide réputation d’être un pilote justement difficile à doubler.

«Honnêtement, a-t-il répété, tous les ingrédients étaient réunis pour terminer à la troisième place après l’intervention de la voiture de sécurité.»

Un exemple de régularité 

Encore une fois, on se demande toujours pourquoi Racing Point lui a montré la porte, alors qu’il est un exemple de régularité, ou mieux encore, une valeur sûre, pendant que Vettel, son futur remplacement, s’adonne à un rôle de figuration chez Ferrari.

Si Racing Point est encore dans la lutte pour le «meilleur troisième», c’est grâce à Pérez qui, en passant, à ses 17 derniers départs en F1, a toujours terminé dans les points.

Deux fois cette année il a été blanchi de la feuille de pointage, et pour cause. Il a raté les deux épreuves disputées en Grande-Bretagne après avoir contracté la COVID-19.

Rien ne va plus pour Stroll 

Quelques mots sur lance Stroll qui n’a récolté aucun point à ses quatre derniers départs en F1.

Après une séance de qualifications décevante, où il a dû se contenter de la 15e place, le pilote québécois a connu un début de course difficile à Imola quand il a endommagé l’avant de sa monoplace après un accrochage avec Esteban Ocon dès le premier tour.

Stroll a été forcé de rentrer au puits de ravitaillement pour changer son aileron. Il restera en queue de peloton pendant une bonne partie de l’épreuve avant de profiter de quelques abandons devant lui pour terminer au 13e rang.

Mais il se fera remarquer pour une mauvaise raison. À son troisième et dernier arrêt aux puits de ravitaillement, au 52e tour, il est incapable de s’immobiliser à l’emplacement prévu et bouscule le mécanicien chargé de soulever la voiture. Fort heureusement, plus de peur que de mal pour le préposé.

«Les freins étaient encore très froids, a expliqué Stroll. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas blessé. De mon côté, il n’y a pas de points positifs à retirer de ma journée.»