Crédit : Photo d'archives, Martin Chevalier

Canadiens de Montréal

«S’il marque 25 buts, tout le monde sera content»

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Sergio Momesso a un attachement naturel pour le Canadien. C’est l’organisation qui l’a repêché et avec laquelle il a disputé ses trois premières saisons dans la Ligue nationale.

Une malencontreuse blessure à un genou l’a empêché de participer à la conquête de la coupe Stanley de 1986. Mais il figure sur la photo d’équipe de fin d’année avec les nombreuses autres recrues qui avaient fait le saut avec cette équipe cette saison-là, sous la direction de Jean Perron, qui en était lui aussi à ses débuts comme entraîneur en chef dans la Ligue nationale.

Sa carrière l’a ensuite mené à Saint Louis, où il a connu du succès aux côtés d’Adam Oates et de Brett Hull ; puis à Vancouver, où il est venu à une victoire de remporter la coupe ; et ensuite à New York.

Il a disputé ses quatre dernières saisons en Allemagne pour un total de 16 saisons chez les professionnels.

Transformation nécessaire

Depuis sept ans, Momesso est analyste aux matchs du Canadien au réseau radiophonique TSN. Il a son franc-parler.

Ces dernières années, il bouillait lorsqu’il voyait les petits joueurs du Tricolore se faire bousculer dans tous les sens. Il ne se gênait pas pour dire que la formation du Canadien avait rudement besoin d’un ajout de muscles.

En ce sens, il se réjouit de l’arrivée de joueurs tels que Josh Anderson et Joel Edmundson

«L’équipe avait grandement besoin d’un gros ailier comme Anderson, dit-il. À sa meilleure saison il y a deux ans, il a inscrit 27 buts, tout en appliquant 214 mises en échec. S’il marque 25 buts, tout le monde sera content.»

Momesso aurait aimé voir Anderson avec le Tricolore dans les dernières séries.

«Le Canadien a bien fait contre les Penguins parce que les deux clubs pratiquent un style axé sur la rapidité», continue-t-il.

«Mais c’était différent contre les Flyers, qui préconisent un style plus hermétique et plus physique. Le Canadien a souffert de son manque de punch à l’attaque.»

Pas de crainte à y avoir

Certains entretiennent toutefois des craintes en rapport avec la condition physique d’Anderson. On sait qu’il a subi une intervention chirurgicale à une épaule lorsque sa saison a pris fin prématurément, en décembre dernier.

Mais Momesso n’y voit aucun problème. Il est passé par là à ses débuts dans la LNH. Il fut le premier joueur de hockey sur lequel furent greffés des ligaments synthétiques. Il a eu du mal à retrouver sa constance à son retour au jeu, mais l’état de son genou n’en était pas la cause.

Après trois autres saisons avec le Canadien, il fut échangé aux Blues de Saint Louis avec le gardien Vincent Riendeau en retour de Jocelyn Lemieux, du gardien Darrell May et d’un choix de deuxième ronde au repêchage de 1989 qui a mené à l’acquisition de Patrice Brisebois.

«Je pense que la direction du Canadien craignait que mon genou ne tienne pas le coup», indique Momesso.

Avec Hull et Oates

Les choses ont changé pour le mieux à Saint Louis.

«Un jour, j’ai décidé de ne plus m’en faire avec le protecteur qu’on m’avait dit de porter et je l’ai mis aux vidanges», raconte Momesso.

Puis, à sa deuxième saison avec les Blues, l’entraîneur Brian Sutter l’a jumelé à Adams Oates et Brett Hull. Sa carrière venait de prendre son envol.

Hull inscrivit 72 buts pendant que Oates amassa 79 mentions d’aides. Momesso marqua 24 buts tout en totalisant 199 minutes de pénalité.

Le signal du départ de Domi

Momesso n’a pas été surpris, par ailleurs, par le départ de Max Domi.

«Je savais depuis le milieu de la dernière saison qu’il ne reviendrait pas l’an prochain», affirme-t-il.

«On pouvait voir que Claude Julien et lui n’étaient pas sur la même longueur d’onde. Max ne jouait pas le style de hockey qu’il nous avait montré à sa première saison à Montréal.

«Pour être efficace, il doit jouer avec férocité. C’est ce qu’on a vu de lui à sa première saison ici. Il prenait les choses en main. Il transportait la rondelle, il dictait le jeu. Il s’impliquait beaucoup physiquement. Il faisait tout pour avoir le moindre avantage.»

Or, ce style de jeu se traduit souvent par des pénalités et il y a eu des matchs où on sentait bien que Julien rageait contre Domi. Quand il s’est retrouvé quatrième centre derrière Phillip Danault, Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi, il est devenu évident que ses jours étaient comptés à Montréal.

«Quand un joueur n’est pas heureux de son sort, ça paraît», ajoute Momesso.

Gagner maintenant

Aujourd’hui, le Canadien est une tout autre équipe.

«J’aime vraiment le travail effectué par Marc Bergevin depuis la fin de la saison», reprend Momesso.

«Il a comblé des gros besoins en allant chercher un gros attaquant (Anderson), un marqueur (Tyler Toffoli), un gros défenseur (Joel Edmundson) et un gardien auxiliaire solide (Jake Allen).

«L’organisation mettait beaucoup d’accent sur ses joueurs d’avenir au cours des dernières années. C’est une chose d’en parler, mais pour qu’une équipe aille de l’avant, ça prend des joueurs de la Ligue nationale.

«Surtout quand cette équipe compte dans ses rangs des vétérans de l’âge de Shea Weber et Carey Price. C’est maintenant qu’il faut gagner. Les amateurs sont contents des changements. C’est très encourageant.

«Reste à voir ce que ça donnera concrètement sur la glace.»

Et quand?