Canadiens de Montréal

La transformation de «KK» étonne

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«On sait qu’on peut aider Jesperi à continuer sa progression et être prêt lorsqu’il retournera à Montréal. Il est bon pour nous et nous sommes bons pour lui.»

Entraîneur-chef de l’Ässät de Pori, Ari-Pekka Selin se frottait les mains d’enthousiasme lorsque son directeur sportif lui a appris, il y a quelques semaines, que le Canadien avait accepté de prêter Jesperi Kotkaniemi à son équipe.    

Enthousiaste, mais réaliste, Selin savait qu’il faudrait quelques semaines à l’attaquant de 20 ans pour trouver ses repères dans cet environnement.

«On était sur la glace depuis un moment lorsqu’il s’est joint à notre équipe. De son côté, il n’avait pas joué depuis les séries de la LNH, cet été. C’est normal qu’il faille un peu de temps pour s’adapter. Il essaie encore de trouver son jeu», a souligné Selin, qui en est à sa deuxième campagne à la barre de cette équipe.

«Ça s’en vient. Il travaille fort pour y arriver. D’ailleurs, il est en pleine forme. Il a maintenant trois matchs derrière la cravate. Ça commence à cliquer avec ses compagnons de trio et il assimile notre système de plus en plus», a-t-il ajouté.

Un pas de géant    

Si Selin avait aussi hâte de le diriger, c’est que, comme tout le monde, il a vu le pas de géant que Kotkaniemi a fait pendant les séries éliminatoires. Plus mature physiquement que lorsque le Canadien l’a cédé au Rocket, en janvier, le Finlandais n’a pas hésité à utiliser son gabarit pour se créer de l’espace sur la patinoire.

Entraîneur au sein de la Liiga depuis une vingtaine d’années, Selin pilotait l’HIFK d’Helsinki lors du premier passage de Kotkaniemi dans la meilleure ligue de hockey finlandaise. Le joueur qu’il a présentement sous les yeux n’a rien à voir avec le gringalet de 17 ans d’il y a trois saisons.

«Il s’est tellement développé. Il joue de façon beaucoup plus physique que la dernière fois que nous l’avons vu ici, lorsqu’il était plus jeune. De ce côté, il a repris pas mal là où il a laissé lors des séries avec le Canadien», a convenu l’homme de hockey de 57 ans.

À ce propos, on ignore si Marc Bergevin ou Hannu Laine, le dépisteur du Canadien en Finlande, a émis des directives claires aux dirigeants de l’Ässät de Pori, mais le discours est le même des deux côtés de l’Atlantique.

«On s’attend à ce qu’il soit efficace dans les deux sens de la patinoire, pas à ce qu’il accumule simplement une multitude de points. On souhaite qu’il soit efficace en supériorité numérique et qu’il joue avec intensité autour du filet», a décrit Selin.

Des temps difficiles    

Même s’il n’a pas encore tout à fait pris son erre d’aller, Kotkaniemi est un atout important pour la formation de Pori. Les dirigeants de cette formation souhaitent bénéficier de sa contribution le plus longtemps possible.

Toutefois, comme un joueur de soutien qui remplace une vedette blessée au sein du premier trio, ils comprennent qu’ils ne sont qu’une solution temporaire. Alors, aussi bien profiter de chaque moment.

«Avec nous, il a la chance d’avoir des entraînements de qualité et de jouer des matchs dans un excellent calibre de jeu. Lorsque la saison de la LNH reprendra, il aura retrouvé son énergie. En contrepartie, grâce à sa personnalité, il aura imprégné le vestiaire de son énergie positive», a opiné Selin.

Il aura peut-être également permis à l’Ässät d’attirer quelques centaines de spectateurs supplémentaires. Le Porin jäähalli (patinoire de Pori), le domicile de l’Ässät, a une capacité d’accueil de 6350 spectateurs. Selon les règles sanitaires en vigueur en Finlande, il est possible d’emplir un amphithéâtre aux deux tiers de sa capacité (4233 spectateurs).

Pourtant, l’Ässät a franchi le cap des 1300 spectateurs seulement deux fois en cinq occasions. Lors du match inaugural de la saison (2150) et lors du premier match de Kotkaniemi (2556).

«Les temps sont difficiles», a laissé tomber Selin.

Voilà sans doute la preuve que les gens craignent maintenant les grands rassemblements.