Canadiens de Montréal

Kotkaniemi sait avec qui il aimerait jouer

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On dit du Canadien qu’il mise sur l’une des plus belles banques d’espoirs du circuit Bettman. Sauf qu’en raison de la pandémie, plusieurs sont confinés chez eux. L’accès aux patinoires et aux salles d’entraînement est limité, quand il n’est pas tout simplement inexistant. Pas facile pour le développement.

Au moins, quelques-uns d’entre eux ont la chance d’évoluer dans l’un des circuits professionnels européens dont les activités ont repris de façon presque normale depuis quelques semaines. 

Seulement dans la SM-Liiga, le plus haut calibre de hockey en Finlande, on retrouve quatre jeunes membres de l’organisation du Canadien : Joni Ikonen (blessé), Otto Leskinen, Jesse Ylonen et, évidemment, Jesperi Kotkaniemi.

«Les Européens qui peuvent jouer là-bas sont choyés. Ils peuvent faire ce qu’ils aiment et, pour la plupart, ils renouent avec leur ancienne équipe. C’est un bon calibre, c’est du hockey professionnel. C’est bien mieux que de rester à la maison ou d’aller au gymnase», a déclaré Rob Ramage, directeur du développement des joueurs du Canadien, plus tôt cette semaine.

Kotkaniemi peut en témoigner. Prêté à l’Ässät de Pori le 16 octobre, il a disputé trois matchs jusqu’à maintenant. Il est toujours en quête de son premier point.

Ses coéquipiers et lui se trouvaient à bord de l’autocar les ramenant de Lahti, où ils venaient de subir un revers de 5 à 2 aux mains des Pelicans, lorsque l’attaquant de 20 ans a rappelé le représentant du Journal de Montréal.

«Ça fait maintenant deux semaines que je suis ici. C’est correct. Je n’ai pas encore le niveau de jeu que j’aimerais, mais ça s’en vient», a-t-il indiqué.

De retour à la maison 

Il faut dire que Kotkaniemi s’est joint à cette équipe — la même avec qui il évoluait lorsque le Canadien l’a réclamé au 1er tour (3e au total) du repêchage de 2018 — alors que la saison était amorcée depuis quelques semaines déjà. L’Ässät avait déjà huit matchs au compteur lorsqu’il a disputé sa première rencontre.

«C’est toujours un peu difficile quand tu te joins à une équipe qui a déjà commencé sa saison. En plus, le style de jeu est bien différent de celui qui est pratiqué en Amérique du Nord», a-t-il mentionné.

D’autre part, la formation finlandaise traverse un passage à vide, ayant subi la défaite dans trois de ses quatre derniers matchs. Mais dans un monde où tout va de travers, ça vaut parfois la peine de relativiser les choses.

«Je me considère chanceux de simplement pouvoir jouer au hockey. Et de le faire dans mon pays, dans la ville où j’ai grandi, a-t-il indiqué. En plus, je suis de retour à la maison de mes parents. C’est super. Ça me permet de passer beaucoup de temps avec eux.»

Animateur de foule 

Ce retour aux sources lui a également permis de renouer avec les partisans de l’Ässät. D’ailleurs, dans une vidéo publiée par l’équipe au début de la semaine, on pouvait voir Kotkaniemi animer les célébrations d’après-match que partagent joueurs et partisans après chaque victoire.

«C’est un rituel qu’on a instauré il y a quatre ou cinq ans. Ça crée un lien avec les partisans. Sauf que là, on le fait devant à peine 1000 personnes. C’est pas mal plus tranquille», a-t-il raconté.

Ces mêmes partisans l’avaient vu récolter 29 points, dont 10 buts en 57 matchs, lors de la campagne 2017-2018, sa seule avec la formation principale de Pori.

«C’est différent d’il y a trois ans. Je suis beaucoup plus fort physiquement que la dernière fois que j’ai joué dans cette ligue. C’est la plus grosse différence», a-t-il noté.

«Ce que je remarque également, c’est qu’il y a maintenant des joueurs plus jeunes que moi», a ajouté, sourire en coin, celui qui n’avait que 17 ans à son premier passage.

Vanté par Bouchard 

Kotkaniemi se plaît à la maison, au sein de l’équipe qu’il a encouragée toute sa jeunesse. Mais il n’y a rien de mieux que le circuit Bettman.

«Je m’ennuie de la LNH. Je n’ai aucune idée du moment où ça va recommencer. En attendant de pouvoir y retourner, tout ce que je peux faire, c’est de profiter de mon temps le plus possible et d’accumuler les bons matchs.»

On a tendance à l’oublier puisqu’il a connu d’excellentes séries éliminatoires dans la bulle à Toronto, mais son dernier match de saison régulière dans l’uniforme du Tricolore remonte au 27 janvier.

D’ailleurs, Joël Bouchard, qui l’a eu sous ses ordres à Laval pendant 13 rencontres, l’hiver dernier, a eu de bons mots à son endroit, vendredi matin.

«KK a su surmonter l’adversité. C’était bien pour lui. Il était prêt pour les séries, a déclaré Bouchard. J’ai adoré son implication physique. Il apportait une dimension différente. Un bon joueur de centre sur 200 pieds.»

Avec Anderson ou Toffoli 

Kotkaniemi a également eu de bons mots pour l’organisation du Canadien. À l’instar de ses coéquipiers montréalais, il adore les acquisitions faites par Marc Bergevin au cours des dernières semaines.

«Il a ajouté quatre très bons éléments à notre équipe. Ce sera des pièces importantes. Je crois qu’ils seront en mesure de nous aider à atteindre la prochaine étape.»

Puisqu’il est fort probable que Claude Julien gardera intacte l’unité composée de Tomas Tatar, Phillip Danault et Brendan Gallagher, il se pourrait très bien que Kotkaniemi se retrouve flanqué de Josh Anderson ou de Tyler Toffoli.

«Ce sont des attaquants qui peuvent marquer beaucoup de buts. J’aimerais bien jouer avec l’un d’eux. Je pense que ça serait bon pour moi.»