Tous les résultats
Publicité

Toutant retrouve la fébrilité

Photo portrait de Dave Lévesque

Dave Lévesque

2020-10-31T02:50:16Z

Partager

À 27 ans, bientôt 28, Sébastien Toutant se sait privilégié de vivre de son sport et d’avoir une carrière qui dure, mais il n’est pas à l’abri des effets de la pandémie.

Le planchiste médaillé d’or en Big Air aux Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, en 2018, va bientôt retrouver les pentes après une très longue pause.

«Je me considère quand même chanceux d’être dans un sport extérieur, mais ça nous affecte plus que je pensais. Il y a pas mal de compétitions qui ont été annulées et les déplacements sont plus difficiles qu’avant.»

«C’est le plus longtemps que je suis resté sans toucher à la neige depuis le début de ma carrière. La dernière fois, c’était en mars. Pour un professionnel en planche à neige, c’est très long», explique-t-il en marge d’une séance photo organisée par le Groupe MVP.

Camp d’entraînement

Cette pause forcée n’a peut-être pas que du mauvais puisque pour un jeune vétéran qui fait carrière depuis l’âge de 13 ans, c’est une façon d’être séduit à nouveau par son sport.

«Autant ça peut être négatif pour certains athlètes, pour quelqu’un comme moi qui en fait depuis longtemps, ça crée une excitation de revenir sur la neige, je suis fébrile. C’est peut-être quelque chose qui va être positif.»

Publicité

Toutant a choisi de ne pas participer à un camp en Suisse organisé par l’équipe canadienne voulant éviter de voyager et minimiser ses chances de contracter le virus.

«À partir de novembre, je vais reprendre le travail avec un camp d’entraînement au Yukon, mais ce n’est qu’à partir de janvier que les compétitions vont recommencer. Normalement, à partir de la fin novembre, on a des compétitions avant Noël.»

Occupé autrement

Ce temps retrouvé cet automne va lui permettre de se reconnecter sur un aspect de son sport qu’il affectionne particulièrement.

«Avoir bâti une certaine notoriété pour mon sport, ça me donne la chance de prendre une pause de la compétition pour me consacrer à des projets vidéo.»

«Mais c’est quelque chose que j’ai toujours fait même en continuant de faire de la compétition.»

La pause lui a aussi permis de réfléchir à son avenir même s’il est encore bien jeune.

«C’est un sport hyper créatif alors il n’y a pas que les compétitions, il y a aussi les films. Ça m’a donné le temps de penser à ce que je voulais faire ensuite.»

«J’aimerais faire de la compétition pendant quelques années encore, mais ça me donne aussi le temps de travailler sur d’autres projets que je n’aurais pas pu faire, surtout avec un calendrier habituellement chargé avant les Fêtes.»

En forme

Autre effet positif, il a diversifié ses activités sportives et a touché un peu à tout au cours de l’été.

«Je suis resté actif, j’ai joué beaucoup au golf, j’ai commencé à courir et à faire du vélo. J’ai beaucoup d’accessoires à la maison alors je peux quand même assez bien m’entraîner.»

Publicité

«J’ai réussi à garder ma forme physique pour quand les compétitions vont reprendre.»

Il est aussi resté en contact avec sa planche en s’entraînant sur des coussins gonflables et des trampolines dans les Laurentides.

Les Jeux

Mine de rien, on est à une quinzaine de mois des Jeux de Pékin et Toutant entend bien y reproduire le succès de Pyeongchang.

«Un de mes objectifs est de retourner aux Jeux et de gagner une médaille.»

«Après, il va falloir que je me demande si j’ai encore envie de faire ça ou si j’ai envie de faire d’autre chose qui va me permettre de m’épanouir comme planchiste. Je ne veux pas stagner.»

Une chose est sûre, il a pu se refaire une santé physique et n’est embêté par aucun bobo.

«La COVID m’a donné la chance d’avoir le plus long break que je n’ai jamais eu. Mentalement et physiquement, tout est là pour que je sois compétitif.»

BLOUIN NE S’EN FAIT PAS

Autre membre de la famille Groupe MVP, la planchiste Laurie Blouin ne se laisse pas démonter par la crise sanitaire actuelle.

«Je gère ça comme d’habitude en y allant une compétition après l’autre. On a un planning, mais ça peut changer tous les jours.»

La médaillée d’argent aux Jeux de Pyeongchang en 2018 admet candidement qu’elle ne se formalise pas du fait que ça tombe sur une année préolympique.

«J’oublie tout le temps, c’est fou de se dire qu’on s’en va déjà vers les prochains Jeux.»

Retard

Âgée de 24 ans, Blouin est un bel espoir de médaille pour les Jeux de Pékin en 2022. Elle a tout de même un peu de retard à combler sur ses homologues européennes.

Publicité

«Je reviens d’un mois en Suisse et ç’a fait du bien. Ça faisait six mois que je n’avais pas été sur ma planche. On a été en Europe pendant un mois et ç’a fait du bien.»

«Les Européens ont arrêté un mois et entre un mois et six mois, ça paraît. Je me suis entraînée sur des coussins et des trampolines même si ce n’était pas sur la neige et que ce n’est pas le même feeling.»

Qui plus est, l’équipe nationale n’a pas eu son traditionnel voyage en Nouvelle-Zélande et en Australie comme c’est le cas tous les étés.

Compétitions

Positive, Blouin croit qu’il y aura tout de même une saison 2021 même si rien n’est prévu d’ici la fin de 2020.

«Si la saison reprend, je vais partir en janvier pour tout l’hiver en commençant par l’Europe et ensuite les États-Unis.»

«Je crois que la fédération canadienne essaie de nous organiser des compétitions pour qu’on reste en forme.»

Elle espère notamment que les X Games prévus à Aspen au Colorado à la fin janvier, auront lieu. Ceux-ci sont toujours à l’horaire pour le moment.

Exemptions

Il n’est actuellement pas évident pour les athlètes canadiens de se déplacer, notamment en Europe, puisque la seconde vague de COVID-19 y frappe très fort.

Mais la planchiste de Stoneham croit que la Fédération internationale de ski va s’organiser pour faciliter les choses.

«Je crois que la FIS va nous obtenir des exemptions pour les athlètes afin qu’on puisse compétitionner.»

Pour le reste, elle préfère aborder les choses avec un brin de désinvolture pour ne pas trop se casser la tête.

Publicité

«Je vis au jour le jour, je sais que la situation est incertaine et je ne me crée pas d’attentes. Je m’entraîne comme si on aura une saison.»

«Comme c’est une année préolympique, je crois qu’il va y avoir une saison, ils veulent qu’il y ait des compétitions même s’il y en aura peut-être moins.»

ÉLAN DE MOTIVATION

Parce qu’il avait l’impression que le Québec en avait besoin et parce qu’il voulait donner un coup de roue pour contribuer au bien-être collectif, Simon Arsenault de l’Agence MVP a décidé de mobiliser ses athlètes.

L’agence de marketing regroupe une cinquantaine de personnalités sportives et athlètes du Québec et le fondateur estime que ceux-ci sont en bonne position pour avoir une influence positive en ces temps incertains.

«Face à la pandémie qu’on vit et qui est une période difficile pour tout le monde parce qu’on est devant l’inconnu, dans ces périodes-là, on a besoin de leaders positifs et de modèles. Les athlètes sont très bien positionnés pour remplir ce rôle», a-t-il affirmé.

C’est ainsi qu’il a mobilisé une trentaine d’athlètes représentés par son agence afin de lancer une offensive pour faire une différence dans le quotidien compliqué de tout le monde.

Disponibles

«L’idée est de rassembler une trentaine de personnalités sportives et de dire qu’elles sont toutes disponibles pour faire des vidéoconférences, des webinaires ou via les plateformes virtuelles. On s’adapte.»

Il y a certes une motivation commerciale, c’est une entreprise après tout. Mais son appel à la mobilisation va plus loin que ça. Il y a une volonté sincère de jouer un rôle positif.

«On est une entreprise, par contre on sentait le besoin de se mobiliser. On a interpellé nos athlètes qui eux aussi vivent des moments difficiles. Le but est d’être rassembleur.»

Selon celui qui fête les quatre ans de son agence, les athlètes sont bien placés pour avoir une influence positive.

«Au cours de leur vie et de leur carrière, ils ont eu à traverser des échecs, à faire face à l’inconnu, à des blessures. Ils ont toujours su rester forts et positifs.»

Publicité
Publicité