LHJMQ

Le pari irrationnel remporté par Tourigny

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Parfois, la vie fait bien les choses, comme le veut le dicton. À l’âge de 24 ans, André Tourigny a fait un important sacrifice pour obtenir un poste d'entraîneur dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). 

Véritable passionné, Tourigny couvrait la Mauricie à titre de dépisteur pour les Cataractes de Shawinigan lorsque sa chance est venue. L’entraîneur-chef de l’équipe, Denis Francoeur, souhaitait avoir un deuxième adjoint pour l’épauler.    

Or, il n’était pas encore de coutume pour un pilote de la LHJMQ d’avoir plus d’un adjoint. 

«Il n’y avait pas de budget, donc Denis m’a dit : "Regarde, on va te donner 1000$ pour l’année à temps partiel." Et j’ai dit : "Ok, j’accepte à une condition. Que je sois à temps plein." Ça, ç’a été ma première année dans le junior», a raconté Tourigny, de passage à l'émission Dave Morissette en direct, mercredi soir. À voir dans la vidéo ci-dessus. 

À ce moment, il n’était aucunement rationnel pour Tourigny d’accepter un salaire de crève-faim. Mais il aimait tout simplement trop le hockey. 

«Ma femme était enceinte de jumeaux, a-t-il confié. Ça n’a aucun sens. Il n’y a aucune logique là-dedans. C’est ça, la passion.» 

«F1, go there...»     

Depuis, Tourigny a fait beaucoup de chemin, lui qui a occupé des postes d’entraîneur adjoint dans la Ligue nationale de hockey. 

Celui qui dirige désormais les 67 d’Ottawa dans la Ligue junior de l’Ontario a appris à ses dépens, au cours de son parcours, qu’il avait intérêt à maîtriser la langue de Shakespeare. 

On remonte à 2005-2006. L’un des adjoints de Tourigny avec les Huskies de Rouyn-Noranda, Danny Dupont, a décidé de devenir l’entraîneur-chef des Lions du Lac St-Louis, dans le midget AAA. 

Dupont, né à Philadelphie et bilingue, n’est donc plus là pour communiquer avec les joueurs anglophones de l’équipe... 

«Je n’étais pas capable de faire une phrase [en anglais], a avoué Tourigny. C’était : "F1 [le premier joueur en échec avant dans le jargon hockey], go there." J’étais pas capable de mettre tout ça en ordre et eux autres devaient faire les liens.» 

Heureusement, celui qu’on surnomme «Bear» a peaufiné son anglais à travers les années. 

«Tout de suite, j’ai commencé à prendre des cours et j’ai commencé à coacher en anglais. Cette année-là, j’ai gagné le titre d’entraîneur de l’année dans la "Q" et j’ai toujours dit que c’est parce que les gars ne comprenaient pas ce que je leur demandais que ça fonctionnait!», a rigolé le sympathique entraîneur.