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F1

Une 92e victoire dans sa mire

Louis Butcher

Publié | Mis à jour

À bord de sa Mercedes, Lewis Hamilton tentera de battre dimanche un record que l’on croyait inaccessible, à l’occasion du Grand Prix du Portugal qui sera disputé sur le circuit de Portimão.

Avec un 92e gain en Formule 1, le Britannique réussirait à abaisser le record de victoires d’une autre légende de la discipline-reine du sport automobile qu’est Michael Schumacher.

Puis, une fois cet exploit réalisé, il égalera fort probablement par la suite la marque de sept titres mondiaux que détient également le champion allemand.

Hamilton s’est donné une priorité de 69 points devant son plus proche poursuivant, son coéquipier Valtteri Bottas, avec seulement six courses à disputer d’ici à la fin de la saison. Aussi bien dire qu’il s’agit d’une formalité.

«Je me concentre sur la course et non sur les statistiques, a déclaré Hamilton en conférence de presse, jeudi. On a beaucoup de travail à faire parce que c’est un circuit sur lequel nous n’avons jamais couru en F1.»

«J’espère qu’on sera suffisamment compétitifs pour connaître du succès, a-t-il renchéri. Le but c’est évidemment de gagner la course, mais je sais très bien que d’autres pilotes ont les mêmes ambitions que moi.»

Le fameux dépassement de Jacques Villeneuve

Fort de sept victoires en onze départs cette saison, Hamilton doit être considéré comme le favori pour remporter l’épreuve qui souligne le retour de la F1 au Portugal après 24 ans d’absence.

C’est en effet en 1996 que les monoplaces y ont roulé pour la dernière fois, quoique c’était au circuit d’Estoril, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Lisbonne, la capitale du pays.

La course avait été remportée par un certain... Jacques Villeneuve qui, au volant de sa Williams, signait la quatrième de ses 11 victoires en F1.

Du pilote québécois, on se souviendra de son dépassement audacieux aux dépens de Schumacher, une manœuvre qui, encore aujourd’hui, est considérée comme une pièce d’anthologie.

On y voit Villeneuve doubler son rival dans la trajectoire extérieure du circuit, sans évidemment lever le pied, avant de se rabattre devant la Ferrari malgré la présence d’un retardataire beaucoup moins rapide. Du bonbon.

Fin de l’aventure en F1

Comme prévu, l’écurie Haas a fait savoir jeudi qu’elle recrutera deux nouveaux pilotes la saison prochaine. Pour remplacer le Français Romain Grosjean et le Danois Kevin Magnussen, l’équipe américaine devrait faire appel aux services de deux pilotes recrues en 2021, soit le Russe Nikita Mazepin et l’Allemand Mick Schumacher, le fils de Michael.

Comme il ne reste que de rares postes à combler ailleurs, il semble évident que l’aventure de Grosjean et de Magnussen en F1 se terminera au Grand Prix d’Abou Dhabi, le mois prochain.

Le premier pourrait orienter sa carrière vers le championnat du monde d’endurance et l’autre, lui, serait attiré par la série américaine IndyCar.

Russell pas inquiet

Dans un même ordre d’idées, les rumeurs concernant la venue possible de Sergio Pérez chez Williams l’an prochain se font de plus en plus persistantes.

Si bien que celui qui pourrait perdre son volant au profit du Mexicain, George Russell, a dû répondre à des questions concernant son avenir au sein de son écurie.

Le jeune pilote britannique dit ne pas craindre de perdre son baquet en 2021 pour la seule raison que son contrat est signé depuis un bon bout de temps.

«Il n’y a aucun doute dans mon esprit que je vais porter les couleurs de Williams l’an prochain», a-t-il déclaré avec autorité.

De toute façon, Russell, l’un des pilotes les plus doués de sa génération, n’a pas à craindre pour sa carrière en F1. Sa place chez Mercedes semble déjà acquise pour la saison 2022.

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Pour la première fois en 24 ans

Le grand cirque de la F1 s’installe en fin de semaine au Portugal pour la première fois en 24 ans.

Cette escale dans la magnifique région de Portimão, en Algarve, n’était pas inscrite au calendrier initial, mais en raison de la pandémie, les dirigeants de la F1 ont dû revoir leurs plans, tout en reportant à l’an prochain, on l’espère, cet audacieux projet d’organiser un record de 22 courses.

Au total, 13 épreuves ont été annulées, dont le Grand Prix du Canada, d’autres ont été repoussées, ce qui a réduit à 17 le nombre d’étapes au championnat du monde en 2020.

Le circuit de Portimão est l’un des deux tracés sur lesquels les monoplaces de F1 n’ont jamais roulé après le Mugello, en Italie, une course qui s’est avérée fertile en rebondissements le mois dernier.

Souvenir de Stroll en F3

La plupart des pilotes du plateau n’y ont jamais couru, quoique certains d’entre eux l’aient apprivoisé dans le passé à bord de monoplaces de développement.

C’est le cas de Lance Stroll qui, remis de la COVID-19, retrouvera le volant de sa Racing Point après avoir raté le Grand Prix de l’Eifel, en Allemagne.

«La première journée des essais libres [vendredi] devrait nous permettre de savoir si nous sommes suffisamment rapides, a dit le Québécois. Ma dernière présence remonte à 2015 en F3 et je me souviens que le circuit était sinueux avec beaucoup de dénivelés.»

«Le revêtement était bosselé à l’époque, mais il a été refait. Dans l’ensemble, ce sera un défi pour nous tous, en espérant que notre voiture sera compétitive.»

Sergio Pérez a lui aussi roulé à Portimão, mais c’était en 2009 au volant d’une GP2 (ex-F2).

«Ça fait déjà un bout de temps, de raconter le coéquipier de Stroll, et je n’ai que de vagues souvenirs. On vivra la même situation à Imola la semaine prochaine. Nous sommes au cœur d’une série de trois courses inconnues, ce qui nous arrive rarement, a-t-il enchaîné. Mais bon, cette situation pourrait être favorable à certaines équipes comme la nôtre.»