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Si Mathieu Chouinard avait su...

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L’histoire de Mathieu Chouinard est unique. L’ex-gardien a raconté son parcours hors du commun à l’émission de fin de soirée de TVA Sports, Dave Morissette en direct, mardi. 

Voyez la première partie de cette longue entrevue dans la vidéo ci-dessus.   

Son cas est si particulier que l’Association des joueurs de la LNH en a parlé pendant des années. 

En 1998, Chouinard a été repêché au premier tour (15e au total) par les Sénateurs d’Ottawa après avoir gagné le trophée Michel Brière, remis au joueur par excellence de la LHJMQ.

Les deux parties ont cependant été incapables de s’entendre dans le délai prescrit de deux ans, si bien qu’il a pu être admissible à l’encan de 2000. 

Chouinard ne se doutait toutefois pas que les «Sens» le choisiraient de nouveau, cette fois au deuxième tour (45e au total), et se serviraient de lui pour en faire «un exemple à travers la ligue», selon ses propres mots.

«À la fin de ces deux années, l’offre des Sénateurs n’était pas très alléchante, a-t-il soutenu. Ça s’est fait un peu tout croche. Il n’y avait pas de stabilité dans l’organisation à cette époque. Ils m’ont offert un contrat, mais ils n’ont jamais voulu le négocier. Pour mon agent et moi, c’était un manque de respect. 

«Je voulais être payé comme un premier choix. Dans ce temps-là, le bonus maximum pour une recrue était de 975 000$. Celui choisi 14e, Patrick DesRochers, a eu le maximum, tout comme le joueur repêché après moi, Éric Chouinard, par les Canadiens. C’est ce qu’on voulait. 

«On m’a offert 700 000$, mais le montant des trois années de contrat de recrue était plus bas que ce que j’aurais dû avoir. On a donc décidé de passer à autre chose pour cette raison et à cause de l’instabilité à Ottawa. Le jeune de 20 ans que j’étais pensait que je méritais mieux. On a pris la décision de lancer les dés!»

Collusion au repêchage    

S’il avait su ce qui l’attendrait deux ans plus tard, il aurait probablement accepté ladite offre...

Après avoir appris que Chouinard tenterait encore sa chance en 2000, les Sénateurs ont convaincu, avec succès, les autres équipes du circuit Bettman de ne pas le sélectionner. 

«On appelle ça de la collusion, ce qui est illégal. On avait pourtant eu des discussions avec des équipes qui voulaient me repêcher au premier tour. Pour moi, ça faisait du sens. Je voulais aller dans une autre organisation que celle des Sénateurs. 

«Lorsqu’ils m’ont choisi une deuxième fois, ils ont coupé la poire en deux et m’ont dit : c’est 350 000$, ce qui était normalement offert aux joueurs de troisième et quatrième ronde. Quand j’ai eu une discussion avec eux, ils m’ont dit : "on pense que tu es un choix de troisième ou quatrième ronde". J’avais le fusil sur la tempe et ça s’est fini comme ça.»  

«Ils ont voulu faire de moi un exemple à travers la ligue. On m’a déjà dit que l’Association des joueurs a parlé de ma situation pendant des années pour ne pas que ça se reproduise.»

Malgré cette mésaventure, Chouinard travaille toujours dans le monde du hockey, alors qu’il dirige l’équipe du Cégep de St-Laurent depuis des années.  

Même 20 ans plus tard, Chouinard en entend encore souvent parler.

«J’y pense toujours, parce qu’on m’en parle à toutes les semaines!»

Mercredi, Dave Morissette en direct recevra Pascal Leclaire dans le cadre de la semaine thématique des gardiens québécois.

Voyez ci-dessous les trois autres parties de l’entrevue avec Mathieu Chouinard.