Jacques Demers

Crédit : Raynald LeBlanc / Le Journal de Montreal

Félix Séguin

Il y a 25 ans, onde de choc chez le CH

Il y a 25 ans, onde de choc chez le CH

Félix Séguin, TVA Sports

Publié 16 octobre
Mis à jour 16 octobre

Il y a 25 ans, le 17 octobre 1995, une onde de choc frappait le Québec.

Le président des Canadiens de Montréal, Ronald Corey, congédiait son directeur général, Serge Savard, et son entraîneur-chef, Jacques Demers. 

L’adjoint au directeur général, André Boudrias, et le recruteur Carol Vadnais étaient aussi limogés.

Au moment de cette décision, le Tricolore connaissait l’un des pires débuts de saison de son histoire puisque l’équipe venait de perdre ses quatre premiers matchs (0-4-0).

Cependant, il y avait plus que ces quatre défaites. Je vous explique.

La saison précédente, écourtée par un conflit de travail (1994-95), était encore frais dans la mémoire des amateurs. Les Canadiens avaient raté les séries éliminatoires pour la première fois en 25 ans. C’était un sacrilège à cette époque.

Corey craignait que le même scénario se répète en 1995-96 puisque c’était une année importante pour l’organisation étant donné que l’équipe allait déménager du vieux Forum au nouveau Centre Molson au mois de mars.

Si Corey a jugé que l’équipe s’en allait dans un cul-de-sac, d’autres vous diront que le président a paniqué.

Serge Savard était le patron depuis 13 ans. C’est Ronald Corey lui-même qui l’avait engagé lorsque Savard avait pris sa retraite comme joueur en 1983. Comme directeur général, Savard avait permis aux Canadiens de gagner deux Coupes Stanley (1986-1993) en plus d’être finaliste en 1989. Il était un homme d’expérience qui travaillait avec grâce et qui avait réalisé plusieurs bons coups comme DG à Montréal.

Pour sa part, Jacques Demers était considéré comme un père. Les amateurs avaient encore en tête son charisme, sa bonté et son humanité lors de la conquête de la Coupe Stanley deux ans et demi plus tôt (1993). Demers en était à sa 12e saison dans la LNH et sa quatrième avec le Bleu-Blanc-Rouge.

Mais pour Corey, la Sainte-Flanelle avait besoin d’un changement drastique.

Des défaites de 7-1 contre les Flyers, 6-1 contre les Panthers, 3-1 contre le Lightning et 4-1 contre les Devils ont été la goutte qui ont fait déborder le vase.

Quatre jours (21 octobre 1995) après ce grand ménage historique, Ronald Corey annonçait l’embauche de Réjean Houle comme directeur général et Mario Tremblay comme entraîneur-chef.

Houle et Tremblay avaient deux points en commun.

Premièrement, ils avaient tous les deux porté fièrement l’uniforme des Canadiens pendant de nombreuses années et ils avaient gagné la Coupe Stanley à plusieurs reprises. Deuxièmement, les deux n’avaient aucune expérience comme dirigeant et entraîneur-chef et ce peu importe le niveau au hockey.

Houle et Tremblay étaient habités par les meilleures intentions du monde et ils avaient le logo des Canadiens tatoués sur le cœur. Ils aimaient profondément cette équipe. Ils voulaient réussir. Toutefois, ils étaient de vertes recrues dans leur poste respectif. Exactement comme Savard l’était lors de son embauche en 1983.

Tremblay est demeuré à la barre de l’équipe pendant deux saisons et il a toujours mené le Tricolore en séries, perdant chaque fois au premier tour.

Houle, lui, a été le directeur général de 1995 à 2000. À ses trois premières années (1996, 1997, 1998), l’équipe a participé aux séries, mais a ensuite été écarté du tournoi printanier à ses deux dernières saisons (1999, 2000). Sous le règne de Réjean Houle, Patrick Roy, Pierre Turgeon, Vincent Damphousse et Mark Reechi ont notamment été échangés.

Il faut toutefois préciser qu’une réalité économique a frappé l’organisation à la fin des années 90. La faiblesse du dollar canadien a forcé le Tricolore à se départir de plusieurs joueurs.

Bref, 25 ans plus tard, un constat peut être fait de façon rationnelle.

À partir de 1995, l’équipe était sur la pente descendante. Les performances de la fin des années 90 et celles du début des années 2000 le prouvent.

Maintenant pour conclure, deux questions me viennent à l’esprit ?

Le déclin de l’équipe était-il déjà amorcé avant même le congédiement de Savard et Demers. Je vous rappelle que les Canadiens avaient gagné la Coupe Stanley en 1993, perdu au premier tour en 1994, raté les séries en 1995 et connaissaient un départ catastrophique en 1995.

Ou est-ce que c’est le coup de barre de Ronald Corey, le 17 octobre 1995, qui a changé la trajectoire de l’organisation ?

Vous en pensez quoi ?