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Repêchage de la LNH

Les Blackhawks, eux, tenaient à Crevier

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Le défenseur Louis Crevier a été, bien malgré lui, la goutte qui a fait déborder le vase des gens qui critiquent la direction du Canadien de Montréal de ne pas repêcher assez de Québécois. Chose certaine, les Blackhawks s’en sont frotté les mains.

Rappel des faits : le Canadien n’avait toujours pas pigé au Québec lorsqu’est arrivé son dernier choix du repêchage, le 188e de la septième ronde. Plutôt que de repêcher, le Tricolore a envoyé son choix aux Hawks en retour d’une sélection de septième tour en 2021. Avec cette sélection, Chicago a repêché le géant des Saguenéens de Chicoutimi. 

«Je peux te dire que j’étais super excité tout comme l’ensemble des gars quand on a fait l’acquisition du choix du Canadien, a mentionné le recruteur au Québec des Blackhawks, Alexandre Rouleau. J’étais surpris de voir qu’il était encore disponible en septième ronde et ça faisait un bout que je tapais du pied et que je commençais à avoir le moral dans les talons. C’est un gars en qui je crois beaucoup et je ne voulais pas qu’on se le fasse voler. Il a connu une progression extraordinaire.»

Rouleau refuse de prétendre qu’il est directement à l’origine de la transaction, mais il assure que les Blackhawks pensaient le sélectionner depuis un certain moment.

«Ça faisait longtemps qu’on voyait que son nom était libre mais on avait pris un défenseur en cinquième ronde (Isaak Phillips) et on s’est donc tourné vers un attaquant au sixième tour (Chad Yetman). Après, on n’avait plus de choix mais l’état-major était assez confiant que c’était un gars avec qui on voulait travailler et c’est pourquoi on est allé le chercher.»

Pour le recruteur, le potentiel encore inexploité de Crevier en faisait un espoir attrayant pour l’organisation.

«Il est évidemment encore très tôt et il y a beaucoup d’eau à couler sous les ponts mais je pense que Louis peut devenir un défenseur difficile à affronter, un peu comme il l’est en ce moment avec les Saguenéens. Il ne sera peut-être pas utilisé contre les meilleurs trios dans la LNH mais il peut devenir un joueur utile en désavantage numérique et que les entraineurs n’auront pas peur d’utiliser.»

Simoneau y a cru

Avant de voir les Hawks transiger avec le CH pour le choix 188 et ensuite réclamer Crevier, l’attaquant des Voltigeurs de Drummonville Xavier Simoneau vivait d’espoir. Ignoré lors du repêchage de 2019, il croyait en ses chances d’entendre son nom cette année et il avait le sentiment que le 188e joueur sélectionné en 2020 serait lui.

«Honnêtement, j’y ai cru. Quand j’ai vu que c’était leur tour et qu’ils n’avaient pas repêché de Québécois, je me suis dit qu’ils allaient peut-être y aller avec moi. Quand ils ont échangé leur choix à Chicago, ça m’a fait de quoi un peu. Je suis déçu mais en même temps, ils ont des décisions à prendre», a-t-il mentionné mercredi, au bout du fil.

Le capitaine des Voltigeurs entame sa quatrième saison avec l’équipe. À 5 pi 7 po et 174 lb, il est évident que sa taille fait peur aux formations de la LNH mais il n’a pas l’intention de s’en faire outre-mesure avec ce que pensent de lui les dépisteurs.

«Je ne veux pas nécessairement leur prouver qu’ils ont tort. Je veux jouer comme j’ai toujours joué. J’ai confiance en moi et je vais sûrement me faire payer une petite traite un moment donné», lance-t-il en riant.