Crédit : Joseph Maiorana-USA TODAY Sports

Impact de Montréal

Bojan complique les choses chez l'Impact

Publié | Mis à jour

La MLS avait encore une bonne grosse poignée de matchs à offrir aux amateurs de soccer, mercredi soir. Envers et contre tous, cette saison 2020 va de l’avant. Les équipes ont désormais 15 ou 16 matchs au compteur sur les 23 qu’elles ont à jouer. La bonne vieille «course aux séries» est enclenchée. Et nous nous retrouvons maintenant à un mois du «jour décisif», où tous les clubs disputeront leur dernier match du calendrier «régulier».

Bref, de l’action en MLS, il n’en manque pas. Il y a des matchs spectaculaires, des moments émotifs, des transferts, des entraîneurs qui se font congédier, ou embaucher, des surprises, des déceptions. Et des expulsions, aussi. Ça, les partisans de l’Impact connaissent.    

Cette chronique est la première d’une série d’articles qui feront surface sur le TVASports.ca d’ici la remise de la Coupe MLS, dont la finale doit normalement avoir lieu le 12 décembre. 

On y trouvera une série d'observations, de faits à noter alors que la saison 2020 s’achève tranquillement et que les clubs, en même temps, préparent 2021. Dans une incertitude sans précédent.

En voici cinq pour aujourd’hui.

1- L’Impact cause la surprise du jour   

Commençons avec l’essentiel d’un point de vue montréalais : l’Impact a causé une belle surprise, hier soir, en allant l’emporter 2-1 sur les terres de ce qui est sans doute la meilleure équipe de la ligue, le Crew de Columbus. Certes, le club de l’Ohio était privé de son meilleur joueur, Lucas Zelarayan, mais il restait tout un rival.

Pour quiconque surveille la progression de l’Impact depuis la fin du tournoi d’Orlando, ce résultat n’est pas aussi étonnant qu’il en a l’air. Parce que l’équipe, à travers les crampes au cerveau de Rudy Camacho, les blessures à des éléments-clé, les défaites consternantes et un contexte difficile et invraisemblable, elle montrait une certaine progression dans son jeu.

À dix contre onze à Vancouver et puis contre l’Union de Philadelphie, l’Impact montrait par moments une initiative qu’on voyait peu en de pareilles circonstances dans le passé. Le style de jeu que veut inculquer l’entraîneur Thierry Henry devient de plus en plus visible. Bref, lorsque l’équipe ne se sabote pas elle-même par le biais d’un carton rouge ou d’une crampe au cerveau défensive, elle joue plutôt bien.

En somme, un résultat comme celui d’hier allait bien finir par arriver. La route est encore longue pour l’Impact avant de devenir l’une des bonnes équipes de la MLS, mais la tenue actuelle du club laisse croire qu’une fois que l’effectif sera à 100% celui du tandem Thierry Henry-Olivier Renard, les partisans auront beaucoup de plaisir. Et ils ne l’auront pas volé.

Crédit photo : Eric Bolte-USA TODAY Sports

2- Bojan complique les choses   

Restons avec l’Impact : la tenue du milieu offensif/attaquant Bojan Krkic, depuis trois ou quatre matchs, impressionne. Le Catalan de 30 ans, produit du FC Barcelone à la technique admirable, ne semblait pas trouver sa place depuis son arrivée à Montréal, à l’été 2019. Une fulgurance par ci, par-là, un but superbe contre Toronto, et de longs moments d’invisibilité.

Mais depuis le match du 23 septembre contre le Revolution, le numéro 9 offre un jeu qui ressemble davantage à ce qu’on disait de lui à son arrivée avec le club. Bojan est impliqué, il a confiance, il se retrouve dans le style de jeu que l’équipe pratique. Il fait enfin parler sa qualité. Son but du 27 septembre, contre les Red Bulls, était magnifique. Il était le meilleur joueur offensif de l’Impact, hier, dans ce qui était une victoire importante et étonnante.

Maintenant, il complique la tâche de la direction de l’Impact. Le contrat de Bojan contient une option pour la saison 2021, que le club peut activer à sa guise, mais qui ferait de lui un joueur désigné, ce qui vient avec une substantielle augmentation de salaire. C’est embêtant. Accepterait-il de rester à son salaire actuel? Le club voudrait-il le garder pour la prochaine saison de toute façon? Est-ce que sa bonne séquence actuelle peut se poursuivre? Voilà un dossier qui fera peut-être de plus en plus jaser d’ici la fin de la saison.

3- Higuain débloque!   

Le nouveau joueur désigné de l’Inter Miami, Gonzalo Higuain, a ouvert son compteur en MLS, hier, contre les Red Bulls. L’Argentin de 32 ans, dont le salaire annuel dépasse les sept millions $, a logé un superbe coup franc à la gauche du gardien David Jensen avec une technique impeccable. S’il a ralenti ces deux dernières années en Europe, «Pipita» risque de marquer sa part de buts en MLS et de faire de l’Inter un club beaucoup plus compliqué à affronter. 

Faisons-nous plaisir avec ce joli but et avec la description du légendaire Ray Hudson :

4- Un prêt au mauvais moment   

Le New York City FC a annoncé avoir prêté le milieu offensif roumain Alexandru Mitrita au club Al-Ahli, en Arabie Saoudite. Le prêt du joueur de 25 ans, assorti d’une option d’achat sera valide jusqu’en janvier 2022! Pas sûr qu’on va le revoir en MLS un jour.

Et c’est dommage. Mitrita est un petit joueur vif, plutôt polyvalent, habile et créatif, capable du beau geste et du but spectaculaire. Il était fort utile au NYC FC. Il a d’ailleurs inscrit des doublés à ses deux derniers matchs.

Des raisons familiales sont évoquées afin de justifier son départ.

En attendant, le NYC FC, que l’Impact doit affronter dans un peu plus de deux semaines, se retrouve avec une place de joueur désigné en plus... mais un joueur important en moins. L’équipe est au cœur de la lutte dans l’Est. Elle des moyens. Voyons voir si l’organisation pourra bouger d’ici la fermeture de la période des transferts, à la fin du mois.

5- Le Galaxy dans le trouble   

Institution de la MLS, club le plus titré de l’histoire de la ligue, le Galaxy de Los Angeles est en pleine déroute. La troupe de Guillermo Barros Schelotto s’est en pris plein la g... hier soir, en perdant 6-3 contre les Timbers de Portland. Après une bonne passe en août, le Galaxy est maintenant sur une séquence de cinq défaites de suite et occupe le tout dernier rang du classement dans l’Ouest.

Que se passe-t-il? L’équipe manque de cohésion et commet bourde après bourde, certes, mais elle peine aussi à marquer des buts. Non, l’attaquant Javier «Chicharito» Hernandez ne remplace pas adéquatement Zlatan Ibrahimovic, auteur de 52 buts en 56 apparitions (!!) avec l’équipe en 2018 et 2019. Pire encore, l’équipe semble moins bien jouer lorsque le Mexicain est dans la formation que lorsqu’il est remplacé par Ethan Zubak, produit de l’académie du club.

Jusqu’à maintenant, Chicharito, un joueur désigné, a un petit but et aucune passe décisive en huit apparitions. Si le Galaxy doit redresser la barre, ça va passer par lui. Pas certain que cela va se produire.

Ce qui est dommage, c’est que le Galaxy compte en Cristian Pavon l’un des plus beaux talents de la ligue. Malgré des résultats en dents de scie, l’Argentin a réussi à cumuler sept buts et six passes décisives cette saison. Il est la seule raison de regarder le club ces temps-ci.

En vitesse   

*** Mise à jour: après dix à la barre de l'équipe, Ben Olson est remercié par D.C. United!

Tassé à Manchester United, le gardien international argentin Sergio Romero aurait des envies de MLS. Mais un club voudra lui consentir le gros salaire qu’il demandera probablement?

Tim Melia, du Sporting, a stoppé un autre tir de pénalité hier, qui venait cette fois du solide attaquant de Chicago Robert Beric. Melia est sans doute le meilleur de la ligue à ce petit jeu.

La victoire de l’Impact contre le Crew et celle du Toronto FC contre le Revolution, hier soir, font en sorte que la formation ontarienne est passée au sommet du classement dans l’Est. Le TFC l’a de nouveau emporté grâce au jeune attaquant Ayo Akinola. Le produit de l’académie du club est définitivement l’une des révélations de l’année dans la ligue.