Crédit : AFP

Canadiens de Montréal

Kaiden Guhle, un Kevin Lowe des temps modernes

Publié | Mis à jour

Marc Habscheid a dirigé Shea Weber avec les Rockets de Kelowna dans la Ligue junior de l’Ouest, de 2001-2002 à 2003-2004. Aujourd’hui entraîneur-chef des Raiders de Prince Albert dans la WHL, Habscheid a vu grandir le plus récent choix de premier tour du Canadien de Montréal, Kaiden Guhle.

Assez sage pour rester loin des immenses comparaisons, Habscheid a refusé de tracer un parallèle entre les deux défenseurs.

«Il y a un seul Shea Weber, a répliqué l’homme de 57 ans en entrevue au Journal de Montréal. "Webs" est un joueur spécial, un gars discret, mais avec une rage de gagner. Tu peux le voir dans ses yeux. J’aime aussi cet aspect de Kaiden, c’est un jeune qui veut absolument gagner. Il n’est pas un jeune qui parle beaucoup, mais il se lèvera parfois dans le vestiaire pour donner des conseils à ses coéquipiers et il donne l’exemple sur la glace en jouant de la bonne façon.»

Après une petite pause au téléphone, Habscheid a offert une comparaison intéressante pour Guhle. Il a reculé à ses jours comme attaquant avec les Oilers d’Edmonton au début des années 1980.

«Je dois déjà m’excuser à Kevin Lowe. Mais j’aime dire que Kaiden lui ressemble, mais il est un bien meilleur patineur. Comme Lowe, c’est un défenseur qui retire une grande fierté de son jeu défensif. Il joue comme Kevin. Il est très bon dans son territoire, il frappe et il aime affronter les meilleurs trios des équipes adverses. Je dirais aussi qu’il est très intelligent, comme Kevin l’était à son époque.»

«Kevin n’était pas le défenseur le plus menaçant offensivement, mais les Oilers avaient besoin d’un gars en arrière. Et quand je compare Kaiden à Kevin, c’est un très beau compliment. Lowe a été élu au mois de juin dernier au Temple de la renommée du hockey. Il a gagné six fois la Coupe Stanley, cinq fois avec les Oilers et une fois avec les Rangers.»

Un jeune mature 

Curtis Hunt, le directeur général des Raiders de Prince Albert, avait aussi le sourire dans la voix en parlant du choix de premier tour du Tricolore.

«Kaiden est le type de défenseur que tu veux utiliser avec ton meilleur défenseur offensif, a raconté Hunt en entrevue au Journal. Il a la qualité de s’occuper de son territoire et il patine très bien. Il peut revenir rapidement dans sa zone. Il peut supporter l’attaque, mais il a plus une mentalité défensive. Il jouera sur une première vague en infériorité numérique dans la LNH. Il est très mature pour son âge, il sait exactement ce qu’il veut. Il n’a pas peur de faire des sacrifices pour s’améliorer, il est dédié à son sport.»

«C’est un gars très calme, très humble, a poursuivi le DG des Raiders. Il a une passion pour son sport. Il a les caractéristiques d’un meneur, il est déjà un pro pour son âge. Il dégage aussi une présence, même s’il reste discret.»

Un ancien premier de classe 

Un choix de premier tour avec le Canadien est généralement synonyme de pression. Il y aura des attentes. Il y aura des comparaisons. Aux yeux des hommes de hockey à Prince Albert, Guhle survivra à cette réalité.

«Kaiden est le meilleur joueur de son âge dans l’Ouest depuis déjà plusieurs années, a répliqué Hunt. Il connait la pression, il est déjà sous les réflecteurs. Quand tu es le premier choix de la WHL (2017), ça vient toujours avec de l’attention. Il a bien vécu avec cette réalité. Il n’était pas nerveux. Il a les deux pieds sur terre, il reste toujours calme. Il a aussi profité des conseils de son grand frère, Brendan. Il peut lui poser des questions. Brendan a déjà joué à Buffalo et Anaheim dans la LNH.»

«Je sais qu’il y a toujours plusieurs médias dans les villes canadiennes et qu’il y aura des attentes pour lui, a enchaîné le DG. Mais je ne crois pas que ça lui fera peur. Il peut vivre avec ça.»

Habscheid a également raconté une anecdote au sujet de Guhle.

«Pour la saison 2018-2019, nous avions une très bonne équipe. Nous avons gagné le championnat dans l’Ouest et nous avons participé à la Coupe Memorial. Kaiden était un gros espoir pour nous, mais je voulais prendre mon temps avec lui. À sa saison recrue, il a regardé des matchs des gradins et parfois il ne jouait pas beaucoup. Kaiden ne s’est jamais plaint. Il faisait juste travailler plus fort. Il ne boudait pas, il gardait une bonne attitude. Et à sa deuxième saison, il était déjà un joueur clé pour nous.»