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Impact de Montréal

Impact: «C’est compliqué»

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Ce n’est un secret pour personne que l’Impact de Montréal perd beaucoup d’argent. À la fin de la saison 2018, la direction de l’équipe a dit avoir subi des pertes de 11 à 12 millions $ par année depuis son entrée en MLS, en 2012. Si la situation ne s’est pas arrangée l’an dernier, imaginez cette année avec la COVID-19!

L’équipe n’a disputé que cinq matchs locaux, dont deux en Ligue des champions de la CONCACAF, au Stade olympique. Elle a joué aussi son premier match de la saison en MLS dans le grand stade. C’était avant la pandémie. 

Pendant la période d’accalmie, l’Impact a renoué avec le stade Saputo dans le cadre du championnat canadien en affrontant le Toronto FC et les Whitecaps de Vancouver. Il a disputé aussi un match régulier contre les Whitecaps à domicile.

En vertu des mesures sanitaires en vigueur et dictées par la Santé publique, un maximum de 750 billets par match pouvait être vendus.

Depuis deux semaines, l’équipe montréalaise est contrainte de poursuivre sa saison aux États-Unis. Le Red Bull Arena situé en périphérie de New York lui sert de domicile.

Saputo fidèle au poste 

Kevin Gilmore, président de l’Impact depuis janvier 2019, ne cache pas que les finances de l’équipe sont affectées.

«C’est compliqué», reconnaît-il, dans une entrevue accordée au Journal de Montréal.

«On perçoit des revenus tout de même. Nos contrats de télévision nous rapportent des gains substantiels. On travaille beaucoup avec nos commanditaires. On est devenu une machine à contenu.»

«La bonne nouvelle est que notre propriétaire Joey Saputo a toujours démontré qu’il est prêt à investir et il va continuer.»

S’adapter aux événements 

Comment Gilmore entrevoit-il l’avenir?

«À court terme, il faut s’adapter aux événements», répond-il.

«On a commencé la saison en pensant que tout se déroulerait normalement. Après la suspension des activités, on espérait jouer une saison complète avec des matchs à Montréal.»

«Pour le moment, on ne peut pas regarder trop loin. On réagit selon les événements. Ce n’est pas facile, mais on n’a pas vraiment le choix. On sait qu’à long terme, tout va revenir à la normale.»

Personne ne sait quand.

On nage toujours dans l’inconnu. On ne sait pas de quoi les prochains mois seront faits. On a l’impression que le virus n’est pas à la veille d’être vaincu.

Les cotes d’écoute sont à la baisse pour tous les sports à la télévision.

«Tout le monde est différent, mais plusieurs personnes de mon entourage et des connaissances se disent incapables de regarder un match parce qu’ils n’ont tout simplement pas la tête à ça. Ça ne leur dit rien», raconte Gilmore.

«Moi, j’oublie tout, mais la situation n’est pas aussi facile à vivre qu’on pense. Plusieurs personnes sont exaspérées.»

Combien de temps encore? 

Les ligues sportives ne pourront jouer sans spectateurs indéfiniment. Les considérations financières ne sont pas le seul facteur en cause. Les foules contribuent à l’ambiance.

Une autre saison sans spectateurs pourrait mener à une catastrophe. Les gens pourraient être réticents aussi à retourner voir des événements sportifs pendant un certain temps.

Ça fait beaucoup de choses sur la conscience. Mais comme Geoff Molson et Gary Stern, Gilmore ne se laisse pas abattre.

«Je suis de nature optimiste», dit-il.

«La Santé publique doit mettre en place des mesures sécuritaires strictes parce que ce n’est pas tout le monde qui apprend à vivre dans le contexte d’une pandémie.»

«Mais je me dis qu’il est peu possible qu’on en soit au même point l’an prochain.»

Sondage intéressant 

Un sondage mené auprès des abonnés de saison de l’Impact indique que la plupart d’entre eux n’attendent qu’une autorisation des instances gouvernementales pour reprendre le chemin du stade Saputo.

«Les chiffres sont quand même surprenants», dit Gilmore.

«Nos partisans sont à l’aise avec l’idée de revenir au stade avec une distanciation dans les gradins. Je pense que lorsqu’on va revenir à la normalité, les gens vont s’empresser d’aller voir des événements sportifs.»

Respecter le plan sportif 

S’il y a une chose qui ne changera pas chez l’Impact, c’est le plan mis en place par son directeur sportif Olivier Renard à son entrée en fonction, en septembre 2019.

«Je le répète, on n’aura jamais un stade de 65 000 places comme celui d’Atlanta. On ne bénéficie pas du pouvoir économique d’une entreprise comme Maple Leaf Sports and Entertainment comme c’est le cas pour le Toronto FC, qui peut se payer des joueurs vedettes», martèle Kevin Gilmore.

«C’est en mettant l’accent sur le recrutement et le développement qu’on pourra en arriver à rivaliser avec les meilleures équipes. En plus, il faut être actif sur le marché des transferts. C’est en réinvestissant dans le recrutement et le développement de l’argent encaissé dans les transferts qu’on arrivera au succès.»

Une première 

C’est la clé aux yeux de Gilmore, qui accorde une grande confiance à Olivier Renard.

«C’est la première fois dans l’histoire du club qu’un plan à long terme est en place», continue Gilmore.

«On a adopté une philosophie et on l’applique. C’est la façon de faire d’Olivier. Il l’a fait avec les autres équipes pour lesquelles il a travaillé. C’est un très bon acheteur et un très bon vendeur. C’est le mandat qu’on lui a donné.»

«Les contacts de notre entraîneur Thierry Henry nous permettent aussi de recruter et de développer de bons joueurs. Notre plan ne changera pas avec la pandémie.»

La situation mondiale pourrait toutefois avec un effet sur le marché des joueurs.

«Certains joueurs pourraient être plus enclins à venir en MLS parce que les grands clubs européens disposent de moins d’argent», ajoute Gilmore.

Mais une chose ne changera jamais dans le soccer.

«Les médias et les amateurs doivent comprendre que les joueurs qui vont réussir avec notre équipe vont nous quitter», dit Gilmore.

«C’est ainsi que le soccer fonctionne mondialement. Ça ne changera pas.»