Mathieu Darche a hésité avant de joindre Tampa

Jean-François Chaumont
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Mathieu Darche connaît la date par cœur. Il n’a pas à regarder dans son agenda pour la ressortir. Le 26 juin. Il n’avait pas vu sa femme Stéphanie et ses deux garçons, Samuel et Benjamin, depuis trois mois.
Le 29 septembre, Darche a enfin retrouvé ses proches. Et il rentrait à Tampa avec la réalisation de ce rêve qu’il souhaitait depuis longtemps : une première conquête de la coupe Stanley.
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«Ma femme et mes deux gars étaient retournés au Québec pour voir la famille et des amis cet été. Ils sont revenus à Tampa le 30 juillet et moi, j’étais parti pour la bulle de Toronto le 26 juillet. J’ai serré ma femme et mes deux gars dans mes bras en sortant de l’avion à l’aéroport de Tampa. J’étais émotif en les retrouvant. C’est pour ça que j’ai gardé mes lunettes de soleil.»
Loin de sa famille
Au cours des trois derniers mois, Darche s’est retrouvé dans les villes bulles de Toronto et d’Edmonton à suivre les activités du Lightning. À 43 ans, il découvrait le métier de gestionnaire dans une équipe de la LNH, en tant que directeur des opérations hockey, aux côtés du directeur général Julien BriseBois.
«Oui, il y avait des moments où je m’ennuyais de ma famille et je trouvais ça difficile, a raconté Darche lors d’une entrevue téléphonique accordée au Journal, mercredi. Mais nous nous parlions tous les jours. Avant d’accepter le poste avec le Lightning, j’ai hésité puisque ça impliquait un déménagement pour toute la famille. Les gars devaient changer d’école. À la fin, c’est ma femme qui a poussé et qui m’a rappelé que j’avais toujours voulu ça comme métier.»
«Le moment où j’étais le plus émotif, c’est immédiatement après le match lundi soir. Quand nous étions tous autour de Gary Bettman avant la remise de la coupe Stanley, je faisais un FaceTime avec ma famille. Je montrais Gary pendant qu’il faisait son discours et eux me voyaient à la télévision.»
Sommet
Darche a déjà gagné la coupe Calder dans la Ligue américaine en 2004 avec les Admirals de Milwaukee. Jamais repêché, cet ancien des Redmen de l’Université McGill a fini par faire son chemin dans la LNH avec les Blue Jackets, les Predators, le Lightning et le Canadien.
Aujourd’hui, il est de retour dans la LNH, mais dans un rôle de gestionnaire. Julien BriseBois l’a convaincu de le suivre à Tampa en le sortant d’un très bon boulot comme vice-président ventes et marketing chez Delmar International. À ses débuts avec le Lightning, il a bu du champagne dans la coupe.
«C’est au premier rang de mes plus beaux moments reliés au hockey, a-t-il répliqué. C’est la coupe Stanley, il n’y a rien de plus gros. Mais j’aurais trouvé ça encore plus magique de la gagner comme joueur. Je n’enlève rien à l’exploit comme gestionnaire, mais je n’ai pas sué sur la glace comme les joueurs. On rêve tous de gagner ce trophée. J’ai réussi avec le Lightning.»
Pas rassasié
«J’en cherche toujours plus, a-t-il continué. Au départ, j’étais heureux de jouer juste un match dans la LNH. J’étais fier de gagner la coupe Calder. Ensuite, j’étais fier de passer une saison complète dans la LNH à Tampa. Après ça, je ressentais une immense fierté à porter le chandail du Canadien pendant trois saisons. Mais il y a toujours un autre moment. Je me réjouissais à l’idée de revenir au sein d’une équipe de hockey, mais du côté de la direction avec Julien. J’avais toujours dit à ma femme que je n’étais pas intéressé à un emploi comme coach au hockey, mais que j’aimerais découvrir la réalité du management. À ma première année avec le Lightning, on gagne la coupe Stanley.»
«J’ai même dit à Julien comme blague après le match, quand nous étions sur la glace, que ce n’était finalement pas difficile de gagner dans ce métier. Ça m’a pris juste un an pour y arriver ! Mais je sais aussi que ça reste très difficile. Ça pourrait être l’unique conquête de la coupe Stanley de ma vie. Et si tu étais une personne qui aime les paris, tu aurais de meilleures chances de gagner en pariant que je n’y arriverai pas une deuxième fois.»
«J’ai maintenant une conquête de la coupe Stanley et je peux déjà dire que j’en veux une autre.»
L’Impact de Julien Brisebois
Deux jours après le couronnement du Lightning en finale contre les Stars, Mathieu Darche était déjà de retour à sa réalité.
Il travaillait mercredi dans les bureaux du Lightning en compagnie de Julien BriseBois pour déjà planifier la prochaine saison. Mais il se promettait de sortir quelques heures pour vivre la parade en bateau du Lightning.
«Je veux continuer à évoluer dans ce rôle, a-t-il dit. Je dois toutefois rester bien humble à propos à mon rôle dans cette victoire. C’est Julien le principal artisan. C’est lui qui prend les décisions finales. Une fois qu’il prend les décisions, personne parmi les gestionnaires n’est sur la glace pour faire une différence entre une victoire et une défaite. Le mérite revient à nos entraîneurs et à nos joueurs.»
Acquisitions primordiales
L’ancien numéro 52 du Canadien devient encore plus volubile quand il parle du travail accompli par son directeur général au cours des derniers mois.
«C’est incroyable ce que Julien a réalisé comme boulot. Je ne pense pas que nous aurions gagné la coupe Stanley sans nos acquisitions avant la date limite des transactions. Blake Coleman et Barclay Goodrow ont vraiment eu un impact. Le gros Pat Maroon, Kevin Shattenkirk, Zach Bogosian et Luke Schenn ont aussi très bien joué. Mais Julien est trop humble. Quand il a parlé de sa candidature pour le trophée du DG de l’année dans la LNH, il parlait toujours d’un travail d’équipe et de l’importance du travail de ses adjoints (Jamie Pushor et Darche). Quand nous faisions une transaction, c’était Julien qui tirait sur la gâchette.»
«Pour moi, Julien a aussi fait une énorme différence dans sa gestion durant la pandémie. Ça se faisait en coulisses. Mais toutes les semaines, à la fin c’était plus aux 10 jours, il parlait avec tous les joueurs individuellement pour savoir comment ils se sentaient. Il faisait la même chose avec nos entraîneurs, nos recruteurs, etc. Il voulait toujours savoir ce dont les gars avaient besoin. Quand tu lui parles au téléphone, il finit toujours son appel en te demandant si tu as besoin d’une chose précise.»