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NFL

Drew Brees n’a pas dit son dernier mot

Stéphane Cadorette

Publié | Mis à jour

Toute la semaine, des cris se sont élevés voulant que Drew Brees, visage emblématique des Saints depuis 2006, vit actuellement son déclin devant nos yeux. À 41 ans, le quart-arrière commence à frapper l’inévitable mur du temps, mais de là à insinuer après deux matchs que sa saison et celle des Saints n’est qu’une cause perdue, il y a un pas à ne pas franchir.

Force est d’admettre, peu importe le respect universel qui est voué à Brees pour l’ensemble de sa carrière, que son début de saison n’est pas convaincant.

Le vétéran a complété 64,7% de ses passes. Sur une saison complète, il s’agirait de son taux de réussite le moins élevé depuis 2012.

Ce qui fait réagir, c’est que Brees semble réticent à attaquer les zones intermédiaires et profondes. Selon ESPN Stats & Info, ses passes ne voyagent que 4,82 verges en moyenne dans les airs. Il s’agit de sa plus basse moyenne à cet effet après deux matchs depuis qu’il s’est joint aux Saints il y a 14 ans.

Dans la défaite de lundi soir face aux Raiders, Brees n’a complété que cinq de ses neuf passes de 10 verges ou plus et il a raté son unique tentative au-delà de 20 verges. Pas moins de 60% de ses 312 verges ont été gagnées par ses receveurs après l’attrapée.

Pas son style

Il est donc vrai que les chiffres, analysés froidement, n’ont rien de rassurant. Toutefois, Brees base davantage son style d’attaque sur sa précision chirurgicale et sa compréhension avancée du jeu que sur sa prise de risque.

Déjà la saison dernière, sa moyenne par passe tentée n’était que de 6,9 verges, soit sa plus basse depuis ses années en début de carrière avec les Chargers.

Personne n’en a fait un plat parce que les Saints ont connu une superbe saison. En comparaison, la défaite surprise face aux Raiders sous les projecteurs du lundi soir n’a probablement fait qu’amplifier les perceptions.

Non, Brees n’a pas été agressif, mais il y a déjà plusieurs années que cette approche ne fait pas partie de son ADN et il ne s’est pas retrouvé sous la loupe pour autant.

L’absence de son receveur étoile Michael Thomas ne l’aide pas non plus. Thomas n’est pas une menace verticale, mais son unique présence force les défensives adverses à lui consacrer une attention énorme, ce qui libère d’autres couloirs.

Souvent des faux départs

Les Saints ont donc débuté la saison avec une fiche d’une victoire et une défaite. Il y a deux semaines à peine, quand ils ont triomphé des Buccaneers, plusieurs parlaient d’eux comme étant l’équipe la plus complète de la NFL. C’est dire à quel point un seul revers peut changer l’évaluation!

Pourtant, lors des trois dernières saisons, les Saints ont encaissé chaque fois au moins une défaite dans leurs deux premiers matchs. Même qu’ils n’ont pas été 2-0 depuis 2013.

Brees ne rajeunit pas et il est normal que les amateurs et médias aient la gâchette plus rapide dans son cas.

Inutile de s’enfoncer la tête dans le sable et de prétendre que le bras de Brees n’a rien perdu de son mordant. En fait, cette tendance s’observe depuis la deuxième moitié de la saison 2018. Sauf que Brees a toujours trouvé le moyen de compenser cette faiblesse par son intelligence et les plans de matchs infaillibles de Sean Payton.

Non, les Saints ne doivent pas s’en remettre à Taysom Hill. Ce dernier est un athlète impressionnant, un joueur intrigant, mais il n’a pas forcément l’étoffe d’un quart régulier. Quant à Jameis Winston, c’est le même joueur qui a lancé 88 interceptions en 72 matchs en carrière.

Les Saints vont vivre ou mourir avec Brees, mais l’idée de magasiner son cercueil après un échantillon si peu révélateur de football en septembre paraît prématurée.