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Séries 2020 de la LNH

Des joueurs se sentaient «dans une prison»

Publié | Mis à jour

Les séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey (LNH) s’achèvent et les joueurs ayant vécu dans les bulles de Toronto et d’Edmonton durant les dernières semaines ont eu droit à des réalités bien différentes, certains d’entre eux ne regrettant pas que tout soit derrière eux.

Le réseau ESPN a diffusé sur son site mardi un dossier résumant la pensée de neuf hockeyeurs anonymes – cinq de l’Association de l’Ouest et quatre de l’Est – ayant accepté de s’ouvrir davantage sur leur vie plutôt particulière lors de leur participation aux matchs d’après-saison.     

Cependant, il est déjà possible d’en conclure que le tout ne fut pas une partie de plaisir, au contraire. Quelques-uns, particulièrement en Alberta, ont été déçus des commodités, des loisirs et activités ainsi que des restaurants proposés sur place. ESPN a d’ailleurs évoqué une cour de prison pour faire l’analogie avec certains hôtels où logeaient les joueurs.

Aussi, la surveillance était omniprésente sur les lieux. Tous s’entendent pour dire qu’ils se sentaient en sécurité, peut-être même trop.

«C’était très serré, a admis l’un des répondants de l’Ouest. L’endroit était parmi les plus sécuritaires. Ils vérifiaient constamment vos accréditations, votre application Clear App. C’était partout. Sur ce point, ils ont accompli un très bon travail.»

Du côté de l’Est, un des patineurs a souligné la «culture du masque», bien visible.

«Lorsque vous êtes sur la glace, ils prennent des photos de vous en train de marcher. Si vous circulez sans votre masque, cela n’envoie pas le bon message, a-t-il dit. Oui, c’était ennuyant, mais nous représentons toujours les jeunes qui nous regardent. Tout ce qu’un enfant a à dire, c’est : "Auston Matthews ne porte pas de masque sur la patinoire, donc je n’ai pas à le faire non plus".»

Liberté brimée     

Quelques-uns croient que l’encadrement était beaucoup trop serré, ce qui rendait les lieux plutôt malaisants.

«Avec la clôture qui nous enfermait à l’intérieur, cela nous faisait sentir dans une sorte de prison ou un peu comme des animaux [en cage], a déclaré un joueur. C’était le sentiment que j’avais. Il n’y a pas d’autres moyens de vous séparer du monde extérieur de façon sécuritaire, mais c’était frappant quand les gars se dirigeaient à l’hôtel.»

«Je me sentais presque trop en sécurité, a admis un hockeyeur de l’Est. Lorsque les clôtures étaient en place, personne ne pouvait entrer ou sortir.»

De la fausse représentation    

Pour ce qui est des activités promises aux joueurs, il faudra repasser selon la plupart d’entre eux. Les magnifiques parcours de golf, les marches en montagne, les restaurants luxueux et autres privilèges, tout cela n’était que chimère et fausse promesse à leurs yeux.

«Une fois que vous entrez dans la routine de jouer pratiquement à chaque lendemain, les commodités sont moins importantes, a affirmé un patineur de l’Ouest. Cependant, ils ont largement amplifié ce qui a été livré.»

«À Toronto, on nous fait une proposition contenue dans une brochure qui a circulé chez mes coéquipiers. Je me disais que ça allait être excellent. Il y aurait des camions de nourriture, des restaurants, des commerces au milieu de la rue. Puis, quand nous sommes arrivés, les gars se sont demandé : "où sont les magasins? Où sont les commodités d’équipes extérieures?" Il n’y avait rien de cela», a renchéri un de ses collègues de l’Est.

À Edmonton, un hockeyeur estime ainsi se sentir floué, précisant que selon beaucoup de joueurs, la ligue a offert des promesses uniquement pour les voir en action, sans vouloir réellement les tenir. Le désarroi de certains était aussi synonyme d’envie à l’égard d’autres. Par exemple, un vétéran de l’Est a mentionné qu’il y avait des jaloux qui n’acceptaient pas de voir - selon leurs dires - quelques équipes avoir accès au toit des hôtels ou recevoir des repas plus complets et savoureux.

«Des clubs comme la Floride n’avaient pas les moyens pour ceci ou cela dans la bulle. Montréal, dans son secteur d’entraînement, avait des wraps et des smoothies, et tout le reste. [...] C’est une organisation avec les poches profondes», a affirmé un répondant.