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Crédit : Photo d'archives, USA TODAY Sports

Séries 2020 de la LNH

Le secret de la résurrection du Lightning

Publié | Mis à jour

Il y a les talents naturels. Les Nikita Kucherov, Brayden Point, Victor Hedman et Andrei Vasilevskiy représentent des oiseaux rares dans la LNH par leur capacité de changer un match simplement avec leurs habiletés. Mais pour construire une équipe gagnante, ça prend plusieurs ingrédients.

Dans une de ses citations classiques à ses jours comme entraîneur en chef du Canadien, Michel Therrien avait déjà dit qu’il était impossible de préparer une bonne salade de fruits juste avec des cerises. Un cuisinier respectable utilise plusieurs fruits. Des bananes, des fraises, des raisins, des kiwis, des framboises, des oranges, des ananas. Ça prend aussi de l’acidité, pas juste du sucre.

Cette analogie poétique de la salade de fruits illustre bien le cheminement du Lightning de Tampa Bay au cours des derniers mois.

Éliminé par les Blue Jackets de Columbus en quatre petits matchs au premier tour des séries l’an dernier, le Lightning a modifié un peu l’image de son équipe depuis.

Julien BriseBois n’a pas pris de décisions radicales. Il a misé sur le même noyau fort, il a misé sur Jon Cooper. Au cours des derniers mois, le directeur général du Lightning a ajouté des pièces à son casse-tête en faisant l’acquisition de joueurs qui apportaient des composantes différentes. Il a ajouté du muscle, du caractère et de la robustesse.

Nouvelle philosophie

Avant le début de la finale de la Coupe Stanley, Point avait dit que son équipe pouvait maintenant gagner en préconisant plusieurs styles, pas juste en comptant sur le talent.

Cooper a réitéré les dires de son attaquant vedette mardi, à la veille du troisième match de cette finale contre les Stars.

«Avant, quand nous gagnions 3 à 0 dans un match, nous voulions l’emporter 9 à 0, a dit Cooper. Nous avions besoin de changer cette attitude. Nous avons expérimenté une élimination rapide l’an dernier en séries. Nous avons grandi de ce revers. Nous avons appris comme équipe. Une des définitions de la folie est de toujours reproduire la même chose et de s’attendre à des résultats différents. Nous ne pouvions pas faire ça. Nous avions besoin d’une philosophie différente. Et même nos joueurs étoiles ont accepté ce changement.»

Les bonnes chaises

À l’été 2019, BriseBois a offert des contrats au gros ailier Pat Maroon, un gagnant de la coupe Stanley avec les Blues de St. Louis, et il a offert une seconde chance à Kevin Shattenkirk, qui avait vu son contrat être racheté par les Rangers de New York.

Le DG du Lightning a poursuivi en février. Il a encore une fois regardé en direction d’un défenseur qui n’était plus dans les plans de son ancienne équipe (Sabres de Buffalo) avec l’ajout de Zach Bogosian. BriseBois a aussi réalisé deux transactions importantes avec les Devils du New Jersey et les Sharks de San Jose pour obtenir les ailiers Blake Coleman et Barclay Goodrow.

Pour Cooper, Coleman et Goodrow ont permis au Lightning d’atteindre un autre niveau.

«Ils ont placé un peu tout le monde dans la bonne chaise, a résumé Cooper. Et c’est la même chose pour eux. Pour connaître du succès, tu dois avoir tes joueurs à la bonne place. Coleman et Goodrow ont réussi à s’intégrer parfaitement au sein du troisième trio, qu’on peut décrire comme défensif ou d’énergie. Yanni Gourde fait un travail remarquable au centre de cette unité.»

BriseBois a eu le courage de sacrifier un choix de premier tour au repêchage de 2020 (celui des Canucks de Vancouver) et l’espoir Nolan Foote pour attirer Coleman à Tampa. Pour soutirer Goodrow aux Sharks, le Québécois a encore une fois donné un choix de 1er tour au repêchage de 2020. Les Sharks ont aussi envoyé un choix de 3e tour (85e) dans cette même transaction.

Questionné sur le flair de son DG, Cooper a offert une réponse des plus éloquentes.

«Je connais Julien depuis maintenant 10 ans, a rappelé l’entraîneur. Nous avons gagné ensemble la coupe Calder [Admirals de Norfolk] en 2012. À cette époque, nous faisions la même chose qu’aujourd’hui et nous communiquions bien. Comme entraîneur, je peux dire ce dont j’ai besoin à mon DG. Mais ça ne veut pas toujours dire que ton DG aura la même philosophie. Nous avions la même mentalité, nous savions ce qu’il manquait à cette équipe.»

«Je sais qu’on a critiqué Julien pour les transactions de Coleman et Goodrow. On ne parlait pas de deux joueurs séduisants. Ils aidaient toutefois l’équipe à gagner. C’était l’objectif principal. Julien a fait un incroyable boulot.»