HKN-HKO-SPO-2020-NHL-STANLEY-CUP-FINAL---GAME-ONE

Crédit : AFP

LNH

Sur les traces de Tim Thomas

Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

Anton Khudobin n’a jamais obtenu plus de 36 départs en une saison. À 34 ans, il traînait depuis longtemps l’étiquette d’un numéro deux. Mais d’un très bon deuxième gardien.

Khudobin a maintenant l’occasion de changer le cours de son histoire. Pour une première fois, le gardien originaire du Kazakhstan a hérité du rôle de partant. Une blessure à Ben Bishop lui a ouvert la porte. Il n’a pas juste saisi sa chance, il a propulsé les Stars de Dallas à une première participation à la finale de la Coupe Stanley depuis l’an 2000.

Aujourd’hui, Khudobin se retrouve à trois victoires de pouvoir parader avec le trophée au bout de ses bras.

«Quand j’étais jeune, je rêvais seulement de jouer dans la LNH, a dit Khudobin lors de la journée consacrée aux médias vendredi. Je n’avais jamais imaginé d’avoir la chance de gagner la coupe Stanley. À mon arrivée dans la LNH, j’ai rapidement réalisé que ce n’est pas facile d’atteindre la finale et de la gagner. J’ai maintenant cette possibilité. Il s’agirait d’une grande réalisation si nous pouvions l’emporter.»

Pour Rick Bowness, Khudobin n’a rien d’un imposteur.

«Je suis très fier de lui, a expliqué l’entraîneur en chef des Stars. Je l’ai dit souvent, mais je ne suis pas surpris de le voir jouer de cette façon. Nous le voyons depuis deux ans avec notre équipe. Il est tellement un gars compétitif et un bon coéquipier. Je me réjouis de voir qu’il obtient une plus grande reconnaissance.»

Plus d’entrevues

Depuis le début des séries, Khudobin a les chiffres d’un gardien étoile. Il a un dossier de 13-6 avec une moyenne de 2,54 et un taux d’efficacité de ,923. À ses sept derniers départs, c’est encore mieux avec une fiche de 6-1 et un spectaculaire taux d’efficacité de ,946.

Le petit gardien de 5 pi 11 po a déjà un tableau de chasse impressionnant avec des victoires contre de bonnes machines offensives avec les Flames de Calgary, l’Avalanche du Colorado et les Golden Knights de Vegas. Il lui reste un gros gibier à abattre avec le Lightning.

«Je garde la même routine et la même préparation même si je me retrouve sur une plus grande scène avec la finale, a répliqué bien calmement Khudobin. J’ai juste plus d’entrevues à faire avec vous.»

Des ressemblances avec Thomas

Dans le cas d’une consécration des Stars, Khudobin pourrait devenir le premier gardien depuis Jonathan Quick en 2012 avec les Kings de Los Angeles à graver son nom sur le trophée Conn-Smythe. Il serait aussi le plus vieux joueur à gagner ce prestigieux titre depuis Tim Thomas (36 ans) avec les Bruins de Boston en 2011.

Khudobin a justement un parcours qui ressemble à celui de Thomas. Le Kazakh est un lointain choix de 7e tour (206e au total) en 2004 par le Wild du Minnesota. Thomas avait été repêché au 9e tour (217e) en 1994 par les Nordiques de Québec.

Sur le plan physique, on parle aussi de deux petits gardiens, mais assez corpulents. Khudobin mesure 5 pi 11 po et il pèse 195 lb. À ses belles années avec les Bruins, Thomas avait des mensurations pratiquement identiques à 5 pi 11 po et 201 lb.

Les deux gardiens ont eu à se battre pour atteindre la LNH, passant tous les deux par la ECHL et la Ligue américaine. Thomas avait même fait un détour par la Finlande avant de recevoir une réelle chance à Boston en 2005-2006.

En 2011, Khudobin a appris une portion de son métier en regardant Thomas avec les Bruins. Il était à cette époque un membre de l’équipe des réservistes (black aces) des Bruins.

«C’était une très bonne expérience pour moi, a raconté Khudobin. J’en garde de précieux souvenirs. À mes premiers jours avec les Bruins en 2011 lors des séries, j’avais rencontré Claude Julien, Zdeno Chara et Mark Recchi. Ils m’avaient dit que j’étais pour participer aux entraînements et voyager avec l’équipe. J’ai appris juste en sautant sur la glace pour des pratiques. Je regardais aussi la préparation des joueurs. À cette époque, j’ai rapidement compris que c’était difficile d’atteindre une finale. Et que c’est encore plus difficile de gagner.»

Le 9 octobre prochain, Khudobin pourrait vivre une autre fois le marché des joueurs autonomes. Cette fois, il aura des arguments massifs pour recevoir une sérieuse augmentation salariale. Le 1er juillet 2018, il avait décroché le plus lucratif contrat de sa carrière en acceptant un pacte de deux ans et 5 millions avec les Stars. Jim Nill aura maintenant besoin d’être encore plus persuasif pour le garder à Dallas.