Crédit : Karine Dufour

Félix Séguin

La fois où Ron Fournier a réalisé mon rêve

La fois où Ron Fournier a réalisé mon rêve

Félix Séguin, TVA Sports

Publié 08 septembre
Mis à jour 08 septembre

En 1999, j’étudie au collège Champlain à St-Lambert.

Je suis un «mordu» de hockey autant par le sport que par les personnalités que je vois à la télévision, que j’entends à la radio et que je lis dans les journaux.

Une de ces personnalités, c’est Ron Fournier.

Je le vois régulièrement à la Soirée du hockey, mais je l’écoute surtout religieusement tous les soirs alors que je fais mes devoirs pour le Cégep.

Un soir de novembre, je prends mon courage à deux mains et je décide de participer à sa populaire tribune téléphonique.

Après quelques minutes d’attente, c’est mon tour.

«Prochain appel, Félix, dit Ron. Je t’écoute.»

J’ai le cœur qui débat, mais je parviens à dire ce que j’avais à dire au sujet des Canadiens de Montréal.

Après une trentaine de secondes, Ron m’arrête.

«Je trouve ton propos intéressant. Quel âge as-tu Félix ?»

Je réponds : «19 ans.»

«Que veux-tu faire plus tard ?», ajoute-t-il.

Sans hésiter, je réponds en riant.

«Je veux prendre ta place.»

Ron se met à rire de bon cœur et il me prend par surprise en disant.

«Félix, ne raccroche pas. Notre metteur en ondes va te donner mes coordonnées. Je veux t’inviter dans mon studio et je veux que tu assistes à l’une de mes émissions.»

«Vraiment ? Ce sera un immense honneur mon cher Ron. Merci, merci, merci.»

Dans les jours qui suivent, je l’appelle. Il se souvenait de moi et il tenait à respecter sa promesse.

Quelques semaines plus tard, je me présente dans son studio. Il me présente à son équipe, il me montre de quelle façon il se prépare et je m’assois à ses côtés pour l’intégralité de son émission.

J’étais comblé.

Cependant, Ron Fournier m’avait gardé le meilleur pour la fin. Durant une pause publicitaire, il me regarde et il me dit.

«Tu vas coanimer avec moi la dernière heure de mon émission. Approche le micro devant toi.»

J’étais au septième ciel. Je vivais un rêve. J’allais faire mes débuts aux côtés de Ron Fournier.

Pendant 60 minutes, nous avons pris des appels et avons parlé des Canadiens de Montréal avec de nombreux auditeurs.

«Bonsoir Ron. Bonsoir Félix», disaient les gens qui nous appelaient.

C’était irréel.

Et cette soirée de rêve n’était pas encore terminée.

Puisqu’il faisait froid dehors et que je n’avais pas de voiture, Ron a eu la délicatesse de me reconduire chez moi. Dans son véhicule, nous avons échangé sur son métier, sur sa vie et sur mes projets futurs.

Généreux, aimable, et attentionné, Ron s’était comporté comme un vrai «gentleman». Ce soir-là, j’étais probablement l’être humain le plus heureux sur la planète.

J’ai un respect immense pour Ron Fournier l’animateur de radio, mais surtout pour l’homme qu’il a toujours été.

Bonne retraite Ron.

Merci d’avoir aidé tant de jeunes comme moi au cours de ton parcours professionnel.

Je te serai éternellement reconnaissant.