Canadiens de Montréal

Pourquoi l'expérience Keith Kinkaid a échoué

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Le 1er juillet 2019, Marc Bergevin annonçait l’embauche du gardien Keith Kinkaid afin d’épauler Carey Price. Un an plus tard, il n’y avait ni gâteau ni bougies pour souligner l’anniversaire de cette acquisition, qui n’a pas fait de cadeau aux partisans des Canadiens de Montréal.

À l’époque, le sympathique Américain était devenu le quatrième portier à s’entendre avec le club un 1er juillet depuis 2010, après Alex Auld, Peter Budaj (2011), puis Al Montoya (2016). Le directeur général du Tricolore ne voulait pas revivre le même cauchemar que l’année précédente avec Antti Niemi.     

C’est pourtant ce qui s’est produit : recruté à un salaire de 1,75 million $, Kinkaid n’a participé qu’à six rencontres à Montréal, compilant une fiche de 1-1-3 avec une efficacité de ,875 (celle de Niemi était de ,877). 

«Ce fut une saison frustrante à tous les égards», a résumé son agent Allain Roy, jeudi, dans un entretien avec le TVA Sports.ca.

Que s’est-il passé? 

«Il a vraiment aimé la ville et la passion des partisans, assure l’agent. Côté confiance, quand ça ne va pas pour un bout de temps, et que ton coach perd confiance en toi, la frustration augmente.

«Ça arrive partout. Ce n’est pas une situation anormale pour un gardien, lorsqu’il sent qu’il n’a pas confiance.»

«Pas un bon fit»  

Au lendemain d’une huitième défaite d’affilée, le Tricolore a soumis Kinkaid et sa moyenne de buts alloués de 4,24 au ballottage et il a ultimement pris le chemin de Laval. Des cinq départs qu’il avait entrepris avec le grand club avant sa rétrogradation, il a accordé moins de quatre buts qu’une seule fois. 

Dans la Ligue américaine, il a compilé un dossier de 3-7-3 avant d’être prêté aux Hurricanes de la Caroline en fin de saison. 

«Ce n’était pas vraiment un bon fit pour lui à Montréal, en déduit Roy. C’était une expérience avec des hauts et des bas. Ç’avait bien commencé. Et ça s’est terminé en Caroline.

Même s’il semblait frustré de son sort par moments, Kinkaid n’éprouve aucune rancune envers le CH, assure son représentant.

«Je ne pense pas qu’il (a quitté l'organisation) avec un goût amer. Il comprenait la situation. Il s’agissait d’une saison frustrante et ce n’est pas le résultat qu’il souhaitait. Le Canadien non plus.

«Il va falloir qu’il reparte à zéro ailleurs.»

Trouvera-t-il preneur?    

Avec le club-école des «Canes» à Charlotte, Kinkaid s’est racheté en quelque sorte. En quatre présences, il a montré un dossier de 2-1-1 avec un taux d’efficacité de ,924 et une moyenne de buts de 2,24. 

Le DG Don Waddell pourrait le ramener avec l'organisation, mais il a présentement trois gardiens avec des contrats à un volet, ce qui complique ce scénario. Roy est toutefois optimiste que l’athlète de 31 ans se trouvera du boulot lorsque la période des joueurs autonomes s’ouvrira, cet automne.

«Plusieurs gardiens commencent à être âgés et je pense qu’il y encore de la place pour lui dans un rôle de numéro 2 ou 2B, prévient-il. Il a bien joué (à Charlotte). Il a encore un avenir dans la ligue.»

Le patron de l’agence Roy Sports Group, qui représente également Jake Allen, la récente prise de Bergevin, a salué les efforts de ce dernier pour accommoder Kinkaid en fin de saison.

«C’était une bonne chose de partir pour la Caroline et ce fut une bonne décision du Canadien. (Bergevin) n’était pas obligé de faire ça.»

Notons que malgré son passage laborieux à Montréal, Keith Kinkaid a réalisé un des arrêts les plus spectaculaires de la saison chez le CH (à revoir dans la vidéo, ci-dessus).