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Water-polo : royaume des coups en bas de la ceinture

AFP
Photo portrait de Joseph Facal

Joseph Facal

2024-08-05T16:51:02Z

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Votre intrépide explorateur olympique poursuit ses incursions dans les sports méconnus. 

Je suis à l’Aréna Paris La Défense pour le match de water-polo entre la Serbie et la Hongrie.

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Je n’ai pas choisi ce match au hasard.

Au water-polo, Hongrie-Serbie, c’est LA rivalité, c’est Ali-Frazier à la boxe, Canada-Russie au hockey.

La Hongrie a remporté l’or olympique chez les hommes neuf fois, plus que quiconque. C’est LA référence, comme les Américains au basket.

Cependant, ces dernières années, la nouvelle puissance, c’est la Serbie, médaillée d’or lors des deux derniers Jeux.

Bref, il ne peut pas y avoir affrontement plus «big».

Costauds

J’ai une vue parfaite, sur la ligne de 50 comme on dit au football.

On plonge l’aréna dans la noirceur, puis on projette de jeux de lumière sur l’eau, avec une musique du 17e siècle, faite pour accueillir des aristocrates en perruque poudrée. Très classe.

Arrivent les joueurs. Des pans de murs, des bœufs, et vous comprendrez pourquoi dans un instant.

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Le water-polo, c’est un mélange de hockey, de soccer, de handball, mais dans l’eau.

Deux équipes de sept joueurs, incluant le gardien de but, s’affrontent dans une piscine de 30 mètres de long par 20 de large pour les gars, pendant quatre périodes de huit minutes.

Un match dure cependant beaucoup plus que 32 minutes parce que l’arbitre siffle très fréquemment.

Comme la piscine a 3 mètres de profond, vous devez flotter par vos propres moyens.

Vous ne pouvez manipuler le ballon qu’avec une seule main, et vous avez un maximum de 30 secondes pour tenter un tir.

L’équipe qui possède le ballon s’installe en zone offensive, puis fait tourner le ballon avec des passes, cherchant le bon angle de tir ou une façon de se rapprocher du filet adverse.

Vous passez donc le match à nager d’un bout à l’autre, à recevoir et à faire des passes, à tirer ou à tenter de bloquer un tir, et à vous faire sérieusement bardasser.

Parce que mes petits amis, c’est viril, violent, «rough» en ti-pépère.

Il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas.

Ce qu’on voit, ce sont des coups de coude, des prises du corps, les têtes enfoncées sous l’eau, etc.

Ce qu’on ne voit pas, mais qu’on devine par les réactions, c’est ce qui se passe sous l’eau, et que tous les témoignages des joueurs confirment.

Sous l’eau, on ne se fait pas de cadeaux, on ne prend pas de prisonniers.

On se donne des coups de genoux, des coups de pied, on s’agrippe par le costume de bain, on vise la zone qui différencie Pierrot de Pierrette.

L’arbitre, qui se doute bien de ces outrages sous-marins, marche de long en large sur le bord de la piscine et fait ce qu’il peut.

Certaines fautes peuvent entraîner un avantage numérique, comme au hockey.

L’avant-centre, qui cherche à se placer juste devant le but adverse, en mange une encore plus que les autres.

Favoris

Pour seule protection, les joueurs ont des coquilles en plastique sur les oreilles de leur bonnet de bain. Vous essaierez de nager avec un «jockstrap».

Ils peuvent donc finir un tournoi avec des bleus, des yeux au beurre noir et des lèvres fendues, comme au hockey.

Un match demeuré célèbre pour sa brutalité opposa la Hongrie à l’URSS lors des Olympiques de 1956. Deux ans auparavant, les chars soviétiques étaient entrés en Hongrie pour empêcher le renversement du régime communiste par une révolte populaire.

La Hongrie a battu la Serbie 17 à 13. Les autres matchs m’ont laissé sur l’impression que du gros ouvrage attend ceux qui voudraient priver Hongrois ou Serbes de l’or.

Il y a eux et les autres. Pas mal sûr de mon affaire.

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