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Vous avez mal partout après un vaccin? On vous explique le phénomène de «gueule de bois vaccinale»

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Photo portrait de Anne-Sophie Poiré

Anne-Sophie Poiré

2024-11-21T12:00:00Z

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Avez-vous l’impression qu’un camion vous est passé sur le corps après avoir reçu une dose de vaccin? Félicitations! Vous souffrez de gueule de bois vaccinale. Les maux de tête, les courbatures et la fatigue peuvent être la preuve d'une défense renforcée et d’un système immunitaire en bonne santé.

«Le but du vaccin est d’entrainer une réponse face à l’antigène injecté. On incite le système immunitaire à combattre l’intrus. Cette réponse, qui permet le développement d’anticorps, diffère selon les gens», explique la microbiologiste et infectiologue au CHU Ste-Justine, Caroline Quach-Thanh.

Vous êtes probablement nombreux à avoir souffert de gueule de bois vaccinale ces dernières semaines.

La vaccination saisonnière contre la grippe et la COVID-19 est en effet en cours dans la province depuis le début du mois d’octobre. 

À cette campagne s’ajoute celle contre les virus du papillome humain (VPH), ouverte gratuitement à la population québécoise âgée de 21 à 45 ans.

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Au lendemain d’une injection, la plupart des personnes auront de l’enflure, une rougeur et de la douleur au site de la vaccination.

Pour d’autres, les symptômes sont plus accaparants: fatigue, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, frissons, fièvre ou nausées.

«Il y a des personnes que peu importe le vaccin, peu importe l’antigène injecté, elles vont répondre plus que d’autres. Et elles réagissent souvent de la même façon», souligne l’expert en virologie et professeur au département des sciences biologiques de l’UQAM, Benoit Barbeau.

Qu’est-ce qui explique donc l’apparition de ces symptômes?

Plus d'anticorps

«Quand ils ont une grosse réponse, les gens sont habituellement mieux protégés», résume la Dre Quach-Thanh. Ça veut aussi dire que ces personnes ont un système immunitaire en santé qui est capable de réagir face à un intrus.»

Une étude de l'Université de Californie à San Francisco parue en juin dernier dans la revue médicale Annals of Internal Medicine va dans le même sens.

Plus le nombre d'effets secondaires est élevé, plus le taux d'anticorps l’est aussi, a constaté l’équipe de recherche qui a suivi 363 personnes ayant reçu les vaccins contre la COVID-19 de Pfizer-BioNTech ou de Moderna.

AFP
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Après la deuxième dose, les participants qui présentaient sept symptômes ou plus avaient des taux d'anticorps presque deux fois plus élevés que celles qui n’en présentaient aucun. Ils étaient âgés de 40 à 60 ans et n'avaient jamais été infectés par le virus.

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Mais attention: il ne s'agit pas d'une règle absolue.

Certains participants sans symptômes avaient plus d’anticorps que ceux avec des symptômes, précise l’étude.

«Et si une personne ne ressent pas d'effets secondaires après une injection, ce n'est pas le signe que le vaccin ne fonctionne pas», ajoute quant à elle Caroline Quach-Thanh.

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Les jeunes et les femmes

«Les études démontrent que les femmes vont habituellement réagir davantage [à un vaccin], ce qui signifie qu’elles ont une meilleure réponse immunitaire. Quand elles ont un rhume, elles auront peut-être plus de fièvre, mais elles élimineront le virus plus rapidement», illustre la microbiologiste et infectiologue.

L’hypothèse: l’évolution biologique.

«Ça remonterait à la base, quand la maman devrait être capable de maitriser ses symptômes plus rapidement pour s’occuper des enfants», rapporte la Dre Quach-Thanh.

Photo Adobe Stock
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L’experte rappelle que les jeunes sont également plus susceptibles de souffrir d’une gueule de bois vaccinale.

«Les personnes âgées ont une réponse un peu plus calme comme le système immunitaire est moins efficace en vieillissant», détaille la Dre Quach-Thanh.

Pour contrer les effets secondaires indésirables d’un vaccin, l’experte recommande de prendre une dose d’acétaminophène ou d’ibuprofène. Mais attention: il faut la consommer une fois que les symptômes apparaissent.

«Si on prend un Tylenol ou une Advil avant la dose de vaccin, on empêche la réponse inflammatoire, ce qui pourrait avoir un impact sur l’efficacité du vaccin», signale-t-elle.

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