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Voici pourquoi les États-Unis convoitent le territoire canadien depuis 250 ans

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Photo portrait de Luc Laliberté

Luc Laliberté

2025-01-11T05:00:00Z

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Depuis l’élection de novembre 2024, le président Trump est revenu à la charge à maintes occasions en manifestant son désir que le Canada devienne le 51e État américain.

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Déjà à l’époque des colonies anglaises et françaises, les colons britanniques lorgnaient le territoire au nord et les affrontements se sont multipliés.

Après la naissance des États-Unis en 1776, ces intentions d’expansion ont persisté. Si au Canada les désirs d’être annexé n’ont jamais rejoint un grand nombre d’adeptes, chez nos voisins du Sud l’idée n’est jamais totalement disparue.

Ce qu’on croit que Donald Trump espère obtenir d’une annexion du Canada trouve donc ses origines dans l’histoire et il n’est pas le premier à manifester cette volonté.

Des intérêts économiques

Même s’il s’exprime cavalièrement et sans égard pour les règles élémentaires de la diplomatie ou du droit international, ce qui ressort des récentes déclarations du président n’a rien de bien original.

Le premier intérêt des colons anglais ou des Américains fut le développement économique, l’accès aux nombreuses ressources du territoire.

Marchand de fourrures sur le Missouri (1845, George Caleb Bingham)
Marchand de fourrures sur le Missouri (1845, George Caleb Bingham) Photo domaine public

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Qu’il s’agisse, selon les époques, du commerce des fourrures, des eaux poissonneuses, des terres cultivables, des ressources forestières, de l’eau potable ou encore de l’accès aux ressources hydroélectriques et minières, les bénéfices d’une annexion sont évidents.

Ce qui a changé au fil des ans, c’est le statut du territoire. Pendant longtemps, c’est avec l’Empire britannique que les États-Unis devaient en découdre, mais aux XXe et XXIe siècles, le Canada affronte seul la bourrasque.

Incendie de la Maison-Blanche par les Britanniques (1816)
Incendie de la Maison-Blanche par les Britanniques (1816) Photo domaine public

Une importance stratégique

L’intérêt de nous annexer ne concerne pas que les ressources dont regorge le Canada. Un autre aspect doit aussi être traité à part: le territoire canadien revêt un caractère stratégique pour les États-Unis.

Uniquement pour les transports et la circulation des marchandises, nous demeurons une porte d’entrée pour l’Amérique. 

Depuis fort longtemps, nous négocions la navigation sur le Saint-Laurent et l’accès aux Grands Lacs, élaborons des projets communs et gérons la plus longue frontière du monde. 

Ce n’est pas pour rien qu’on discute de libre-échange (ou de réciprocité) depuis 1854 et que nos services de renseignements et notre force militaire collaborent depuis longtemps.

Le président Trump semble d’ailleurs oublier que nos deux pays se retrouvent à l’OTAN et que, depuis 1958, NORAD assure la protection du Canada et des États continentaux américains.

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Mackenzie King et Franklin Delano Roosevelt à Québec en 1936. Quatre ans plus tard, on signait l’entente Ogdensburg, le point de départ de ce que sera plus tard NORAD.
Mackenzie King et Franklin Delano Roosevelt à Québec en 1936. Quatre ans plus tard, on signait l’entente Ogdensburg, le point de départ de ce que sera plus tard NORAD. Photo domaine public

Une question de protection

Comme cela s’est produit par le passé, Donald Trump invoque la menace que représentent certains pays pour appuyer son projet d’annexion.

Projet de loi de 1866 pour l’annexion du Canada (il n’a jamais été officiellement présenté).
Projet de loi de 1866 pour l’annexion du Canada (il n’a jamais été officiellement présenté). Photo domaine public

Si, aux XIXe et XXe siècles, on s’est inquiété pour la côte ouest ou le Nord en raison de la présence des Espagnols, des Français, des Russes, ou, dans un passé pas si lointain, de l’Union soviétique, le 47e président mentionne maintenant qu’il faut assurer une meilleure sécurité face à l’expansion de la Chine ou, une fois de plus, à la présence russe.

Igor Gouzenko encapuchonné (1954). L’affaire Gouzenko a contribué à rassurer les Américains sur la volonté du Canada de lutter contre l’espionnage soviétique.
Igor Gouzenko encapuchonné (1954). L’affaire Gouzenko a contribué à rassurer les Américains sur la volonté du Canada de lutter contre l’espionnage soviétique. Photo domaine public

Il est paradoxal de constater que des membres de son administration nient les changements climatiques alors que ce sont précisément les effets de ce réchauffement qui rendent la protection du Grand Nord aussi primordiale.

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