Voici pourquoi l’administration Trump refuse d'utiliser le mot «guerre» pour décrire le conflit en Iran

Yannick Beaudoin
Partager
L’administration Trump joue sur les mots pour sauver la face en évitant de prononcer le terme « guerre » pour qualifier le conflit en cours en Iran, soutient un expert en politique internationale.
• À lire aussi : EN DIRECT | 6e jour de la guerre au Moyen-Orient : Israël annonce la « phase suivante » et promet d’« autres surprises »
• À lire aussi : Panique à Beyrouth après les menaces d’Israël
• À lire aussi : Carney n’exclut pas une participation militaire au Moyen-Orient : « C’est plus prudent », dit Yasmine Abdelfadel
Mercredi, le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a affirmé que les États-Unis « n’étaient pas en guerre », parlant plutôt d’une « mission » et d’une « opération spéciale ».
« Trump s’est lui-même mis dans ce piège, c’est-à-dire qu’il a d’abord tout fait pour obtenir un deal du nucléaire iranien, qu’il savait très bien ne pas pouvoir être aussi bon que celui qu’il avait lui-même déchiré, le fameux deal de 2015. Pour appuyer ces pressions, il a déployé une armada qu’on n’avait pas vue depuis 20 ans », a expliqué à TVA Nouvelles le directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), Romuald Sciora.
Selon ce dernier, Donald Trump devait se justifier auprès de son électorat en raison de l’insuccès diplomatique avec l’Iran et a donc décidé de passer à l’action.
« Il se retrouve aujourd’hui avec une guerre très incertaine. Les scénarios sont multiples, est-ce que ça va durer plusieurs semaines ? Est-ce qu’il faudrait à terme, si on voulait vraiment faire tomber le régime iranien et obtenir ce qu’il veut, envoyer des troupes au sol ? [...] Pourra-t-il passer un deal un peu plus tôt avec ce qui demeure du régime ? » s’interroge M. Sciora.

« C’est plein d’incertitudes, la stratégie américaine n’est pas définie et donc effectivement, il faut rassurer le peuple américain, surtout ne pas prononcer le mot “guerre” », ajoute-t-il.
Ce dernier rappelle qu’en 2016, Donald Trump s’était fait élire en promettant qu’il n’entraînerait pas les États-Unis dans d’autres conflits internationaux qui s’étirent tels que la guerre en Irak ou celle en Afghanistan.
« Et là aujourd’hui, on se retrouve dans une guerre où il y a déjà des soldats américains qui sont morts, le président prévient qu’il devrait y en avoir d’autres et on n’a aucune certitude sur les objectifs et la durée potentielle de cette guerre ou opération spéciale. Donc on évite pour l’instant de prononcer ce mot », soutient le spécialiste en politique américaine.
Pour voir les explications complètes, visionnez la vidéo ci-haut.