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Voici pourquoi Benjamin Nétanyahou ne veut (probablement) pas de paix à Gaza

Photo portrait de Gabriel  Ouimet

Gabriel Ouimet

2025-10-29T18:39:39Z

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Israël a procédé à des attaques d’envergure qui ont fait plus d’une centaine de morts dans la bande de Gaza depuis l’instauration du cessez-le-feu, le 10 octobre dernier. Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, tente-t-il de prolonger le conflit afin de se maintenir au pouvoir et de poursuivre les ambitions israéliennes dans l’enclave palestinienne? Un expert nous aide à mieux comprendre.

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Benjamin Nétanyahou a annoncé la reprise du cessez-le-feu mercredi matin, après que ses soldats ont procédé la veille à des bombardements qui ont fait plus de 100 morts — dont une vingtaine d’enfants — à Gaza, en réponse au meurtre d’un soldat israélien.

Un Palestinien recouvre un corps dans le débris d’un immeuble détruit par une attaque israélienne.
Un Palestinien recouvre un corps dans le débris d’un immeuble détruit par une attaque israélienne. AFP

Les membres d’extrême droite du gouvernement de coalition de Tel-Aviv — dont le premier ministre a besoin pour continuer à gouverner — ont critiqué le retour du cessez-le-feu, y voyant une preuve de faiblesse susceptible de nuire à la sécurité d’Israël.

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«Une fois de plus, le Hamas assassine un soldat pendant le cessez-le-feu et, une fois de plus, le premier ministre choisit de mettre fin à l’incident avec le concept d’une “réponse mesurée“ et un retour immédiat au cessez-le-feu», a critiqué le ministre de la Sécurité nationale issu de l’extrême droite, Itamar Ben Gvir.

Le gouvernement devrait «s’efforcer d’atteindre rapidement son objectif principal: la destruction du Hamas», a-t-il ajouté.

Cette déclaration survient alors que les élus d’extrême droite ont menacé à plusieurs reprises de faire tomber le gouvernement Nétanyahou depuis qu’il a publiquement accepté les termes du plan de paix pour Gaza initié par Donald Trump.

Les récentes violations du cessez-le-feu pourraient ainsi servir à rassurer l’opposition sur la volonté du premier ministre de s’opposer au Hamas et de prendre le contrôle d’une grande partie de la bande de Gaza.

Un prétexte pour s’emparer de Gaza

Le 13 octobre, trois jours après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza, le chef de l’opposition israélienne, Yair Lapid, a prononcé un discours révélateur à la Knesset, le parlement israélien.

«Le Hamas, l'Iran et les Houthis ont tous mal interprété les rapports des services de renseignement. Le véritable rapport sur les intentions d'Israël se trouve dans le livre de la Genèse: “Je te donnerai, ainsi qu'à ta descendance après toi, le pays de Canaan en possession perpétuelle“», a-t-il déclaré.

Canaan, c’est une ancienne région du Proche-Orient, qui englobe l’entièreté de l’actuelle Palestine. Les croyants israéliens estiment que ce territoire leur revient de droit, car il leur a été promis par Dieu dans la Bible.

«Tout cela m'amène à conclure que la focalisation sur le Hamas et sur le fait qu'il a encore quelques armes [à Gaza] vise à distraire des vrais enjeux, qui sont la volonté d'Israël de prendre le contrôle du territoire et d'en chasser les habitants», expliquait le sociologue et spécialiste du Moyen-Orient, Rachad Antonius, en entrevue à 24 heures, le 17 octobre dernier.

Il a rappelé que le début de l’occupation israélienne de Gaza, ainsi que de la violente répression de sa population, remonte à aussi loin que 1967. Le Hamas, pour sa part, n'a été fondé que 20 ans après, en 1987.

«Les actions du Hamas, aussi condamnables soient-elles, sont une réponse à ces violences, et non le point de départ [aux violentes répressions d’Israël]. Citer les premières sans rappeler les secondes a pour effet de falsifier l'histoire et de montrer le Hamas comme l'agresseur et Israël comme la victime», a insisté Rachad Antonius.

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