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Voici l’homme derrière le gardien aux 83 arrêts: Tristan Côté-Cazenave a bûché avant de vivre son moment de gloire

En plus de protéger la cage du National de Québec, Tristan Côté-Cazenave est entraîneur des gardiens à l'école Jacques-Leber de Saint-Constant et il étudie au baccalauréat en planification financière, ce qui lui confère une vie plus que remplie.
BEN PELOSSE / LE JOURNAL DE MONTRÉAL
En plus de protéger la cage du National de Québec, Tristan Côté-Cazenave est entraîneur des gardiens à l'école Jacques-Leber de Saint-Constant et il étudie au baccalauréat en planification financière, ce qui lui confère une vie plus que remplie. BEN PELOSSE / LE JOURNAL DE MONTRÉAL Ben Pelosse / JdeM
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2025-03-18T23:00:00Z

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Pour réaliser un match de 83 arrêts, peu importe la ligue de hockey, il faut forcément être un individu spécial. Les exploits de Tristan Côté-Cazenave samedi soir ont enflammé les réseaux sociaux, mais au-delà de sa mémorable soirée de travail, l’homme derrière le gardien de but du National de Québec, dans la LNAH, s’est toujours accroché et il gagne à être connu.

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Il n’y avait certainement pas meilleur moment pour vivre une telle performance qu’au deuxième match de la série opposant le National au Cool FM de Saint-Georges. Les 83 arrêts ont propulsé les siens vers une victoire de 3-2 en prolongation, qui a nivelé la série à 1-1.

Avant notre entretien avec le cerbère de 25 ans, un membre de l’organisation nous a brièvement parlé de lui.

Tristan Côté-Cazenave s'est dressé telle une forteresse impénétrable devant le Cool FM de Saint-Georges, en bloquant 83 des 85 lancers sur lui, samedi dernier.
Tristan Côté-Cazenave s'est dressé telle une forteresse impénétrable devant le Cool FM de Saint-Georges, en bloquant 83 des 85 lancers sur lui, samedi dernier. PHOTO JONATHAN L'HEUREUX, NATIONAL DE QUÉBEC

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«Quand ce gars-là arrive dans le vestiaire avec ses tatouages et ses pantalons larges, on jurerait que c’est un rappeur. Puis aussitôt que tu le connais, tu découvres quelqu’un de très sérieux et studieux.»

Côté-Cazenave, lui, est allé encore plus droit au but quand on lui a confié cette anecdote.

«Si je vais prendre un verre dans un resto-bar et que je vais aux toilettes, le monde doit penser que je vends de la drogue!

«Au départ, ça ne m’aide peut-être pas, mais c’est ce qui fait la beauté d’apprendre à me connaître. La première impression n’est pas une réalité absolue», nous confie en riant celui qui progresse bien dans son baccalauréat en planification financière pour devenir gestionnaire de portefeuille et, éventuellement, actuaire.

Tout le contraire de l’image qu’il projette et qui nous donne encore plus envie d’en savoir davantage sur son parcours.

Plusieurs embûches

Dès l’adolescence, Côté-Cazenave a réalisé que malgré son talent, le hockey forgerait son caractère avec des obstacles sur la route.

Dès les rangs MAAA, il a été retranché à deux reprises pour aboutir avec le Blizzard du Séminaire Saint-François. Il a ensuite fait son chemin dans la LHJMQ avec les Tigres de Victoriaville pendant quatre saisons et avec les Remparts de Québec pour terminer son parcours dans le junior.

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Tristan Côté-Cazenave a terminé son stage junior avec les Remparts.
Tristan Côté-Cazenave a terminé son stage junior avec les Remparts. Photo DIDIER DEBUSSCHÈRE

En 2018, il a obtenu une invitation au camp de développement des Penguins de Pittsburgh. Il n’a pas décroché de contrat et après sa carrière junior, il a pris la direction de Reading, dans la Ligue East Coast, où il n’a joué que deux matchs.

«Je suis arrivé un 30 décembre, j’ai fait une pratique le 31 et le soir, j’ai réalisé un jeu blanc. Deux jours après, j’étais appelé pour monter dans la Ligue américaine. Je suis resté une douzaine de matchs, mais Alex D’Orio était le partant quand je suis arrivé et il connaissait une bonne séquence. Je n’ai pas eu la chance d’avoir un départ et c’est comme si ce passage dans la Ligue américaine n’a jamais existé. J’ai ensuite été libéré par Reading parce que deux gardiens s’en venaient», s’est-il remémoré.

Il a ensuite vécu un scénario semblable à Knoxville, dans la SPHL, où il n’a fait que passer, préférant ensuite se concentrer sur ses succès scolaires tout en se tournant vers la LNAH, pendant deux saisons à Rivière-du-Loup.

«Je n’ai jamais voulu me dire que le hockey ne marcherait pas pour moi et j’y ai toujours cru à 150%, mais mes parents, je les remercie d’ailleurs, ont toujours exigé que je poursuive mes études. C’est une bonne chose, parce que ma vie dans le hockey a été mouvementée», a-t-il souri.

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Une saison imprévue

Le pire, c’est que Côté-Cazenave avait finalement fait la paix avec l’idée de mettre une croix sur le hockey après la dernière campagne à Rivière-du-Loup. Puis, la LNAH a procédé à une expansion et Québec lui a ouvert ses portes.

Le voilà qui termine ses études tout en étant entraîneur des gardiens du profil «hockey» à l’école Jacques-Leber, à Saint-Constant, en plus de nourrir sa passion pour le hockey les week-ends, dans la LNAH.

Les jeunes des équipes M13 et M15 de l'école secondaire Jacques-Leber, à Saint-Constant, profitent des enseignements sur glace de Tristan Côté-Cazenave.
Les jeunes des équipes M13 et M15 de l'école secondaire Jacques-Leber, à Saint-Constant, profitent des enseignements sur glace de Tristan Côté-Cazenave. Ben Pelosse / JdeM

Ce saut non planifié à Québec lui a finalement permis de vivre l’impensable, quand il a bloqué 83 des 85 rondelles dirigées vers lui. La rumeur dit que quatre douches plus tard, son corps morcelé dégage encore de fortes odeurs de caoutchouc...

«Mes parents m’ont toujours soutenu et cette année, c’était la première fois qu’ils pouvaient assister à un match. Quand je suis sorti de la chambre après le match et que je les ai vus, j’ai versé deux ou trois larmes. J’ai été submergé par les émotions», a-t-il lancé.

La série se poursuit vendredi soir (20h), à Saint-Georges.

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