15 livres en moins... et des appels d’équipes professionnelles
De nouvelles portes pourraient s’ouvrir au gardien du National après ses 83 arrêts


Stéphane Cadorette
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Quand on reçoit 85 lancers, on peut se permettre quelques excès sans trop craindre la balance. Après ce bombardement en règle, Tristan Côté-Cazenave assure qu’il n’a perdu rien de moins qu’une quinzaine de livres.
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«Quand on a finalement marqué et que l’arbitre a fait le signal du but, mon cerveau a arrêté de fonctionner pendant 15-20 minutes. Je suis quelqu’un qui sue rapidement et beaucoup. Dans un match normal de 30-35 lancers, je vais perdre entre 4 et 7 livres. Je me suis pesé le lendemain et j’ai fait le saut quand j’ai vu 15 livres en moins», a-t-il rigolé.
Sa performance incroyable n’a pas été sans rappeler aux érudits de Québec le fameux match de Ron Tugnutt, le 21 mars 1991, lorsque le gardien des Nordiques avait arrêté 70 des 73 lancers des Bruins.
«Après le match, on m’a mentionné le nom de Ron Tugnutt comme si j’étais supposé le connaître. J’avais les yeux bien ronds, je regardais la personne qui me disait ça et j’ai répondu: "Qui ça? Quoi?". Pour vrai, je ne savais absolument rien de lui», a admis Côté-Cazenave en toute franchise.
Dans la LNH, le record d’arrêts dans un match est de 85 et a été établi par Joonas Korpisalo, avec les Blue Jackets, lors des séries de 2020.
Des chiffres à la glace

Qui sait, c’est peut-être le fait de jongler si habilement avec les chiffres à l’école et l’action sur la glace qui a permis à l’imperturbable gardien de repousser 83 rondelles en demeurant totalement concentré. Peut-être aussi que sa maman, qui lui a enseigné de bonnes techniques de respiration pour se détendre, a joué son rôle.
«Après la troisième période de 25 lancers contre 1, je ne me suis même pas rendu dans la chambre. J’ai dû demander mon espace. Je suis resté dans le couloir, je me suis mis à quatre pattes et j’ai dit aux gars qu’on se reparlerait dans cinq minutes. J’avais besoin de respirer. Je n’étais même plus sûr de finir le match. Par chance, mon focus mental était vraiment bon ce soir-là», a-t-il expliqué.
Le téléphone sonne

Même si le gardien de 25 ans dispose d’un solide plan de carrière dans le domaine de la finance quand le hockey sera chose du passé pour lui, ce match remarquable de samedi dernier a provoqué une réaction inattendue.
«Je vis super bien avec ma décision de revenir au Québec et de lâcher les rangs professionnels, mais une performance comme celle-là attire l’attention. Le téléphone commence à sonner un peu. Ce serait mentir de dire que pour le futur, je suis fermé à 100%.
«Il n’y a rien de concret, mais on sonde mon intérêt. Pour l’instant, on est en mission avec le National et on n’a rien à perdre. Ce serait ordinaire de ma part de penser à la suite», a-t-il indiqué, sans dévoiler davantage de détails.