Voici le moment où le prix du panier d’épicerie a commencé à exploser au Québec

Yannick Beaudoin
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Avec un coût annuel qui devrait augmenter de près de 1000$ par famille en 2026, les consommateurs ne sont pas près de voir l’inflation alimentaire ralentir au Québec.
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Si la situation semble s’accélérer depuis la pandémie, le coût du panier d’épicerie a commencé à grimper démesurément il y a un peu plus longtemps, souligne le spécialiste de l’industrie agroalimentaire et professeur invité à l’Université McGill, Sylvain Charlebois.
«Les choses ont commencé à devenir plus sérieuses en 2008-2009 avec la crise financière et, depuis ce temps-là, on voit qu’il y a l’inflation générale et l’inflation alimentaire. Puis c’est là qu’on a commencé à avoir un détachement total depuis 2008 et on ne s’en est jamais sorti», a-t-il expliqué en entrevue à l’émission Le Québec matin, à LCN.
Ce dernier observe toutefois que la cadence s’est accentuée en 2020 avec la pandémie.
«C’est pour ça que les gens remarquent les prix plus élevés à l’épicerie, parce qu’ailleurs dans l’économie, les prix augmentent, mais pas aussi rapidement qu’à l’épicerie», souligne M. Charlebois.
Depuis 2020, les prix des aliments ont augmenté de 27% et, si les prévisions des experts se concrétisent, ce nombre pourrait dépasser la barre des 30% en 2026.
Consommateurs mieux outillés
Sur une note plus positive, les Québécois sont moins démunis face à l’inflation alimentaire qu’ils ne l’étaient il y a quelques années, soutient Sylvain Charlebois.
«En 2022-2023, lorsque l’inflation nous est arrivée dans la face violemment, on n’était pas prêt. [...] Les gens ne connaissaient pas trop les prix, ils allaient à l’épicerie... Bon, on achetait ci et ça, on ne portait pas trop attention aux prix», mentionne le spécialiste de l’industrie agroalimentaire.
«Maintenant, les consommateurs sont beaucoup plus stratégiques. On évalue nos options, on va visiter d’autres magasins qu’on ne visitait pas avant, on utilise des coupons, on utilise des programmes de fidélisation, des applications comme Too Good to Go, FoodHero et Flashfood pour récupérer la nourriture à bas prix. Il y a des centres de liquidation qui ouvrent sur l’île de Montréal, sur la Rive-Sud, sur la Rive-Nord, partout en province», ajoute-t-il.
Code de conduite des épiceries
En janvier 2026, l’entrée en vigueur du Code de conduite pour le secteur des produits d’épicerie devrait aussi venir donner un coup de pouce aux consommateurs.
«On reconnaît au sein de l’industrie que les détaillants ont trop de pouvoir. Les bannières ont trop de pouvoir. Moi, je suis d’accord avec ça: ils ont trop de pouvoir. Pourquoi? Parce qu’ils abusent de leurs pouvoirs en amont de la chaîne, en appliquant des frais supplémentaires tout d’un coup aux transformateurs comme Lassonde, comme McCain, Maple Leaf, toutes ces entreprises-là étouffent d’année en année, limitant les choix pour le consommateur», indique Sylvain Charlebois.
Les transformateurs payent donc pour faire affaire avec les différentes bannières et si leurs frais augmentent, les prix sont réajustés et la facture est donc refilée aux consommateurs.
«Le Code de conduite va discipliner la chaîne et va inviter les parties à négocier certains frais qui sont souvent appliqués de façon unilatérale», résume l’expert.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.