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«Il y a eu un peu de l’abus ces dernières années»: les dates «meilleur avant» guident le choix des Québécois à l’épicerie

Mina Collin

2025-11-19T01:24:18Z

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Les dates «meilleur avant» devraient uniquement renseigner sur la fraîcheur d’un aliment, mais elles continuent de guider de façon disproportionnée les décisions des consommateurs québécois, mettent de l’avant les instigateurs d’une étude révélée mardi sur le gaspillage alimentaire.

• À lire aussi: Les Québécois jettent 290$ par année à cause de la confusion autour des dates «meilleur avant»

Selon une étude dévoilée mardi par Too Good To Go et le Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l'Université Dalhousie (AAL), 74% des Québécois interrogés se basent exclusivement sur la date «meilleur avant» inscrite sur les emballages pour juger de la sécurité alimentaire d’un produit.

Si les dates «meilleur avant» ne sont pas liées à la sécurité d’un produit, mais bien à sa fraîcheur optimale pour le consommer, pourquoi restent-elles aussi omniprésentes sur les emballages?

«On y est attaché, je pense déjà», a répondu d’emblée le gestionnaire des relations publiques chez Too Good To Go, Nicolas Dot, en entrevue au micro de Richard Martineau, à QUB radio et télé, diffusée simultanément au 99,5 FM Montréal, mardi.

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«L'étude [...] montre qu'il y a seulement 2% des Québécois qui ignorent la date "meilleure avant" lorsqu'ils magasinent à l'épicerie. Donc on est très attaché à ça et puis je pense quand même que c'est un indicateur important», a-t-il mentionné.

Un fabricant est tenu d'apposer une date sur les produits dont la durée de conservation est de 90 jours ou moins, a fait remarquer Sylvain Charlebois, directeur scientifique du AAL.

Si l'industrie souhaite que les produits soient consommés dans leur état optimal, cette pratique répond également à des considérations économiques.

«Ils veulent en vendre plus, c’est pour ça qu’il y a eu un peu de l’abus ces dernières années. Il avait des dates de péremption, des dates de "meilleur avant" sur du miel, du sel, du sucre [...] Mais on peut en manger dans 1000 ans, dans 10 000 ans, il n'y a pas de problème», a indiqué M. Charlebois.

Une culture de salubrité alimentaire

Nicolas Dot et Sylvain Charlebois expliquent qu’il existe une salubrité alimentaire forte au Québec.

«Parce que quand les gens vont à l'épicerie, ils achètent de la nourriture, mais ils achètent du temps. [...] Tu regardes le monde aller, ils regardent les dates», a fait remarquer M. Charlebois.

Nicolas Dot souligne que la majorité des consommateurs néglige leurs perceptions sensorielles pour évaluer la fraîcheur d'un aliment, surtout après l'expiration de sa date «meilleur avant».

«C'est un peu démystifier cette date-là et faire en sorte que le test sensoriel soit le dernier facteur de choix parce que les Québécois font appel à leur sens, la grande majorité comme le prouve l'étude, mais quand vient le moment de faire le choix final, c'est la date "meilleur avant" qui va l'emporter», a expliqué M. Dot.

Et c’est un problème qui touche particulièrement les plus jeunes puisque le phénomène «meilleur avant» est «récent».

«C'est les années 70, donc les 45 ans et plus, les 55 ans et plus ont tendance à gaspiller moins à cause de cette date "meilleur avant", ils ont tendance à mieux la comprendre également», a-t-il déclaré.

Voyez l’entrevue intégrale dans les extraits vidéo et sonore ci-haut.

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