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Voici ce que peut faire le gouvernement pour réduire votre facture d’épicerie

Photo portrait de Yannick Beaudoin

Yannick Beaudoin

2025-12-13T20:23:42Z

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L’inflation alimentaire est loin d’être sur le point de s’arrêter, comme en témoigne une étude menée par plusieurs universités canadiennes où on avance que le prix de la facture d’épicerie pour une famille de quatre personnes devrait augmenter de près de 1000$ en 2026.

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Les gouvernements peuvent agir pour réduire la pression sur les ménages, estime le spécialiste de l’industrie agroalimentaire et professeur invité à l’Université McGill, Sylvain Charlebois.

Premièrement, Québec et Ottawa taxent de nombreux produits alimentaires et pourraient agir pour soulager les consommateurs.

«Les gens pensent qu’on taxe la nourriture qui n’est pas très bonne pour la santé, mais pas vraiment. Quand vous regardez à l’épicerie, d’abord, on taxe tout ce qui est prêt-à-manger et il y a beaucoup de gens qui vivent seuls, il y a des gens qui ont deux ou trois emplois et qui n’ont pas le temps de cuisiner. Ces gens-là, en fait, dépendent du comptoir prêt-à-manger [...] pour se nourrir et on taxe ces produits-là, malheureusement», a expliqué M. Charlebois en entrevue à l’émission Le Québec matin, à LCN.

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De plus en plus d’aliments sont également taxés à cause de la réduflation.

«Lorsque vous achetez une boîte de barres granola, s’il y en a 6 dedans, c’est de l’alimentation selon l’Agence du Revenu du Canada, mais s’il y en a 5, c’est une collation, donc c’est taxable. Donc, on ajoute un autre 15% tout d’un coup. C’est le même produit. Quatre muffins, ce n’est pas taxable, c’est de l’alimentation. Deux muffins, les mêmes muffins, c’est taxable. C’est complètement ridicule, les politiques fiscales à l’épicerie. On paye actuellement entre 1,5 et 2 milliards de dollars de taxes à l’épicerie actuellement», souligne Sylvain Charlebois.

«Je le dis depuis des années, taxer de la nourriture, c’est complètement immoral», ajoute-t-il.

Le congé de TPS temporaire du gouvernement fédéral il y a un an avait eu un impact significatif sur le coût du panier d’épicerie, rappelle le spécialiste de l’industrie agroalimentaire.

«En janvier de cette année [...], le taux d’inflation alimentaire était à moins 0,6%. Et là, actuellement, on a un taux d’inflation qui fait mal aux ménages, actuellement à 3,4%», indique-t-il.

Ce dernier propose donc de revoir les politiques fiscales québécoises et canadiennes concernant la nourriture.

Capture d'écran LCN
Capture d'écran LCN

Propositions politiques

Au cours des derniers jours, plusieurs partis de l’opposition à l’Assemblée nationale ont proposé diverses solutions pour réduire le coût du panier d’épicerie.

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Le Parti Québécois a suggéré un plan pour attirer des bannières européennes au Québec et pour enlever certaines limitations de monopole géographique des chaînes d’alimentation.

Pour Sylvain Charlebois, de telles solutions constituent une «perte de temps».

«Ce n’est pas comme ça que ça marche. Le rôle du gouvernement, c’est de créer des conditions gagnantes pour attirer de l’investissement, ce n’est pas de prendre le téléphone et d’appeler des bannières. Donc pour ça, le Parti Québécois, à mon avis, est un peu dans le champ», a-t-il déclaré.

Le spécialiste de l’industrie agroalimentaire est toutefois d’avis que l’idée de mettre fin aux protections territoriales vaut la peine d’être étudiée.

«Souvent, lorsqu’une bannière signe un bail dans un centre [commercial] ou dans un endroit quelconque, on tente toujours d’empêcher d’autres détaillants en alimentation de s’établir. Et ça, c’est une pratique qui devrait cesser», affirme M. Charlebois.

«À Montréal, c’est moins pire, mais c’est en région surtout, dans une ville de 10 à 25 000 personnes, souvent, il y a une ou deux options. Pourquoi? Parce que l’on contrôle le territoire. Ce genre de pratique doit cesser essentiellement parce que, justement, on limite la compétition et on limite les choix pour les consommateurs», ajoute-t-il.

Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.

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